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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 3
Nom de l'œuvre : Amor (Recueil de one-shot) Nom du chapitre : Froid
Écrit par Orube Chapitre publié le : 22/9/2009 à 23:19
Œuvre lue 10841 fois Dernière édition le : 1/1/1970 à 01:00
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Froid






Il fait sombre. Cette obscurité me met mal à l´aise. Pachirisu me suit à la trace, hors de sa pokéball, au cas où un Nosféralto nous attaquerait. J´ai toujours eu peur de ces chauves-souris aux dents aiguisées comme des rasoirs, et maintenant, comme je n´ai même pas de lampe torche, je deviens carrément paranoïaque.

Au bout d´une heure de marche, faite lentement et à tâtons, j´aperçois enfin un point qui scintille, droit devant moi. Je pousse un soupir de soulagement. La sortie est là.

Abandonnant toute prudence, trop impatiente que je suis de retrouver la lumière du jour, je cours.

Par miracle, j´arrive, les genoux indemnes, dans un petit chemin immaculé.

Il neige.

Tout est blanc, autour de moi, même les arbres ont presque disparu. De loin, on ne pourrait pas les distinguer d´un grand tas de neige.

Les flocons qui se déposent doucement sur ma peau me font frissonner. Malgré mon épais manteau rouge, je suis transie de froid. Ma jupe est trop courte et laisse une bonne partie de mes jambes découvertes. Par réflexe, je cache mon visage du mieux que je peu derrière mon écharpe. Et j´avance.

Je ne tarde pas à être trempée. A ce train-là, j´aurai du mal à arriver jusqu´au lac Savoir. Pourtant, il le faut : je dois aller voir comment ça se passe pour Enzo. Le professeur Sorbier me l´a demandé. Et puis, pour dire toute la vérité, moi aussi, je suis un peu inquiète. On ne sait pas de quoi la team Galaxie est capable, et Enzo est tellement téméraire, parfois...






J´ai fait rentrer Pachirisu dans sa pokéball. Pourquoi n´a-t-on pas encore adapté ce système aux humains ? Au moins, mes pokémons ont chaud. Moi, par contre, je continue de chercher en vain ma route dans une vaste étendue blanche où tout se ressemble.

Je commence sérieusement à désespérer, quand j´entends une voix au loin crier mon nom.

« Aurore ! C´est bien toi ? »

Je fais volte-face. A travers la tempête de neige qui s´abat à présent sur la plaine, je ne vois personne. Pourtant, la voix insiste. Je n´en mettrai pas ma main à couper, mais...

« Aurore ! Tu m´as entendu ? »

Une main me tapote l´épaule. Je me tourne de nouveau, pour me retrouver face à un garçon plus grand que moi, aux cheveux blonds en bataille et par endroits blanchis par la neige. Ses yeux ont la couleur orangée du miel.

Enzo.

« Tu vas bien ! je m´écris, sans retenue.

-Bien sûr que je vais bien. Qu´est-ce que tu croyais, franchement ? rétorque-t-il, vexé. Ce ne sont pas deux ou trois cinglés déguisés en cosmonautes qui vont me faire peur !

-Où est-ce que tu vas comme ça ? je lui demande.

-Ben, je rentrais à Littorella, pour raconter au professeur ce qui s´est passé... »

Il commence à m´expliquer qu´avec le mauvais temps, il n´a pas voulu prendre le risque d´utiliser la capacité vol, mais je ne suis plus vraiment attentive. Mon corps réclame à tout prix un brin de chaleur, j´ai l´impression de geler de l´intérieur à chaque inspiration. Mes jambes sont engourdies, je ne sais même pas quelle force me fait encore tenir debout.

« Ça ne va pas ?

-Non... J´ai... »

Je n´ai pas le temps d´achever ma phrase : mes jambes m´ont lâchée. J´aurais du me faire mal en tombant, mais si je ressens le choc, il n´y a aucune douleur. Des tâches noires envahissent ma vision. Bientôt, tout disparaît.






J´ai l´impression de nager dans le noir. J´ai encore froid, mais je ne me souviens plus pourquoi. Où suis-je, en ce moment ? Difficile à dire. L´obscurité est impénétrable. Tout à coup, je me sens tomber dans le vide. Un cri désagréable retentit et je vois une immense mâchoire se refermer sur moi. J´ai peur. Je ne veux pas finir dévorée par un Nosféralto géant. Pourtant, c´est trop tard, il n´a fait qu´une bouchée de moi.






