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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 29
Nom de l'œuvre : Les légendes du Mordz Nom du chapitre : Chapitre 27 : Engrenages
Écrit par Requiem Chapitre publié le : 22/12/2010 à 22:18
Œuvre lue 50418 fois Dernière édition le : 22/12/2010 à 22:18
Illyria regarda Elvish basculer en arrière comme au ralenti. Il heurta violemment le sol, sa blessure suintant de tous côtés. Elle cria quelque chose que ses oreilles ne perçurent pas car les sons, pour elle, n’existaient plus. Tout pouvait bien s’écrouler, elle s’en fichait éperdument. Elle n’était plus la reine du Mordz, elle n’était plus dans le château des Trois, elle n’était plus une ancienne Juge. Elle était juste Illyria qui venait de voir l’homme qu’elle aimait tomber à terre.
Elle chargea Iznok, la seule personne que ses yeux pouvaient encore voir. La reine brandit son épée électrique et les lames s’entrechoquèrent. Il était doué mais Illyria était déjà plus habile et sa rage décuplait ses forces. Elle fit décrire à son épée un arc de cercle de bas en haut, loba l’épée d’Iznok et rabattit la sienne sur la face du traître. Iznok qui ne portait qu’une légère armure fut tranché en deux de haut en bas.
Les deux parties de corps restèrent collées l’une à l’autre pendant quelques secondes, ses yeux exprimant l’incompréhension. Puis il s’écroula à son tour dans une gerbe de sang qui gicla sur le visage de la jeune reine.
Illyria se pencha alors sur Elvish qui continuait à saigner. Dans la salle on était en train de se battre pour elle. Elle s’en fichait. Tout ce qui importait c’était de maintenir la vie dans le corps de son ami. Il était aussi blême qu’un mort mais respirait encore faiblement. La lame n’avait pas touché de points vitaux mais on devait rapidement stopper l’hémorragie avant qu’il ne perdre trop de sang.
Arrachant un morceau d’étoffe de sa manche, la reine fit un bandage. Celui-ci ne tarda pas à devenir rouge. Ca ralentirait le saignement mais le mordzien n’était pas tiré d’affaire. Il lui faudrait se faire soigner au plus vite.
- Ma reine que devons-nous faire ?
La voix du soldat la tira de son rêve éveillé. La salle était bondée de soldats ennemis et les infiltrés ne rivaliseraient pas en nombre. Elle redevint la reine du Mordz et dû laisser les sentiments de la petite Illyria en arrière plan. Elle se redressa, le cœur battant la chamade. Elle réfléchissait à toute vitesse.
Thwomp était avec elle et menaçait les soldats des Trois qui essayaient de s’approcher d’un peu trop près. Tous ses autres hommes avaient formé un cercle défensif autour d’elle et du corps d’Elvish. Elle avait beau retourner la situation dans tous les sens, elle ne voyait pas le moyen de s’en sortir. Avec la trahison d’Iznok toutes leurs actions avaient été calculées et connues par les Trois. Elle sentit le désespoir s’emparer peu à peu d’elle. Elvish était mourant, ses troupes encerclées. Elle avait perdu. Tout était perdu.
Elle baissa lentement les yeux vers Elvish puis observa les visages de chacun de ses soldats. Elle ne doutait pas que chacun d’eux n’hésiterait pas à se lancer dans la bataille et à sacrifier sa vie pour la protéger. Il n’y avait vraiment pas d’autre choix. Elle porta la main à son fourreau et défit son baudrier.
- On n’abandonne, dit-elle. Je me rends.
Elle lâcha son épée qui tomba avec un crépitement électrique. Enfin elle s’effondra sur les genoux. Autour d’elle, les soldats lâchèrent un à un leurs épées, masses ou marteaux. Chaque fois que le son métallique des armes claquant sur le sol retentissait Illyria avait l’impression qu’on lui enfonçait un pieu dans le cœur. Elle ferma les yeux et se mordit les lèvres pour se retenir de pleurer. Elle devait rester forte.
Des mains hostiles s’emparèrent d’elle et la relevèrent. Ses soldats furent emmenés, probablement pour les cachots. La princesse, elle, reçut un traitement fort différent. Les soldats la maintinrent à leur merci, mais ne la forcèrent pas à quitter la pièce. Elvish restait étalé par terre, sa vie s’échappant un peu plus à chaque seconde.
- Qu’allez-vous faire de moi ?
