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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 4
Nom de l'œuvre : Amor (Recueil de one-shot) Nom du chapitre : The time we spent together
Écrit par Orube Chapitre publié le : 7/11/2011 à 18:50
Œuvre lue 10863 fois Dernière édition le : 7/11/2011 à 18:50
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The time we spent together






Nous sommes arrivés à Vergazon. J’ai trois badges en poche, et toujours aucune idée de ce qui a poussé Ruby à se joindre à moi pour voyager. Cela fait pourtant bientôt deux mois que nous passons chaque jour de ce périple ensemble, et nous commençons à bien nous connaître. J’avais été étonnée, face à Roxanne, de voir que Ruby, contrairement à ce qu’il avait laissé entendre avant d’arriver à Mérouville, n’avait aucunement l’intention de la défier. Nous étions donc repartis prendre le ferry vers Myokara, moi avec mon badge, symbole de ma victoire, et lui les mains vide mais tout sourire, tandis que je m’interrogeais. Quel était son but ?

Je suis sur le point de le découvrir. Ruby m’a promis qu’une fois à Vergazon, je saurais. Il me montrera ce qu’il sait faire, et je serai subjuguée.






A vrai dire, ça m’a surtout surprise.

Nous nous sommes arrêtés devant l’arène de concours. Ruby n’a fait aucun commentaire, ne s’est nullement départi de son sourire tranquille et est allé s’inscrire pour obtenir un Passconcours. Puis, en attendant que le concours commence, il m’a attirée vers la machine à fabriquer ce qu’il appelle les « pokéblocs » et a sorti tout un tas de baies que je l’avais vu ramasser petit à petit tout au long de notre chemin.

En réalité, c’était drôlement amusant de faire ces espèces de bonbons pour pokémon. Et quand il a donné tous les rouges à Nirondelle, elle était tellement contente, c’était trop mignon. Il m’a laissé les autres, ceux qui ne sont pas assez bien pour les concours de sang-froid. Visiblement, ils n’en étaient pas moins délicieux, en témoignent Tarsal et Posipi.

« Le concours va commencer, m’annonce Ruby. Tu viens voir, hein ? Tu voteras pour moi ? »

Pour la première fois, je le vois nerveux. Je lui promets de le soutenir. Nous nous séparons, lui prend le portillon réservé aux participants tandis que je vais m’installer dans le public.






Ruby est ambitieux. Il participe aux cinq concours différents organisés dans la même journée. Il en remporte pas moins de trois. Nirondelle, particulièrement, est époustouflante. Je crois bien qu’il m’a dit que c’était le premier pokémon qu’il avait élevé. Il n’a visiblement pas ménagé ses efforts. Un autre Nirondelle participe au même concours, mais son plumage est moins brillant, et en comparaison de son alter ego, les gens le remarquent à peine.

La phase de démonstration entérine la supériorité de la Nirondelle de Ruby. Sa dernière attaque, Cru-aile, pourfend l’air, met mal à l’aise les autres concurrents qui sentent qu’ils pourront difficilement faire mieux et séduit le public.






Le soir, j’attends dehors que Ruby sorte. Il ne tarde pas à arriver, à la fois fier et gêné.

« Qu’est-ce que tu en as pensé ? me demande-t-il.

-Pas mal, j’admets. Mais pourquoi tu ne m’en as jamais parlé avant ?

-Eh bah… Je me disais que ça te paraîtrait sans doute bizarre, avoue-t-il. Les autres se fichaient de moi à Bourg-en-vol, alors j’ai pris l’habitude de ne pas trop m’étendre sur le sujet. Surtout que tu avais l’air tellement sûre que moi aussi, je voulais participer à la ligue pokémon…

-Ce n’est pas bizarre, j’affirme. Et tu es bon. Nirondelle était magnifique. »

Il rougit sous le compliment et détourne les yeux.

« On revient demain ? » j’interroge.

Il m’adresse alors un large sourire comme pour se moquer de moi :

« Tu crois franchement que je vais laisser tomber comme ça ? »





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« Bon appétit ! »

Je croque dans le Lava cookie que Ruby vient de m’offrir. Dès la première bouchée, je sens une douce chaleur m’envahir. Ruby m’avait prévenue que c’était un peu étrange, mais décidément, les spécialités d’Hoenn ne cesseront jamais de me surprendre.

