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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 22
Nom de l'œuvre : Recueil d'OS Harry Potter Nom du chapitre : Haut-le-Coeur Partie 2
Écrit par Whitewolf Chapitre publié le : 19/4/2012 à 15:54
Œuvre lue 24130 fois Dernière édition le : 19/4/2012 à 15:54
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Suite et fin...

Deux minutes après, ils repartaient sous une avalanche de félicitations et de remerciements de la part de Woolsy, car en plus, pour achever de le consoler totalement, Ginny lui avait donné la peluche qu’elle venait de gagner. Si Granger voulait vraiment « libérer » les Elfes de maisons, elle avait encore beaucoup de travail. Mais avant, il avait quelque chose à mettre au point avec sa collègue.
- Je te préviens, Weasley, je n’amènerai pas cette… chose dans le dortoir des Serpentard. Tu m’as fait la prendre, tu la gardes.
- Ok Malefoy, mais par contre, je te laisse la porter jusqu’à la fin de la journée. Et nous devons lui trouver un nom.
- Un nom ? Mais ce n’est qu’une peluche !
« Je ne te permets pas ! » Ginny et Drago se regardèrent, et baissèrent les yeux sur la peluche qui les regardaient. Et en plus ils se retrouvaient avec une peluche qui parlait. Les palabres furent longues, entre Ginny qui avait des idées plus farfelues les unes que les autres, et le lion qui ne pouvait s’empêcher d’y mettre son grain de sel.

- Et pourquoi Nestor ?
- Ah non ! On dirait le nom d’un âne, je ne veux pas porter le nom d’un âne.
- Archibald ?
- Eurk !
- Grominet ?
- Et qui va jouer Titi ?
- Et que dis-tu de…
- STOP !
Drago avait craqué. Quinze minutes que Ginny et la peluche se battaient pour le prénom, et il n’en pouvait plus. Les deux autres lui lancèrent un même regard courroucé. Qui était-il pour les interrompre, d’abord ? Il ne les laissa pas reprendre.
- C’est vraiment obligé de lui donner un nom ? Ce n’est qu’une simple peluche.
- Eyh ! Je ne suis pas qu’une simple peluche !
- J’ai toujours nommé mes peluches !
- Bon ben appelle-la Godric, comme ça c’est fait et on continue.
- Godric ?
- Oui, comme Godric Gryffondor, je crois.
- Hum, ça me plait bien. Et toi ?
- Ca me va. Vendu, je m’appellerai Godric désormais !
Il soupira de soulagement.

Après cette discussion, les deux élèves hésitèrent sur la direction à aller. Aucune autre attraction du Quartier Nord ne les emballait vraiment, et les Chariots de feu Tamponneurs (réalisés avec l’aide des Gobelins de Gringotts) étaient semble-t-il la destination préférée des brancardiers du Parc. Ginny proposa de passer dans la Partie Ouest, elle voulait essayer la Galerie de Qui-est-le-Miroir. Drago se contenta d’un soupir résigné. Au moins, pas de risque de finir brûlés par des jets de flammes sortant de partout.
- Et après tu m’inviteras manger.
- Ai-je le choix ?
Pas de réponse de la part de Ginny qui ne l’avait même pas écouté. Il réprima à nouveau son envie de sarcasme au profit de l’idée de survivre à cette journée, en particulier devant le Ministre qui l’avait bien entendu remarqué au premier rang aux côtés d’une Weasley. « Pense à ton avenir Drago ». Il la suivit, mais ne put se retenir de lancer un Silencio informulé sur la peluche, qui se vengea d’une tentative coup de patte. Mais heureusement, ses mouvements semblaient bien plus limités que sa parole… Du coup, il se passerait sûrement un moment avant que la jeune femme se rende compte de quelque chose.

Heureusement, c’était un Sorcier tout ce qu’il y a de plus normal (enfin, autant qu’on puisse l’être dans l’uniforme criard du Parc) qui animait la Galerie.
- Bonjour Mademoiselle, bonjour Monsieur ! Entrez dans la Galerie de Qui-est-le-Miroir, mais attention, vous ne serez peut-être jamais sûrs d’en être sortis ! Voulez-vous tenter cette aventure ?
- Bonjour, tenta Ginny, vous pouvez nous expliquer un peu ?
- Bien sûr, mais pas trop non plus ! Ah ah ah !
Bon, ils étaient tombés sur un humoriste frustré. C’était toujours mieux qu’un Elfe de Maison masochiste.
- Le monde des miroirs est le plus magique qu’il soit… Certains reflètent bien plus qu’une image, d’autres sont des portes vers d’autres mondes inverses du nôtre… Ce voyage ne vous laissera pas indifférent, croyez-moi. Pendant quinze minutes, plongez dans votre image. Ensuite, vous serez rappelé à la réalité… Enfin peut-être. Allez allez, avancez, traversez votre première épreuve !