J´ouvre brusquement les yeux pour m´arracher à ce cauchemar.

Mon corps tremble tout entier, et je ne sais plus si à cause du froid ou de ce rêve absurde. J´ignore où je me trouve. Je suis allongée, et je ne peux que constater que la lumière est assez douce. Et qu´il fait moins froid.

« Tu es réveillée ? » me demande une voix que je ne connais pas.

Je tourne la tête. Mon esprit est encore dans le flou mais je comprends qu´on m´a transportée dans une maison. Je ne sais pas qui est la femme rousse qui me sourit, mais c´est sans doute elle qui m´a sauvée quand je me suis évanouie dans la neige.

« Enzo...

-C´est le garçon qui était avec toi ? Il dort », m´apprend-elle.

Elle me désigne d´un signe de tête une chaise en face de mon lit. Enzo s´y est assoupi, la tête appuyée contre le mur.

« Tu as de la chance qu´il ait été présent et qu´il t´ait amenée ici. Seule, tu ne t´en serais sans doute pas sortie. »

Je reconstitue peu à peu ce qui s´est passé. Je discutais avec Enzo, et je suis tombée dans les pommes parce que j´étais en hypothermie. C´est lui qui m´a conduite chez cette femme. Une chance que certaines personnes soient assez folles pour vivre dans des endroits aussi hostiles.

« Tu veux peut-être boire quelque chose de chaud ? » me propose-t-elle.

Je hoche vigoureusement la tête. Elle sort de la pièce mais laisse la porte ouverte, et au fur et à mesure que le temps passe, je sens une odeur de chocolat devenir de plus en plus forte.

Enzo aussi a dû la sentir. Il ouvre légèrement les yeux, et regarde dans ma direction.

« Tu vas mieux... » constate-t-il.

Je lui souris, avant de dire :

« C´est la première fois que je te vois assez calme pour réussir à t´endormir en pleine journée.

-On n´est pas en pleine journée, réplique-t-il, il est presque minuit.

-Quoi, déjà ? Mais combien de temps est-ce que j´ai dormi ?

-Presque six heures. »

Cette nouvelle me laisse pantelante.

« Mais... Comment on va faire, pour Créhelf ?

-C´est trop tard. »

Enzo est amer. Il regarde le feu danser dans la cheminée et son expression résignée ressemble à une grimace.

« La team Galaxie l´avait déjà capturé quand je suis arrivé au lac. Je n´ai rien pu faire. »

Il lève les yeux vers moi, avec une étincelle d´espoir dans les yeux.

« Et Louka ? Il a réussit à sauver Créfollet, au moins ? »

Je fais non de la tête. Il prend un air indigné, alors je me sens obligée d´expliquer :

« Après être allée au lac Courage, je suis retournée directement au lac Vérité, pour l´aider... Mais même à nous deux, on n´a pas pu empêcher cette folle aux cheveux rouges de l´emmener avec elle. »

Le silence qui suit m´est insupportable. Je sais à quel point Créfollet est important pour Enzo. Pour moi aussi, d´ailleurs. Nous avons tous les deux de nombreux souvenirs en commun avec ce pokémon.

La femme qui nous accueille vient rompre ce silence en nous apportant le chocolat chaud. Elle se met à discuter avec Enzo de concours et de matches d´arène, et tout deux débattent pour savoir laquelle des deux compétitions est la plus intéressante. Je bois mon chocolat en silence, en admirant le feu. Je sens mon corps qui se réchauffe encore un peu, petit à petit. C´est tellement agréable, je ne veux pas penser au moment où il faudra sortir.

« Qu´est-ce qu´on fait, maintenant ? me demande soudainement Enzo.

-Je ne sais pas, je lâche franchement. Je ne sais même pas s´il y a encore quelque chose à faire.

-Voyons, ne pense pas de façon aussi négative ! » me réprimande notre hàte.

Est-ce que Enzo lui a raconté ce qui s´est passé ?

« Le QG de la team Galaxie est à Voilaroc », commence-t-il.

Je ne réponds pas. C´est le seul moyen de sauver Créhelf, Créfadet et Créfollet, mais je ne m´en sens pas capable. Si on n´a pas leur venir en aide alors que nous n´étions que face qu´à un seul commandant chacun, comment on fera quand on devra tous les affronter et qu´ils auront toutes leurs troupes derrière eux ?

« On doit y aller, avec Louka, et tous ceux qui accepteront de nous aider. Il faut réussir à libérer Créfollet et les autres ! » s´exclame-t-il.