« Tu te sens prête pour défier Adriane ? m’interroge Ruby.

-Plus que prête ! je m’exclame, déterminée. Je vais n’en faire qu’une bouchée ! »

Et pour joindre le geste à la parole, j’engloutis mon cookie. Ruby éclate de rire.

« En route pour Vermilava, alors ! »






J’étais vraiment décidée à rejoindre l’arène dès notre arrivée en ville. Mais le sentier pour descendre le Mont Chimnée était tellement sinueux qu’arrivée en bas, la seule chose à laquelle moi et Ruby pensions, c’était les sources chaudes pour laquelle Vermilava était célèbre.

« Arrête de t’excuser, me lance Ruby. Moi aussi, je suis fatigué. Et puis avec toute cette cendre sur les épaules, à quoi tu vas ressembler si tu vas tout de suite à l’arène ? »

Je suis tentée de lui répondre que contrairement à lui je ne compte pas participer à un concours et que mon apparence pendant un combat me laisse de marbre, mais je m’abstiens.






Il n’avait peut-être pas tout à fait tort, cependant. En me douchant avant d’entrer dans le bain, je me rends même compte d’à quel point il avait raison. L’eau coule le long de mes jambes avant d’arriver sur le carrelage, et à ce stade, elle est d’un gris prononcé. Les femmes autour de moi me regardent d’un drôle d’air, aussi je me dépêche et me frotte énergiquement avec du savon avant d’aller me faire oublier dans le rotenburo, le bain en plein air.






« Tu es sorti depuis longtemps ? je m’étonne.

-Je n’aime pas le bain tant que ça, je n’y reste jamais beaucoup », se justifie Ruby.

J’avise son bonnet, humide, à travers lequel on commence à voir ses cheveux bruns.

« Si tu l’enlevais, tes cheveux sècheraient bien mieux », je lui fais remarquer, moqueuse, et je tends la main vers son bonnet.

Brusquement, il attrape mon poignet et me lance un drôle de regard.

« Laisse ça. C’est pas grave. J’ai l’habitude. »

Déstabilisée par sa réaction, je tente de retirer ma main, mais je dois l’arracher à son emprise pour cela.

« D’accord… Je vais ranger mes affaires dans la chambre, et on se retrouve après pour dîner. »

Je fais volte-face, de mauvaise humeur. Mon poignet est rouge et me brûle. Ruby n’a aucun mot d’excuse.






Le lendemain, face à l’entrée de l’arène. Ruby se tient devant moi. Depuis la veille, nous n’avons échangé de mots que le strict nécessaire.

« Tu es prête ? » s’enquit-il.

Je hoche la tête pour toute réponse.

Il ouvre la porte et entre. Derrière lui, j’aperçois un homme de dos, grand, aux cheveux bruns qui m’est très familier.

Ruby me referme la porte au nez.

Je cours me réfugier au centre pokémon pour me cacher, au cas où il sortirait.






Ruby me rejoint en fin d’après-midi.

« Tu as eu beaucoup de chance, commente-t-il. Quand il m’a entendu arriver, il s’est retourné. Heureusement que tu n’as pas eu le réflexe d’entrer quand j’ai fermé la porte.

-Qu’est-ce qu’il fichait là ? je le questionne.

-Il te cherchait, tiens. Apparemment, les autres champions l’ont mis au courant de ton passage, à chaque fois que tu les as défiés. Alors il savait où te trouver. Vermilava est la ville la plus proche de Lavandia qui comporte une arène. »

Dépitée, j’appuie mon visage dans mes mains.

« Comment je vais faire, si je ne peux me présenter dans aucune arène sans qu’il ne soit là pour me ramener à la maison… »

Ruby s’assoit à mes côtés et pose une main sur mon épaule.

« Tu sais, peut-être qu’Adriane accepterait de te combattre sans dire quoi que ce soit à ton père.

