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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 9
Nom de l'œuvre : Amor (Recueil de one-shot) Nom du chapitre : Back Home
Écrit par Orube Chapitre publié le : 13/11/2011 à 13:49
Œuvre lue 10966 fois Dernière édition le : 13/11/2011 à 13:49
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La Ligue Pokémon était terminée. J’avais perdu. Mes parents avaient organisé une petite fête à la maison, pour me féliciter d’être arrivée en seconde position, ce qui, au vu de la fierté dans le regard de mon père, n’était pas rien. A cette occasion, ils avaient invité quasiment tout le village. Soit tout autant de gens que je ne connaissais pas. Le seul dont la présence aurait pu me faire plaisir, c’était Ruby. Mais il y avait longtemps que je n’avais plus de nouvelles de lui.

Dès le début de la soirée, je dus serrer des dizaines de mains, mal à l’aise dans une robe qui ne me plaisait guère et que ma mère avait choisie pour moi.

« Bonjour, Sapphire, me présentai-je à un homme dont le visage m’évoquait vaguement quelque chose, bien que je ne me souvinsse pas l’avoir déjà croisé.

-Bonjour jeune fille, me salua-t-il. Je suis le professeur Seko. Voici ma femme, Eve, fit-il en me la désignant. Bien dommage que notre fils soit à Johto en ce moment. Vous auriez pu faire connaissance, il est du même âge que toi. »

Tiens, j’avais déjà entendu ça quelque part. Le professeur alla vers mon père et engagea la conversation tout naturellement. Je me rappelais alors que le jour de l’emménagement, Maman m’avait parlé de voisins que Papa connaissait depuis longtemps, et je songeai qu’il devait s’agir d’eux. Au moins, j’avais définitivement échappé à cette rencontre planifiée avec « leur fils ».

« On passe à table ? » proposa ma mère.

Je soupirai. La soirée promettait d’être longue.

« Sapphire ? m’appela mon père depuis le vestibule.

-Oui ?

-Téléphone pour toi. »

Je vins prendre le combiné, et demandai, sans savoir à quelle voix m’attendre en retour :

« Allô ?

-Sapphire ? »

Je m’arrêtai, le souffle coupé.

« Sapphire ? Tu es là ? s’inquiéta Ruby.

-…Oui.

-Je voudrais qu’on se voie, s’il te plaît.

-Pourquoi ?

-Est-ce que tu pourrais être à Clémenti-ville, demain ? éluda-t-il. Je suis encore à Poivressel, mais le ferry ne va pas tarder à partir. Je serais là en fin de matinée. Tu viendras ?

-Pourquoi tu veux me voir ? insistai-je.

-Tu viendras, ou non ? »

Il était décidé à éviter la question. Tant pis. Je laissai ma fierté de côté, pour répondre à mi-voix :

« Oui.

-Génial, se réjouit-il. A demain, alors.

-A demain. »

Il raccrocha. Je restai immobile un bon moment, jusqu’à ce que ma mère m’appelle :

« Sapphire, ça ne va pas ? »

Je reposai le téléphone et la rassurai :

« Si, ne t’en fais pas. »

Mon sourire, faux au possible, dut me trahir, car Maman me lança un drôle de regard. Mais elle ne fit aucun commentaire.

Décidément, la soirée allait s’éterniser.






Le lendemain, je me réveillai aux aurores, bien malgré moi. Un œil vers mon horloge : six heures et demie. Pas la peine de me lever tout de suite, Ruby m’avait dit qu’il ne serait pas là avant onze heures. Je me retournai dans mon lit, mais rien à faire, je n’arriverai sûrement pas à me rendormir. De mauvaise grâce, je me levai et allai me préparer un bon petit-déjeuner.

Ayant beaucoup de temps devant moi, je fouillai dans un livre de cuisine de ma mère, sortit des ingrédients et entamai la préparation de pancakes. Seulement, mon esprit était incapable de se fixer sur autre chose que sur les heures à venir, et au final mes pancakes ressemblaient plus à des petites crêpes un peu épaisses qu’à de véritables pancakes. Je les dévorai pour faire disparaître les traces de mon échec aux yeux de ma mère, qui ne manquerait pas sinon de passer une après-midi entière à m’apprendre la marche à suivre. J’avais peut-être mis trop de lait dans la pâte, mais au final, c’était bon quand même.