Ce faisant, l’homme avait tourné sa main vers un large miroir derrière lui, a demi caché derrière un rideau mauve… Alors qu’ils avançaient prudemment vers ledit miroir, ils purent constater que ce dernier ondulait légèrement, renvoyant une image un peu floue de leurs visages appréhensifs. Ils s‘arrêtèrent juste devant, se demandant ce qu’il fallait faire. Mais avant qu’ils n’aient pu dire quoi que ce soit, ils se sentirent poussés en avant et entrèrent en contact avec la surface réfléchissante…
Il sembla à Drago subir la même sensation qu’une Désillusion, un épais liquide froid qui lui coulait le long de la nuque. Il reprit son équilibre de l’autre côté, et sentit Ginny s’accrocher à sa manche pour maintenir le sien. Il lui jeta un rapide coup d’œil pour vérifier qu’elle allait bien, et observa autour de lui. Des dizaines de miroirs de toutes tailles et formes flottaient devant eux. Baissant les yeux, ils purent constater qu’ils étaient débout sur un autre miroir. Drago ne se sentait pas rassuré. Les miroirs, il les aimait simples et fixes. L’un de ceux qui les entouraient s’approcha. Alors qu’il se positionnait devant eux, une voix douce et effacée s’éleva. « De jeunes âmes… Et qui ont souffert… Vous n’êtes pas les premiers mes chéris en ce jour. Pourrez-vous supporter à votre tour les visions de vos désirs passés ? Il est toujours facile de s’apprécier tel que l’on est… Mais on a aussi été avant d’être. Et votre cœur a changé. Regardez et appréciez ! »
Drago déglutit pendant que l’image se troublait… Lentement elle se reforma, affichant à nouveau leur duo. Ginny poussa un cri aigu en serrant brusquement le bras de Drago.
- Non pas ça. Non. Non. Non…
- Weasley calme-toi ! Ce n’est qu’une image. Ce n’est pas la réalité !
Elle semblait paniquée. Drago prêta attention au reflet d’elle. En apparence rien n’avait changé, mais une observation plus poussée lui fit remarquer le teint bien plus pâle, le regard terne. Baissant les yeux, il vit horrifié qu’elle tenait un coq égorgé dans sa main et un cahier sombre contre son torse. Se retournant vers l’originale, il la vit retenir férocement ses larmes en reniflant. Il réagit au quart de tour en rejetant violemment le miroir, ayant à peine le temps de voir son reflet à lui, vêtu de noir, la Marque sur le bras, la peluche en forme de serpent et deux yeux rouges flottant derrière sa tête. L’objet reprit sa place dans la ronde autour d’eux.
- Weasley, tu m’entends ? C’est fini.
- Je…
Elle inspira profondément, et se frotta les yeux avec sa manche en continuant à renifler un peu.
- Désolé Drago. J’aurai préféré que tu ne voies jamais ça.
- A l’époque, mon père m’a raconté… Enfin, après qu’il eut digéré la perte de son Elfe de Maison.
- Si tu savais comme je l’ai détesté… Comme je LES ai détestés, ton père et… lui. Et comme je me suis détestée.
- Nous avons tous fait des choses dont nus ne sommes pas fiers. Des choix que nous préférons oublier… Mais ils sont derrière nous, et nous sommes là. Malgré nos erreurs…
- Le grand Drago qui reconnaît avoir fait des erreurs ? Hum, l’homme de l’accueil avait raison, on ne sait pas si on est vraiment dans la réalité ici !
-
Drago laissa passer la boutade, qui prouvait qu’elle s’était remise. Et lui-même ne pouvait retenir un frisson en repensant à son image. Mais il ne s’attarda pas longtemps. Le miroir sur lequel commença à avancer, et à prendre un peu de vitesse, en direction d’un autre beaucoup plus grand… Un paysage se dessinait à mesure qu’ils s’approchaient. Elle se serra à nouveau contre lui, voyant qu’ils ne ralentissaient pas. Juste avant le contact, Drago identifia le Parc de Poudlard, et un mot flottant dans l’air « Possibilités ». Il n’y eut aucun choc. Ils traversèrent la surface du miroir comme pour le premier, et emportés par l’élan, s’écrasèrent au sol dans l’herbe verte, devant l’eau lisse du Lac. Il n’y avait aucun bruit, si ce n’est un peu de vent…
- Voilà autre chose. Où sommes-nous ?
-
A peine avait-il prononcé ces mots, que Drago s’aperçut d’un problème. Sa voix était toute chevrotante. Et il avait mal au dos. En se retournant vers Ginny, il eut un hoquet de surprise. Le roux de ses cheveux avait disparu, remplacé par un argent vif. Plus que cela, tout son corps avait vieilli, et elle semblait avoir dépassé l’âge canonique de McGonagall. Elle était en train d‘observer ses mains, qu’elle pliait doucement comme si elles la faisaient souffrir. Relevant son regard vers lui, elle ne put s’empêcher de sourire.
- Nous voilà transformés en centenaires. Je dois admettre que tu vieillis bien Drago, je suis jalouse. Tous mes doigts hurlent contre la moindre action.
- Mon dos refuse tout mouvement… Et je ne vois pas beaucoup plus loin que derrière toi.
- Que dis-tu ? Je t’entends très mal.
-
Il s’approcha d’elle pour lui répéter ses mots. Curieux, il voulut voir à quoi il ressemblait vraiment, mais à sa grande surprise, l’eau du lac lui offrit le reflet de son apparence normale. Il lui montra l’image d’un signe de la main, et soudain entendit un rire derrière lui. Deux jeunes enfants couraient près du lac, deux jumeaux aux cheveux roux et à l’allure distinguée. Ils s‘arrêtèrent non loin d’eux, sans montrer qu’ils pouvaient voir les deux personnes âgées près d’eux. Quand il vit leurs yeux gris typiques, il retint son souffle. Instinctivement, il savait ce qu’il avait devant lui… les enfants de l’enfant de son enfant. Les cheveux roux pouvaient signifier plusieurs choses, mais la plus évidente le perturba grandement. Il osa à peine glisser un œil vers Ginny, qui était aussi fascinée que lui par le jeune duo. Les garçons jouèrent à se chatouiller, l’un deux glissa et percuta la surface de l’eau. A cet instant tout changea.
Le soleil et le ciel bleu disparurent, laissant place à une nuit où les nuages étaient sombres, bas et épais. L’air était lourd et ils étouffaient presque. Les deux enfants avaient disparu. Ginny affichait à présent l’allure d’une femme d’une trentaine d’année, et il supposa que lui devait approcher le même âge. La maturité allait très bien à la plus tout à fait jeune femme, et il capta un regard légèrement appréciateur de sa part. Mais l’eau affichait toujours leurs reflets normaux.