-Je ne suis pas prête à prendre le risque d’essayer. »

Il demeure silencieux un instant, puis me dit :

« Et si tu t’entraînais pour défier ton père ?

-Tu es fou ? je rétorque.

-Pas du tout, réplique-t-il. Il faudra bien que tu l’affrontes un jour ou l’autre. Il est champion d’arène, et détenteur d’un des huit badges dont tu as besoin pour participer à la ligue pokémon. Tu ne peux pas y couper. Alors est-ce que ce ne serait pas l’occasion ? »

Je ne réponds pas.

« Réfléchis-y le temps que tu souhaites. En attendant, retournons à Poivressel. La prochaine arène de concours est là-bas. Ça te laissera un bon délai pour te décider. »





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Clémenti-ville. L’arène est en vue. Mon sang ne fait qu’un tour.

« Je veux retourner à Poivressel, je dis, la gorge sèche.

-Ecoute, maintenant qu’on est là, il faut que tu prennes ton courage à deux mains.

-Tu ne m’as pas laissé le choix. Tu avais dit que c’était à moi de décider.

-Je ne pensais pas que tu serais assez bête pour refuser.

-Qu’est-ce que tu as dit ?!

-Rien, fait Ruby sur le ton de l’innocence.

-Je te hais.

-Je m’y ferai. »

Pendant tout ce temps, nous ne cessons de marcher, et à la fin de ce court échange, je suis face à l’entrée. Face à mon destin, comme plaisantait plus tôt Ruby.

Je n’ai plus tellement envie de rire.

« Entre. »

Avant d’avoir eu une seconde pour réfléchir et m’opposer à cet ordre, je m’exécute.






Papa est là. Il discute avec un de ses élèves. Il vient à peine d’être nommé champion, et il a déjà des élèves ? Je ne pensais pas qu’il était aussi réputé.

Il ne m’a pas encore vue. Le bruit de la porte, sans doute, va attirer son attention. C’est l’instant qu’il me faut.

Si je ne fais rien, facile de deviner ce qui va se passer. Il va se jeter sur moi, me passer le savon de ma vie et me ramener à la maison avant que j’aie eu le temps de dire « ouf ».

Je n’ai qu’une seconde pour le forcer à m’affronter, coûte que coûte.

Il se tourne. M’aperçois.

Son visage change de couleur.

Je lance une pokéball devant moi, et avant que mon père n’ait fait un geste, Mangriff me protège.

Contrairement à ce que j’aurais pensé, Papa ne me hurle pas dessus. Il ne dit même rien du tout, ne me demande pas où j’étais, ce qui m’a pris. Il se contente de sortir à son tour une pokéball.

« Je suis là pour le badge », je me sens obligée de dire.

On dirait qu’il ne m’entend même pas.

« Vigoroth ! Tranche ! »

Mangriff contre au quart de tour.

« Toi aussi Mangriff, utilise Tranche ! »

L’attaque n’atteint pas Vigoroth, et j’enchaîne aussitôt :

« Taillade ! »

Cette fois-ci, le coup fait mouche. A plusieurs reprises. J’encourage Mangriff à continuer, et méfiante, j’attends de voir comment Papa compte se sortir de cette situation.

Il ne fait rien. Rien du tout.

J’observe plus longuement Vigoroth. C’est comme s’il encaissait volontairement les coups, sans jamais se défendre. L’attaque Taillade gagne en puissance à chaque coup, et à ce rythme, il devrait déjà être hors-combat.

« Mangriff ! Eloigne-toi, vite ! »

Mais trop tard.

« Riposte ! »

Les griffes de Vigoroth atteignent Mangriff en plein ventre, et il s’écroule à terre, terrassé par ce seul coup puissant comme deux fois toutes ses attaques cumulées.

Je me dépêche de ramener Mangriff dans sa pokéball avant de faire appel à Mysdibule. Papa, loin de profiter de ce laps de temps pour m’empêcher de me battre, se contente d’attendre de voir ce qui va suivre. Il a accepté mon défi.