J’allai ensuite me laver et m’habiller, puis en redescendant je jetai un œil à l’horloge du salon : tout ceci n’avait fait s’écouler que deux petites heures. Lassée d’attendre, je me dis que rien ne changeait de rester ici ou de se rendre directement à Clémenti-Ville. Je sortis, pris une pokéball, de l’intérieur de laquelle Tropius apparut. Je montai sur son dos et m’accrochai à son cou, et il s’envola.






Clémenti-Ville était la seule ville d’Hoenn que je n’avais pas pris le temps de visiter. Ce matin, j’en avais l’occasion, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’envie ne suivait pas. Les images du soir de ma dispute avec Ruby me revenaient sans que je puisse les en empêcher, et je me sentais de plus en plus nerveuse à l’idée de le revoir. Que pourrait-il bien avoir à me dire ? Est-ce qu’il attendait des excuses de ma part ? Je pourrais bien lui en faire, mais le souvenir de son visage ce soir-là me fit douter que cela serve à quoi que ce soit.

Comment nous retrouverions-nous ? Nous n’avions convenu d’aucun lieu de rendez-vous. Espérant que je ne le raterais pas lorsqu’il descendrait du ferry, je décidai d’aller attendre au port, un peu à l’écart de la ville. Je m’installai un peu à l’écart du chemin, adossé contre un petit bâtiment dont je ne voyais guère l’utilité, mais d’où l’on pouvait parfaitement voir tous les bateaux arriver.

Epuisée d’avoir si peu dormi après une longue soirée, et d’avoir retourné dans de choses dans mon esprit sans jamais parvenir à m’en débarrasser, je m’assoupis sans m’en rendre compte.






Je rouvris les yeux à grand peine. Ce n’était pas franchement de moment de dormir, après tout. Je jetai un œil vers le port : aucun bateau à l’horizon. Bien. Je ne l’avais pas manqué.

« Qu’est-ce que tu regardes ? »

Mon cœur fit un bond douloureux dans ma poitrine. Je tournai la tête dans l’autre direction, avant de hurler :

« La prochaine fois, si tu veux me tuer, surtout ne t’y prends pas autrement ! »

Ruby me répondit par un sourire contrit.

« Quand est-ce que tu es arrivé ?

-Pendant que tu dormais », rit-il.

Puis, voyant mon regard mauvais, il ajouta :

« Il y a une petite demi-heure. Je t’ai aperçue de loin. C’est pratique que tu portes souvent du rouge.

-Sans doute », répondis-je mollement.

Le silence retomba. J’étais mal à l’aise, mais Ruby, lui, souriait toujours. Qu’est-ce qu’il voulait, à la fin ?

« Tu rentres d’où, là, au fait ? demandai-je pour entretenir la conversation.

-De Johto, m’apprit-il, et le nom fit tilt dans ma tête.

-Johto ? répétai-je. Ruby, est-ce que par hasard, tu ne serais pas le fils de…

-Du professeur Seko de Bourg-en-vol, exact, répondit-il.

-Je l’ai rencontré hier, dis-je. Il m’a parlé de toi, et de la façon dont il l’a fait, je pense qu’il ne savait pas que tu me connaissais. Tu ne lui as jamais dit ?

-Je ne voulais pas ficher en l’air ta couverture, quand tu te cachais de tes parents. Je lui ai dit que je partais seul.

-Ah… Et qu’est-ce que tu as fait, à Johto ?

-Oh, ça, c’est une longue histoire, qui mérite d’être racontée ailleurs qu’assis par terre, dans un port, fit-il. Toujours est-il qu’il va falloir que j’y retourne. Je n’ai pas pu faire ce que mon père m’avait demandé.

-Pourquoi es-tu rentré, dans ce cas ?

-A vrai dire, lâche-t-il sur un ton grandiloquent, suite à une succession d’évènements pour le moins imprévisibles, je me suis retrouvé à Sinnoh, bien loin de la personne que je devais aller voir, alors je me suis dit que quitte à refaire le voyage, je pouvais tout aussi bien faire un détour par ici.

-Tu comptes aller voir tes parents ?

-Oui, il faudrait. J’ai quand même pas mal de choses à raconter à mon père. Mais en fait, je voulais surtout te demander quelque chose à toi. »

Je levai vers lui un regard interrogateur. Il avait fait tout ce chemin, d’abord pour me parler, à moi ?