- Tu as vu ?
- Je ne veux pas y penser, d’accord ? C’est vraiment perturbant qu’un miroir s’amuse à inventer nos vies… Et je vais mettre du temps à oublier ça, alors autant commencer tout de suite Weasley.
- Si tu le dis…
Elle avait l’air rêveuse. Il se contint, et réussit à s’obliger à ne surtout pas penser aux préludes de cette possibilité qui leur avait été montrée. Un bruit attira à nouveau leur attention. De chaque côté s’avançait une personne. Ils finirent par se reconnaître, chacun dans une tenue stricte et sombre. Les deux autres Drago et Ginny s’arrêtèrent de part et d’autre d’eux. L’air était chargé de tension, et les regards qu’ils se lançaient montraient une rage latente. Sans même qu’ils disent un mot, les deux originaux avaient compris que ce n’était plus du tout la même possibilité que la précédente. Le second Drago avait un regard chargé de mépris, et celui de l’autre Ginny brûlait de haine. D’un geste lent elle tendit la main au dessus de l’eau du lac, tenant entre ses doigts une bague qu’elle laissa tomber. Ils suivirent la course des yeux, jusqu’à ce qu’elle percute la surface noire en un millier de petites étincelles. Et à nouveau, le décor changea.

Ils étaient revenus sur le miroir de départ, très perturbés. Cette scène les avait choqués. Même Drago avait été horrifié de voir à quel point son attitude pouvait transparaitre de mépris. Que s’était-il passé pour qu’ils en arrivent là ? La main de Ginny dans la sienne, qu’elle lui avait saisie quand ils avaient reconnus leurs doubles, se serrait convulsivement. Cette attraction était vraiment terrifiante, il allait en toucher deux mots à qui de droit. Elle finit par lui lâcher la main, mais elle n’osait pas le regarder. Avait-elle peur de lire la même chose en lui que ce qu’elle avait vu là-bas ? Pourquoi se détestait-il autant lui-même ? Il n’était pas stupide, la petite Weasley lui plaisait bien physiquement, mais ce n’était pas parce que c’était elle que l’attitude de son double l’avait autant touché. L’idée qu’il puisse un jour paraître encore plus méprisant que son père, envers qui que ce soit, lui vrillait les entrailles…