Il a raison, mais ça me paraît toujours irréalisable.

« Qu´est-ce qu´il y a Aurore ? demande-t-il en voyant mon regard.

-Je suis un peu... inquiète, je réponds.

-Pourquoi ? s´étonne-t-il.

-On va se jeter droit dans la gueule du loup, en faisant ça !

-Mais arrête ! Tu t´en fais pour rien. »

Il part dans un rire franc, et je songe qu´il est bien le seul à être capable de s´esclaffer dans des circonstances pareilles.

« Tant que tu es là, il n´arrivera rien. Tu es une sorte de porte-bonheur, tu n´avais jamais remarqué ? »

Je grimace.

« Ce n´est pas parce que je t´ai sauvé la mise une ou deux fois que tu dois te croire invincible dès que je suis là ! je rétorque, agacée.

-Aurore... »

Sa voix se fait plus douce, il continue de me regarder en souriant.

« Si ça peut te rassurer, on ira s´entraîner à l´arène de Frimapic d´abord, c´est d´accord ? Mais il ne faudra pas perdre trop de temps. »

Il le lève et, alors que je ne m´y attends pas, il vient se coller contre moi. Ç´aurait pu être agréable, si seulement ma peau ne s´était pas aussitôt mise à brûler.

« Je le crois pas, t´as encore froid, depuis tout le temps qu´on est ici ! s´écrie-t-il en s´écartant vivement.

-Je ne peux pas y faire grand-chose ! je me défends.

-Mais à ce train-là, on ne pourra pas repartir avant la fin de l´hiver !

-Tu n´as qu´à partir sans moi.

-Pas question ! Je ne te laisse pas rentrer toute seule. Si jamais tu te perds, quand on te retrouvera, tu ressembleras à un schtroumpf ! »

L´image ne me fait pas rire du tout, et visiblement lui non-plus.

« Qu´est-ce qu´on fait, alors ? je marmonne en m´emmitouflant un peu plus dans la couverture que je n´ai pas quitté depuis mon réveil.

-On va attendre que la tempête de neige se calme. Ensuite, Etouraptor nous emmènera tous les deux à Littorella, on embarquera cet incapable de Louka avec nous et on ira donner une leçon à ces givrés de la team Galaxie. »

Notre hàte étouffe alors un petit rire. Je me tourne vers elle, en me demandant ce qui peut bien la faire rire. A mon regard, elle saisit que je ne comprends pas.

« C´est juste le jeu de mot... Givrés, alors qu´il neige dehors... »

Je la regarde avec de grands yeux ronds, puis je pose les yeux sur Enzo. Lui non-plus n´en revient pas. Elle est sans doute la seule personne de tout Sinnoh à avoir jamais trouvé ses blagues drôles, surtout dans la mesure où il ne pensait pas à en faire une.

Atterrant. Mais c´est peut-être une consolation pour Enzo, après que je lui aie répété maintes et maintes qu´il devrait penser à abandonner son rêve de one man show.

Nous continuons ensuite de discuter avec cette femme, dont j´apprends qu´elle se prénomme Sandra et qu´elle est spécialiste en météorologie. Enzo dit tout fort ce que je pensais tout bas :

« C´est pour ça que vous êtes venue vous exiler dans ce désert de glace ! »

Elle sourit et ajoute qu´elle a toujours eu un faible pour les pokémons qui vivent dans cette région. La conversation s´achève sans moi, car malgré le fait que j´aie dormi tout l´après-midi, je trouve quand même le moyen de finir ma nuit.






« C´est bon, vous n´avez rien oublié ?

-Non, cette fois-ci je crois que j´ai pensé à tout, je réponds.

-N´oubliez pas que vous êtes les bienvenus la prochaine fois que vous passerez par ici », me dit Sandra.

Derrière, Enzo s´impatiente.

« Allez Aurore, dépêche-toi un peu ! On n´a pas toute la vie devant nous, il ne faudrait pas qu´on se retrouve encore pris dans une tempête de neige. »

Et sur-ce, il part devant, pour m´obliger à accélérer.

Les yeux de Sandra font plusieurs fois la navette entre lui et moi, et finalement, elle me dit tout bas :

« C´est sans doute être difficile de devoir toujours courir ainsi derrière quelqu´un, mais à te voir j´imagine que ça en vaut la peine... »

Elle me gratifie d´un sourire auquel je réponds par pure politesse, et en suivant Enzo, je me repasse ses mots en boucle pour comprendre ce qu´elle a voulu dire.
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