« Dès que je serais allé à Bourg-en-vol, je repartirai à Johto. Je compte participer aux concours, là-bas. La première salle de concours était à Ecorcia, justement là où je devais aller, mais je n’ai pas eu le temps de m’y rendre. J’ai rencontré quelqu’un qui m’a fait voyager, on va dire. Mais je t’expliquerai tout ça en même temps qu’à mes parents. En tout cas, ce que je voudrais savoir, continua-t-il sur un ton soudain devenu sérieux, c’est si tu serais d’accord pour m’accompagner. Après tout, tu connais beaucoup mieux cette région que moi. »

J’en reste coite.

« Je sais que je t’ai dit des choses ignobles, expliqua-t-il. Que je me suis mêlé de ce qui ne me regardait pas, en plus, en te parlant de tes parents. Et je sais que tu ne pensais pas à mal. Tu ne pouvais pas savoir. Je ne supporte pas que quelqu’un voit ce truc, dit-il en effleurant son front du bout des doigts. Ça me donne l’impression d’être un monstre. Tu sais, fit-il en me regardant droit dans les yeux, quand j’étais petit, moi aussi, je voulais devenir dresseur. Un jour, je suis tombé sur un pokémon sauvage trop fort pour moi, et ça s’est terminé comme ça. »

Il souleva son bonnet pour me montrer, de lui-même. L’entaille était plus large encore que je ne l’avais cru en la voyant pour la première fois.

« Mes parents ont bien cru me perdre, ce jour-là. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça m’a fait passer l’envie de devenir dresseur. Mais ce qui fait le plus mal, finalement, c’est de se rendre compte que les gens t’évitent, après. Ça les dégoûte, tu comprends ? Ils n’ont pas envie de voir ça. D’ailleurs, ils n’ont plus envie de te voir tout court. »

Il se tait un moment, avant de me demander :

« Ça te dégoûte, toi ? »

Je ne sais pas trop comment lui répondre. Consciente qu’il sera peut-être vexé, j’opte pour la franchise :

« Moi non plus, je n’aime pas voir ça. C’est étrange, ça donne comme un frisson désagréable. Mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas te voir pour autant. Ça ne veut pas dire non plus que je ne suis pas capable de le supporter. »

Je fouillai dans mes poches pour en sortir un morceau de tissu rouge et blanc. Je bredouillai :

« J’ai trouvé l’obi… après. Quand tu es parti. Alors… ça m’a touchée… Et donc, ben… Je t’ai acheté ça. »

Il prit le tissu et le déplia pour découvrir un large bandeau.

« Pourquoi ça, précisément ?

-Je comprends que tu n’ais pas envie de montrer ta cicatrice à tout le monde. C’est normal. Mais ça te va mieux, d’avoir les cheveux à l’air libre », lui dis-je en détournant les yeux.

Sans mot, il le mit. Je le regardai, et lançai, gênée :

« Oui, ça te va très bien. »

Ses cheveux bruns étaient raides et juste assez longs pour faire de jolies mèches qui recouvraient par endroit le bandeau que je venais de lui offrir, mais Ruby prit soin de mettre le motif de pokéball en valeur.

« Merci, Sapphire. »

Il prit ma main et la serra légèrement. Sentant mon visage virer à l’écarlate, je m’écriai de nouveau :

« Je t’ai déjà dit de ne pas me surprendre comme ça ! »

Il s’esclaffa et me lâcha. D’un souffle, il demanda :

« Alors, est-ce que tu viendrais avec moi ?

-Seulement si tu m’emmènes au festival de Rosalia, imposai-je.

-Pas de problème, sourit-il. On ira. Il faudra juste penser à prendre un yukata dans notre sac, cette fois. »

Réflexion qui eut le don de me faire rire.

« Avant ça, il faudrait rentrer à Bourg-en-vol, dis-je. Tu ne m’as toujours pas raconté ce qui t’était arrivé pour que tu ailles jusqu’à Sinnoh.

-Tu vas voir, c’est une superbe histoire », me promit-il.

Tranquillement, nous commençâmes à marcher vers notre village. Nous aurions pu voler sur le dos de Tropius, mais rien ne nous pressait. Surtout, je n’avais pas envie que le trajet soit trop court, car à nouveau, Ruby avait entremêlé ses doigts aux miens.






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