Ils restèrent encore une dizaine de minutes dans l’attraction, des miroirs bien plus frivoles se succédant, changeant leur taille, leur forme, et ils eurent même le droit à une version d’eux-mêmes au genre inversé. Mais ils n’y firent qu’à peine attention. Finalement, le miroir les fit traverser la porte de sortie. N’écoutant même pas les boniments de l’homme, ils s’éloignèrent vite fait. Il lui prit le bras et l’amena à la buvette, où il commanda deux Bièraubeurres et deux assiettes de purée et côtes de porcs. Ils s’assirent en silence, et commencèrent à manger. Elle en particulier se jeta sur son assiette et se mit à dévorer, espérant calmer sa sourde angoisse. Mais lui n’avait pas faim. Il voulait essayer de clarifier la situation, pour lui mais aussi avec elle.
- Ecoute Weasley. Je crois qu’il faut qu’on relativise ce qu’on a vu là-dedans. C’était vraiment une situation… inadaptée. Et je m’en serais volontiers bien passé.
- Je suis d’accord. Mais ce n’est pas facile. Je ne pensais pas pouvoir un jour haïr quelqu’un autant que je semblais te haïr. Et toi… tu…
- Regarde-moi.
Elle fuyait son regard, mais il la comprenait. Comme il aurait aimé aussi ne jamais avoir la possibilité de croiser un tel regard. Il espérait néanmoins qu’elle puisse passer outre. Mais pour ça, il fallait qu’il brise ce que son double avait instauré.
- S’il te plait Weasley, regarde-moi. Tu verras que je n’ai pas ce regard-là. Regarde-moi ! Ginny !
L’utilisation de son prénom la fit sursauter, et elle leva les yeux. Elle l’étudia pendant plusieurs secondes, et il supporta son regard, essayant de lui prouver qu’il n’était pas cet homme-là… Elle eut un sourire timide.
- Je suis désolée. Je… Je n’aurais pas du accorder autant d’importance à de simples illusions. Les fantômes de l’époque de Voldemort sont toujours bien présents. Et tu étais vraiment exécrable à une époque.
- Je sais. Tu te souviens de ce que j’ai dit sur les choix de notre passé.
- Oui. L’important, c’est maintenant, et ce qu’on en fait. Là tout de suite, j’ai envie de manger et de boire cette Bièraubeurre.
Se lançant un sourire entendu, ils continuèrent à manger tranquillement. Alors qu’elle finissait son dessert (sorbet triple boule Chocolat-Vanille-Cookies avec supplément chantilly et coulis chocolat, au grand dam de Drago qui s’était contenté d’une part de tarte aux pommes), elle relança la conversation.
- Tu étais plutôt mignonne en jeune fille.
- Continue, et je raconte à tout le monde que la version mâle de la fille Weasley a un poste au même Ministère que son frère Perceval.
Elle se mit à bouder légèrement, et il but sa Biéraubeurre.
- Tu sais Drago, je les ai trouvés très attachants, les deux petits bonhommes au bord du lac.
Il manqua de s’étouffer avec sa boisson.

Après le repas, ils descendirent dans la partie sud du Parc… De grands éclats de rire les attirèrent, et s’approchant de leur source, ils croisèrent Granger et Pansy. Ginny courut vers Hermione en l’interpelant. Dix secondes plus tard, elles papotaient gaiment en s’éloignant en avant de leurs camarades Serpentard. Lesdits camarades qui se regardèrent plutôt mal à l’aise, comme si être surpris (enfin, pas vraiment surpris) en compagnie d’un Gryffondor pouvait être répréhensible. Les vieilles habitudes ont la vie dure. C’est lui qui engagea la conversation.
- Alors ? Comment ça se passe ?
- Plutôt bien. On a compris toutes les deux qu’on visait très mal.
Il eut un petit sourire.
- Et toi ? Comment t’es-tu retrouvé avec ta peluche ?
- Primo, ce n’est pas MA peluche, mais la sienne. Secundo, cette… chose [coup de patte rageur de la chose en question] est la preuve que je vous suis largement supérieur en précision des sortilèges, parce que j’ai réussi à faire tomber la pile en un coup.
- D’accord monsieur je titre plus vite que mon ombre. N’empêche que c’est toi qui porte une peluche en forme de Lion.
- Je me passerai de tes commentaires, c’est déjà difficile comme ça. Mais je reconnais un certain intérêt à ce Parc, si on oublie les miroirs psychopathes…
- Toi aussi ? Si tu as eu le droit au même traitement que nous, je te plains. Cette « attraction » doit subir un gros réglage, y’a des gens qui mourront d’une crise cardiaque là-dedans. Mais je suis d’accord avec toi. Cette fête foraine est intéressante. Enfin, je suppose que le fait qu’il n’y ait pas grand-monde rend tout de suite la chose plus agréable pour nous deux, qui avons une sensibilité épidermique très développée face à la foule.
-
Tout en parlant, ils avaient suivi les deux jeunes femmes de Gryffondor, et étaient arrivés près d’un attroupement devant lequel Ron Weasley paradait. A ses côtés, Potter souriait largement. Depuis que Voldemort avait été vaincu, le jeune homme paraissait beaucoup plus détendu. Il y eut soudain un gros bruit, et un jet de flammes s’éleva du sol derrière les élèves présents. De nouvelles acclamations retentirent et Weasley frère perdit un peu de sa superbe. Hermione se serra contre son petit ami, faisant lever les yeux en l’air de son autre ami et de Weasley sœur. Ils s’avancèrent pour mieux voir ce dont il s‘agissait.