- Les Trois veulent vous voir, répondit un soldat.
Illyria avala sa salive avec difficulté. Elle s’attendait à entendre la voix métallique dont elle avait l’habitude mais un déclic dans le plafond voûté se produisit. Les murs tremblèrent un moment. Puis, comme sorti de nulle part, un escalier en colimaçon descendit du plafond, dans un crissement horrible et bruyant, révélant un passage qui lui était encore inconnu jusque là.
Quelqu’un se trouvait sur la première marche de l’escalier quand celui-ci s’arrêta en s’encastrant dans le sol, là où le rayon de lumière filtrait habituellement. Illyria ne le connaissait pas, il avait l’air humain mais quelque chose d’indéfinissable dans ses yeux lui criait le contraire. Aucune humanité ne brillait dans ceux-ci, ils étaient morts et froids comme deux lampes phosphorescentes.
- Je suis… Matteo. Je suis… les Trois. Je suis… le Mordz.
- Ouais, ouais et tu es aussi un tas de boulons et de câbles assemblés les uns aux autres, fit une voix familière. Et puis, tu es un sale morveux pendant que j’y suis.
Illyria eut du mal à le croire. Derrière Matteo, à demi caché par l’escalier en colimaçon, se trouvait son mentor. Son frère. Janus.
- Que fais-tu là ? Je croyais que tu étais contre les Trois maintenant et que tu les fuyais ?
- Je venu de mon plein gré. Je me disais bien que tu viendrais me rendre visite, mais j’ai eu quelques problèmes en arrivant. Ah ! Et je te présente mon fiston. (Il désigna Matteo.) Enfin, si on peut dire ça comme ça à propos d’un tas de ferraille.
- Silence, Créateur. Vous n’êtes plus autorisé à parler, coupa Matteo en descendant la dernière marche, traînant une chaîne.
Janus descendit à son tour et Illyria remarqua qu’il était attaché à la chaîne que l’unité cybernétique avait dans les mains.
- J’aurais préféré que se soit une jolie fille qui m’attache, mais tant pis. Bon bah, on a perdu de toute façon. On s’est bien foutu dans la merde.
Le pessimisme de Janus toucha Illyria en plein cœur. Pour des retrouvailles, il y avait quand même mieux. Elle avait tellement de choses à lui dire, à commencer par le fait qu’il était son frère. C’était d’autant plus urgent qu’ils n’allaient pas tarder à mourir.
Matteo s’approcha d’elle et la dévisagea un moment. La sensation de froid dans ses yeux fit frissonner Illyria. Puis, il se détourna d’elle, aucune expression n’était lisible sur son visage. Il posa son regard sur le corps d’Elvish. Un éclair furtif passa dans ses yeux, seul signe visible d’une quelconque émotion.
- C’est l’un des Elus. Il n’en reste qu’un en liberté si Ganon s’est bien acquitté de sa tâche…
Il désigna un soldat proche de la reine.
- Toi, abrège la vie de cette chose. (Puis se tournant vers Illyria.) Où se trouve le dernier Elu ?
La reine haussa les épaules. Lorsqu’elle était arrivée dans la pièce Véon n’était déjà plus là. Elle ignorait totalement où le mordzien pouvait être. Elle espérait qu’il avait pu fuir, ainsi il resterait un dernier espoir au monde.
Le soldat désigné par Matteo s’avança vers Elvish. Le pauvre était maintenant complètement entouré d’une flaque de sang. C’était peut être mieux ainsi. Avec une telle blessure et sans soins il allait forcément mourir, cela lui éviterait donc de pénibles souffrances. Mais la reine n’avait pas envie qu’il meure. Elle se sentait égoïste mais elle avait vu tellement de ses amis mourir qu’un de plus lui était insupportable. Pas celui qu’elle aimait !
Elle détourna le regard. Il y eut un sifflement et le bruit désagréable d’une épée qui râpe le sol. Une larme roula sur la joue d’Illyria.

Véon tentait de remonter par l’endroit où il était arrivé. Le conduit était abrupt et il devait enfoncer des bouts de fer, qu’il avait préalablement prélevé sur l’épée du soldat mort en la cassant en morceaux, dans les rainures et les crevasses du long boyau rocheux. Il espérait qu’il ne serait pas à court de morceaux de métal avant d’arriver en haut.