« Mysdibule, Doux parfum ! »

La senteur hypnotisante se répand rapidement jusqu’aux narines de Vigoroth, le livrant à ma merci. Tout ce qui lui a permis de résister à la Taillade de Mangriff, c’est son attaque Ténacité. Sans cela, il est très faible. Un seul moment d’inattention, une seule attaque Morsure, et Vigoroth est KO.

Papa ne fait aucun commentaire et envoie Monaflémit sans un mot. Je regarde ce géant droit dans les yeux, et je me souviens des après-midi passés avec lui, à jouer ensemble. Tout à coup, face à moi, il me semble infiniment plus menaçant que lorsque j’étais enfant.

Je connais sa faiblesse et je compte bien m’en servir. Monaflémit est sans doute l’un des pokémon les plus lents qui existent sur cette planète. Si lent qu’il ne peut effectuer qu’un coup quand mon Mysdibule en enchaîne deux. Je n’ai donc qu’à enchaîner les coups les plus puissants possible avant qu’il ne me touche.

« Baîllement ! »

Prise de court, Mysdibule reçoit l’attaque de plein fouet.

« Mâchouille ! »

Perdu pour perdu, autant lui infliger le maximum de dégâts avant que Mysdibule de s’endorme. Cela ne tarde malheureusement pas, et pour empêcher Monaflémit d’avoir le champ libre pour l’achever, je la fais rentrer dans sa pokéball.

« Kirlia, à toi !

-Baîllement, encore ! »

Mais Kirlia est différente. Elle disparaît alors que l’attaque semble sur le point de l’atteindre, pour réapparaître à l’autre bout du terrain, hors de portée de Monaflémit.

« Psyko ! »

Le singe n’a même pas eu le temps de faire un geste. Sûre de mon avantage, j’enchaîne. Kirlia soulève le corps imposant de Monaflémit à la seul force de son esprit, pour l’envoyer s’écraser près de moi.

Je suis sûr le point d’ordonner à Kirlia de lui asséner le coup de grâce quand il se relève, et contre toute attente, lance vantardise. Kirlia, surprise, est touchée, et ne m’entend plus.

« Monaflémit ! »

Avant que je n’aie eu le temps de comprendre ce qui m’arrive, je me retrouve plaquée contre un mur par l’énorme paume de Monaflémit. Immobilisée, je lance un regard vers Kirlia : elle n’est pas en mesure de m’aider. Mes yeux reviennent se poser face à moi, et j’ai à peine le temps de distinguer Papa que je reçois une gifle monumentale de sa part, lui qui ne m’avait jamais frappée auparavant.

« A quoi tu pensais, Sapphire ?! Tu ne t’es pas demandé à quel point tu nous ferais souffrir, en fuyant la maison comme ça ? »

Il me gifle une deuxième fois. Je n’ose rien répondre.

« Tu imagines un peu dans quel état nous étions, ta mère et moi, quand nous avons réalisé que tu n’étais plus dans ta chambre ? Pourquoi tu as fait ça ? »

Je baisse les yeux, soulagée de pouvoir me soustraire ainsi à son regard.

« Tu ne m’aurais pas laissée partir. Tu l’as dit toi-même. »

Le silence tombe, lourd, insupportable. Je ne sais pas ce que je dois penser, dire ni faire.

Tout à coup, Monaflémit se crispe. Je sens la pression contre moi disparaître, et le colosse traverse la salle à toute vitesse pour aller défaillir dans le coin opposé.

Surprise, je me tourne vers Kirlia.

Elle n’est plus sous l’emprise de Vantardise.

Elle est différente. Il me faut quelques secondes pour réaliser qu’elle vient d’évoluer en Gardevoir.

Une main sur mon épaule. Je me tourne.

Papa me tend le badge de son arène, et m’adresse simplement, avant de partir :

« Va voir ta mère. Elle s’inquiète beaucoup. »






A la sortie de l’arène, Ruby est là, et sa présence me paraît quasiment incongrue après ce que je viens de vivre. Il me regarde, et ses yeux font l’aller-retour entre le badge entre mes doigts et mon visage blême.

« Sapphire ? » murmure-t-il.

La seule réaction dont je suis capable, c’est de m’effondrer en larmes dans ses bras.





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