Il y avait un tube enfoncé dans le sol, surement celui dont sortaient les flammes au vu des bords noircis. Il était relié à un gros cadran avec une aiguille, comme celui d’une balance, qui indiquait des notions comme Vélane, Elfe, Sorcier, Centaure ou Géant. Un peu en avant du cadran, il y avait une sorte de demi-boule rouge à l’aspect caoutchouteux. Seamus se tenait fièrement à côté de l’ensemble, et criait à qui voulait l’entendre « Je suis un Centaure » en brandissant un long maillet en bois. Potter surgit à côté des deux Serpentards.
- Il s’agit d’un jeu de force. On tape sur la boule avec le maillet, et plus on tape fort, plus les flammes sortent haut. Dans le même temps, le cadran te donne une estimation de ta force. Je me suis classé entre Sorcier et Centaure, actuellement troisième meilleur score, et Ron et Seamus sont les seuls à avoir atteint le Centaure.
- Hum, ça manque de subtilité votre jeu.
- Je suis sûr que tu n’oseras pas participer par peur de faire moins que moi.
Touché ! Potter qui se payait sa tête devant Pansy, il était coincé. Malgré toute sa capacité à faire fi de la notion d’honneur, il y a des situations qu’il ne pouvait pas ignorer. En particulier un défi du Survivant.
- Ok Potter, t’as gagné, je vais te renvoyer à faire de la gonflette devant ton miroir.
- Prouve-le moi, Malefoy.
Le sourire sarcastique qu’ils échangeaient tous les deux démontra à nouveau à Drago que le Choixpeau s’était trompé de maison lors de la répartition pour Harry Potter.
- Finnigan, donne-moi ça.
En le voyant arriver pour participer, l’assemblée retint son souffle. Il se sentit un peu ridicule en relevant ses manches, mais il était lancé. Une terrible angoisse saisit ses entrailles « et si je faisais moins que Potter ? » Il secoua rapidement la tête en fermant les yeux, et dans un mouvement il abattit l’ustensile sur la cible. Il y eut un « clang » retentissant, et les flammes montèrent à une hauteur respectable. Cependant tout le monde avait le regard fixé sur l’aiguille, qui grimpa jusqu’à l’espace entre Sorcier et Centaure. Match Nul. Il échangea un coup d’œil avec sa Némésis, et compris que l’honneur était sauf pour les deux. En se retournant, il surprit un autre regard connu, appréciateur, fixé sur ses bras. Il eut une fraction de seconde l’envie de continuer à faire jouer ses muscles, mais se reprit aussitôt. Il était un Malefoy. Il fit retomber ses manches, et croisa les yeux de Ginny qui n’eut pas vraiment l’air honteuse de s’être faite prendre en flagrant délit de contemplation. Un point pour elle. Il passa le maillet à l’un des élèves autour de lui, puis s’en alla rejoindre son binôme qui était repartie dans son bavardage avec Granger.

Ils cherchaient quoi faire, quand une annonce retentit.
« Les Non-Montagnes Russes sont désormais accessibles, et les Parties Nord et Ouest sont fermées. »