Il progressa sur une dizaine de mètres grâce aux anfractuosités présentent sur les parois mais dû utiliser cinq de ses précieux bouts d’épée quelques mètres plus haut, faute d’appui pour se hisser tout seul. Il continua ainsi pendant ce qui lui sembla des heures et des heures. La sueur lui perlait sur le front. Il avait faim et soif, il était fatigué, mais il ne pouvait pas s’arrêter.
S’il s’arrêtait, il risquait de ne plus pouvoir repartir. S’arrêter était synonyme de mort. S’arrêter signifiait qu’il n’y avait plus d’espoir. Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, il arriva à apercevoir une lumière très loin au-dessus de lui. L’ouverture n’était pas plus grande qu’un mouchoir de poche mais elle était bien là.
Il se mit à appeler et à crier. Il crut discerner des ombres tout en haut et des personnes bouger. Il ferma les yeux et perdit connaissance.
Lorsqu’il se réveilla, il était installé dans un grand lit à baldaquin et à grandes teintures pourpres. Pour un peu, il se serait crut dans une de ces suites royales que Might utilisait en son temps. Il se redressa, faisant glisser les couvertures qui le recouvraient.
Clignant des yeux, il observa les visages qui l’entouraient. Son esprit était encore embrumé mais il parvenait néanmoins à en reconnaître quelques uns. Parmi eux il y avait la reine Illyria, Shadow Angel avec un gros bandage sur la tête et Thwomp qui avait une corne faciale cassée.
- Où sont Pif et Elvish ? fut sa première question puis : Et les Trois ? La Pierre du Temps ?
Il scruta chacun des traits des protagonistes mais aucun ne lui répondit. Tous baissèrent les yeux un à un. Il ne comprenait pas. Que s’était-il passé depuis qu’il était tombé dans le trou ?
- Qu’est-ce qu’il y a ? Ca fait combien de temps que je suis endormi ?
- Deux semaines, répondit enfin Illyria. La guerre est finie. Nous avons gagné.
- Quoi c’est vrai ? Mais comment ? s’empressa-t-il de demander alors qu’un sourire naissait sur son visage.
A nouveau ce fut le silence. Si la guerre était gagnée, pourquoi faisaient-ils tous ces têtes d’enterrement ? Les Trois vaincus, une nouvelle ère de paix pouvait s’installer à nouveau sur le Mordz ! Il se passait quelque chose qui lui échappait encore et qui lui faisait peur. Cependant, il voulait savoir. Il devait savoir !
- Mais quoi à la fin ? Vous allez me dire ce qu’il se passe oui ou non ?
- Nous allons tout te dire, ne t’inquiète pas, fit une voix provenant de derrière Illyria.
Tout le monde s’écarta pour laisser la place à Janus. Celui-ci avait rasé sa barbe. Il ne lui restait qu’une fine moustache et il avait aussi taillé et coiffé ses cheveux. Le voir ainsi rappela des souvenirs à Véon mais il ne parvint pas à dire quelle situation cela lui rappelait. Bref, pour l’instant cela n’avait que peu d’importance.
Janus lâcha une bouffée de cigare. Le jeune mordzien remarqua que c’était la marque préférée de Might. Mais qu’y avait-il de si étonnant puisqu’en réalité Janus était son neveu ? C’était aussi à cause de lui que les Trois avaient été créés. Au final Janus ou Might, aucun des deux n’était différent de l’autre. Pourtant, sans Janus, il ne serait jamais arrivé jusque là.
- Alors quoi ? s’impatienta Véon.
Janus prit une autre bouffée avant de répondre.
- Et bien nous avons pris le château des Trois et j’ai débranché Matteo. Il ne nuira plus à personne désormais. Nous avons aussi récupéré la Pierre de Temps.
C’était une bonne nouvelle. Pourquoi personne n’avait voulu le lui dire ? Il voulait lui faire la surprise ou quoi ?
- Mais par contre Ganon a réussi à s’enfuir avec Zenight. Et Pif est mort…
Cette nouvelle donna un coup au moral pourtant bon de Véon. Il comprenait maintenant pourquoi Illyria ou Shadow n’avaient rien osé lui dire. Il lui restait comme un goût amer dans la bouche. Banquier, Kapoera et Pif. Tous morts. Et puis avec un des Trois en liberté, la paix était encore menacée.
- Et Elvish ? demanda-t-il enfin.
Elvish ne pouvait pas être mort, c’était impossible. Janus serra les lèvres pendant que les yeux d’Illyria s’embuaient de larmes. Elvish était mort aussi ? Il sentit ses épaules s’affaisser. Des cinq venus du passé, il était le dernier.