Il y eut un grand mouvement de foule vers le centre du Parc, dont les barrières étaient restées en place toute la journée. On ne voyait rien d’autre qu’un ensemble de wagonnets sans toit, derrière une passerelle pour y accéder et le stand d’achat des billets (qui étaient gratuits aujourd’hui). Par chance (et un bon jeu de coude) Drago, Ginny et les autres se retrouvaient en tête de la colonne. Drago n’était pas très emballé, mais il n’avait pas eu le choix. C’était Arthur Weasley en personne qui assurait la présentation de cette attraction.
« Mes chers enfants, j’espère que vous vous êtes bien amusé depuis ce matin, à essayer nos attractions ! Il est temps de vous laisser essayer le clou de notre Parc. Certains d’entre vous connaissent surement déjà le principe des Montagnes Russes Moldues. En fait, ça ressemble énormément aux tunnels des Gobelins de Gringotts, le Dragon en moins. Nous avons décidé d’ajouter un peu de piment à tout ça. Les wagonnets suivront des rails invisibles et surtout au cheminement aléatoire. Ils parcourront toute la surface du Parc, mais sans descendre trop bas, rassurez-vous. Nous avons inclus une sécurité et une hauteur minimale raisonnable en dehors des limites de base de l’attraction. »
A ce stade du discours, Drago essayait de savoir ce que pouvait représenter le mot « raisonnable » pour des gens comme Arthur Weasley ou les Langues-de-Plomb du Ministère qui avaient du participer à la conception de ce sortilège. Et ses déductions ne le rassuraient vraiment pas.
« Attention à bien fermer vos poches, et à bien lire le règlement avant de monter dans les wagonnets. Nous vous conseillons aussi de ne pas avoir trop mangé. »
Il repensa avec effroi à la glace que Ginny avait avalée après avec repris de la viande et de la purée.
« Ne quittez jamais les wagonnets, et de toute façon, vous ne pourrez pas. Sur les conseils avisés de Mademoiselle Granger, chaque wagonnet est pourvu de poches en papier. Nos vous assurons que nous avons essayé de faire en sorte que les virages ne soient pas trop brusques, mais cette donnée étant très subjective… »
Gloups. Drago commençait très sérieusement à envisager la possibilité de ne pas survivre à cette attraction. Les Gryffondors à côté de lui paraissaient au contraire au bord de la crise nerveuse tellement ils étaient excités. Pansy était blanche et tentait de faire bonne figure. Il supposa qu’il devait lui ressembler. Et si son estomac avait bien voulu arrêter de danser le Charleston, il se serait senti bien mieux.
« Et maintenant, mes chers enfants, en voituuuuuuuuuure ! »

Potter et Weasley prirent les places de devant, Ginny insista pour qu’ils se mettent au moins au second rang, tandis que les deux autres jeunes femmes s’installèrent derrière. Une demi-douzaine d’autres élèves montèrent à la suite.
- Tu sais Weasley, ce n’est peut-être pas très prudent.
- Mais si tu vas voir ! Et il n’y a aucun risque, c’est mon père qui l’a dit !
- Ce n’est pas pour me rassurer…
- Pardon ?
- Non, rien. A propos de sécurité, où sont les ceintures ?
Au moment il prononçait ces mots, des liens de cuirs renforcés et doublés les harnachèrent solidement au siège par les épaules et le torse, s’adaptant parfaitement à leurs tailles respectives.
- Ca va être follement excitant, tu n’es pas d’accord ?
- Non. On est coincé dans un wagon de bois, sur une pseudo-machine dont on n’anticipera pas les déplacements, et on est plus attachés qu’une Chauve Furie à des cheveux…
- Ca, tu en sais quelque chose, n’est-ce-pas ?
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
- A d’autres…

Il y eut un coup de sifflet, et des barrières sur le côté des wagonnets se sont relevées, avec un sinistre bruit de porte de prison qui claque selon Drago. Les dés étaient jetés, il ne restait qu’à espérer que le Rubicon ne soit pas trop tumultueux, au risque de rejoindre le Styx en lieu et place. Si jamais ils s’encastraient dans un mur, son testament serait-il encore lisible ? Un deuxième coup de sifflet comme un glas, et l’ensemble se mit en marche. Tout doucement il commença à avancer, sous les adieux (selon Drago) des autres élèves. Il se mit à espérer que Merlin se réveille à ce moment d’Avalon pour mettre un terme à cette folie. Les wagonnets prirent un peu de vitesse, et amorcèrent un premier virage à droite en montant. L’accélération continua jusqu’à atteindre un rythme de croisière presque supportable. Les virages étaient assez doux, et les séquences d’ascension et de descente lentes. Drago se prit à apprécier la ballade… quand retentit un troisième coup de sifflet.

Ils plongèrent d’un coup à grande vitesse, et le sol lui parut vraiment trop proche quand ils se redressèrent, et s’inclinèrent sur le côté. La vitesse croissait encore pendant qu’ils parcouraient tout le parc à une vingtaine de mètres de hauteur, ballotés dans tous les sens. Au dessus du stand de l’Elf, ils commencèrent à prendre de l’altitude en suivant des cercles concentriques. Drago n’osait pas regarder en bas. Il entendait Pansy et Granger gémir derrière lui. Ils étaient vraiment arrivés très haut, quand soudain ils s’arrêtèrent. Il en profita pour souffler rapidement, mais Ginny, se pencha rapidement vers lui
- A ta place, je ne soufflerai pas trop, reste concentré.
- Pardon ? Que veux-tu diraaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
Ils venaient de plonger, directement vers le sol près de l’estrade où ils avaient embarqué. Ils allaient s’écraser, et il ne resterait rien de lui. Il maudit le professeur Lupin pour les soixante-trois générations à venir (enfin, c’est une façon de parler, une vraie malédiction de cette ampleur demande beaucoup de temps et de préparation, et implique des ingrédients très rares dont la provenance n’était jamais très légale). A la dernière seconde, alors qu’il revoyait rapidement les images de sa vie, le wagon redressa et ralentit fortement sous les cris des spectateurs. Drago se précipita sur les poches en papier et vida le contenu son estomac dedans. Il note rapidement dans sa tête de remercier Granger. A côté de lui, Ginny avait les yeux brillants et les joues rouges, ce qui d’ailleurs le vexait horriblement. Alors qu’il pensait que c’étai fini, la voix d’Arthur Weasley annonça « encore un petit tour les enfants ». Il allait finalement avoir besoin de beaucoup de matériel pour malédictions, ce n’était pas certain que les stocks de la maison Malefoy y survivent.

Finalement, quand le wagon s’arrêta, il se demanda s’il allait pouvoir se lever. Ses jambes tremblaient, et il avait l’impression de ne plus avoir de force. Les ceintures se détachèrent et les grilles retombèrent. Il songea vaguement à emporter la poche en papier, mais celle-ci avait retrouvé sa place, vide. Finalement, il allait peut-être envisager sérieusement de fournir des fonds pour une statue à la gloire de Granger…

Il assurait son pas autant qu’il était possible. Il s’en sortait mieux qu’il ne l’aurait pensé, mais il s’était néanmoins juré qu’il ne remonterait plus jamais là dedans. Ginny étaient aux anges à côté de lui. C’était une injustice que son estomac n’ait pas bronché malgré son repas pantagruélique… Ils retournèrent se poser un moment à la buvette (sur proposition de Ginny, qui avait du comprendre que son binôme ne se sentait pas d’attaque mais serait bien trop fier pour l’avouer) et ils sirotèrent un jus de fruit pour soulager son estomac. L’heure de retour arrivait, mais il n’avait pas la force de faire une dernière attraction. Alors ils discutèrent de cette journée, et après avoir presque réussi à esquiver le sujet des Elfes de Maison, ils en arrivèrent à un autre plus sensible, selon les points de vue.
- Drago ?
- Oui Weasley ?
- Je voulais te dire que j’ai sincèrement apprécié cette journée, et je n’aurais pas pensé que ta compagnie me contenterait. A vrai dire, j’avais accepté l’offre du Professeur Lupin essentiellement parce que je tenais vraiment à venir ici, même si mon père m’avait déjà raconté la plupart des attractions.
- Merci. Je prends ça comme un compliment. Mais j’apprécie ta franchise, et surtout je comprends le raisonnement. N’oublie pas que je ne suis pas à Serpentard pour rien. Je suis flatté néanmoins d’avoir pou t’être agréable…
Un silence se fit.
- Nous sommes pitoyables, n’est-ce-pas ?
Drago ne l’aurait pas formulé comme ça, mais en effet, cet assaut de platitudes était d’un ridicule consommé. Difficile de paraître à l’aise au milieu d’un environnement inconnu, parfois hostile, au bras d’une ancienne ennemie qui ne cachait pas la possible attirance physique qu’elle avait pour lui… et qui était réciproque, mais les principes et l’éducation de Drago lui interdisaient d’être aussi direct. Les anciennes familles avaient peut-être tort sur la notion de Sang-Pur, mais toutes les traditions n’étaient pas à rejeter non plus. Et notamment celle qui consistait à faire une cour officielle dans les règles. Quoique, comme lui avait révélé son père, un jour où il était de très bonne humeur, la cour officielle n’empêchait pas des activités officieuses, tant qu’elles restaient, sinon secrètes, tout du moins discrètes. Notion qui fut confirmée plus tard par certaines découvertes dans les histoires racontées par les autres enfants de Sang-Pur.

De toute façon, il fallait d’abord voir comment évoluait leur amitié pour le moment. Pour le reste, on verrait plus tard. Il se releva, et lui tendit galamment la main. Tant qu’à faire dans l’exagération… Elle l’accepta en souriant, et ils se rendirent bras dessus, bras dessous vers la sortie du Parc. Ils étaient silencieux. Ce qui arrangeait Drago, car il réfléchissait. Comment proposer à la jeune femme de se revoir à nouveau sans paraître pressant ou inconvenant ? Ils arrivèrent au Magicobus sans qu’il n’ait trouvé de solution. Mais il avait quelque chose à faire avant.
- Granger ? Je peux te parler quelques minutes ?
Il lança un regard narquois à son petit ami qui le toisa d’un air suspicieux.
- Oui Malefoy, j’arrive. Et toi, arrête ce regard.
Ils s’éloignèrent des oreilles indiscrètes.
- Ecoute, ne pose pas de questions, mais je tiens à te remercier.
- Mais…
- Chut ! Donc je disais, je tiens à te remercier. La bibliothèque de la Maison Malefoy contient plusieurs ouvrages qui pourraient t’intéresser, je te ferai parvenir la liste dans les prochains jours. Si tu veux, je pourrais t’en faire prêter quelques-uns, tu me diras lesquels.
- C’est très gentil, mais…
- C’est bon. Maintenant on va retourner au bus avant qu’il commence à se poser des questions. Et interdiction d’en parler à qui que ce soit.
- C’est d’accord, mais je t’avoue que je suis perplexe.
- Un jour peut-être, je t’expliquerai Granger…

Il repartit vers la jeune Weasley, qui avait elle aussi espionné de loin l’entrevue, à voir l’attitude un peu plus réservée qu’elle avait. Si déjà elle affichait un côté jaloux, ça allait rendre les choses encore plus difficiles pour l’inviter sans perdre la face. L’ensemble des élèves étaient silencieux, sûrement épuisés par cette journée. Quelques-uns, dont Ron Weasley, sommeillaient presque sur place. Granger et Pansy comparaient déjà leurs notes, tandis que Ginny se glissait sa baguette dans les cheveux pour les tenir. A cet instant, le cerveau de Drago trouva le prétexte idéal pour un rendez-vous avec elle. Et même plusieurs.

- Dis-moi Weasley, je repense à l’épisode avec l’Elfe de Maison. Tu sais, dans un duel, la précision c’est très important. Il faut pouvoir enchanter vite et de manière pointue, afin que le sort ait l’efficacité maximale.
- Je ne suis pas mauvaise, j’ai réussi à toutes les faire tomber.
- En trois coups.
- C’est toujours mieux que Hermione et Parkinson. Où veux-tu en venir Drago ?
- Il se trouve que j’ai de très bonnes notions dans ce domaine, entre autre, et je pense que je pourrais t’apprendre quelques petites choses. Au cas où tu aurais à te défendre par exemple.
- Quelques petites choses… Et comment comptes-tu t’y prendre ?
- Je me disais que nous pourrions investir l’une des salles de classe inutilisées, le samedi après midi par exemple, pendant une heure ou deux…
- Je vois. Naturellement, c’est purement désintéressé comme proposition.
- Bien sûr ! Pour qui me prends-tu ?
- Laisse-moi y réfléchir deux minutes.
Elle avait un sourire malicieux et ravi à la fois. Il attendit patiemment, presque sûr de sa réponse. Le Magicobus démarra à ce moment là, et ils arrivèrent bien vite dans la cour du Château. Les élèves descendirent, et les derniers furent nos deux héros. Ils s’attardèrent dans un coin du hall alors que leurs compagnons filaient raconter leurs aventures à leurs condisciples de Maison. Ils se tenaient un peu empruntés l’un face à l’autre. Revenus entre ces murs, la journée de complicité pouvait à tout moment basculer à nouveau dans l’ancien schéma, et la réponse de la jeune fille se faisait attendre.
- C’est d’accord. Samedi à 16h près des salles de Sortilèges, ce sont celles qui sont le plus souvent libres.
Il soupira intérieurement.
- C’est noté.
- Oui. Alors…
- A samedi Weasley.
- Ah Drago ! Si tu veux que je vienne, tu n’as plus intérêt à m’appeler Weasley. J’ai un prénom.
- Très bien… Ginny.
- Voilà, tu vois quand tu peux. Donc à Samedi Drago.
Elle allait s’éloigner, quand elle se retourna brusquement, plaça sa main sur la joue gauche de Drago et déposer ses lèvres rapidement sur la joue droite. « Merci pour tout, encore une fois ». Elle s’éloigna presque en courant, les joues rouges. Drago prit quelques minutes pour se remettre. Il était un peu rêveur quand il reprit les chemins des cachots.

Ce n’est qu’une fois arrivé en bas qu’il se rendit compte de quelque chose. Elle lui avait laissé la peluche. Oh Merlin…
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