- En fait Elvish croit qu’il est une servante de la reine Illyria, répondit enfin Janus.
- QUOI ???
- Hum… Il a été grièvement blessé et a perdu beaucoup de sang. Il a aussi subi un terrible traumatisme et est devenu amnésique. C’est irréversible je pense vu la gravité des lésions. Se serait un miracle s’il guérissait un jour. Je me demande pourquoi il se prend pour une boniche par contre…
Si la situation n’avait pas été aussi grave, Véon aurait éclaté de rire. Mais il se sentait mal pour Illyria. Il savait qu’Elvish et la reine avaient partagé des moments privilégiés depuis qu’ils s’étaient rencontrés. Pour supporter de voir l’homme qu’on aime se comporter de cette manière il fallait avoir une grande force morale.
C’était terrible et pathétique à la fois. Véon espéra que le chapitre des mauvaises nouvelles était clos mais Janus l’avait en réalité à peine entamé. En effet, l’ex-Trois reprenait ses explications :
Il était enchaîné et relié à Matteo. Impuissant, il regardait le soldat qui allait exécuter Elvish se rapprocher du jeune mourant. Le soldat allait abattre son épée sur lui quand une flèche avait traversé la salle et s’était plantée dans la tête du soldat. Celui-ci avait lâché son épée et était mort sur le coup.
Puis, presque simultanément, une armée de Cornus avait investi la pièce, abattant les soldats avec leurs masses et leurs marteaux. A leur tête Janus avait reconnu Mayraline et une autre personne qu’il ne connaissait pas – Véon comprit que cette personne devait être Boing. L’armée de Cornus avait balayé en quelques secondes les gardes de Matteo.
Janus avait profité de la confusion pour se jeter sur Matteo. Ce dernier, qui n’avait pas prévu cet incident dans ses données, était en train de tout recalculer à la vitesse de la lumière. Il ne lui fallait qu’une seconde mais cette seconde avait servi à Janus pour lui ouvrir sa plaque dans le dos et arraché les fils de câblage de la carte mère.
Matteo avait grésillé, fumé, tremblé, puis, il s’était subitement arrêté, s’affaissant sur lui-même. Ses yeux impavides s’étaient éteints dans un dernier crépitement. Les Trois avaient perdu.
Plus tard, Janus était remonté dans la pièce secrète des Trois et avait récupéré la Pierre. Il allait redescendre quand Ganon s’était dressé devant lui, tenant Hina dans sa main et Zenight se cachant derrière lui comme un toutou derrière son maître.
Les deux hommes s’étaient dévisagés, testant leur mental, puis Ganon s’était enfui. Janus n’avait pas alerté les gardes. C’était inutile car de toute façon Ganon les aurait tués.
Puis, il y avait eu la découverte du corps sans vie de Pif et enfin quelqu’un avait entendu des cris provenant de la fosse. On avait fait descendre, à l’aide d’une corde, Thwomp qui s’était porté volontaire. Il y avait trouvé Véon, inconscient, coincé dans le conduit et l’avait remonté.
Janus stoppa son récit. Véon resta silencieux. Pour une victoire, elle lui laissait un désagréable goût dans la gorge…

Shadow Angel était assis sur le rebord d’une fenêtre, un pied dans le vide. Il prit une bouffée de cigarette et contempla les étoiles qui brillaient dans le ciel. C’était magnifique.
Pourtant, il se sentait nostalgique. Toutes les batailles qu’il avait menées dans le but de renverser les Trois. Tous les plans qu’il avait échafaudés avec Hell. Tout cela était terminé. Maintenant les rôles étaient inversés. La reine qu’il servait était à la place des Trois et les résistants deviendraient Ganon et Zenight. Avec eux dans la nature, il pouvait être sûr qu’il y aurait d’autres batailles. Et de nouveaux morts.
Le fait de penser aux morts lui rappela son frère. Il avait maintenant une croix à sa mémoire dans l’immense cimetière des guerriers tombés au combat. Parmi eux il y avait aussi Gloom qui avait tenu contre la Dame Sanglante toute la nuit et était décédé juste après les premiers rayons du soleil, lorsqu’elle avait dû fuir. On n’avait pas attrapé la Juge V, Silver Altari, non plus.
Il soupira. Oui, il y aurait d’autres batailles mais il n’oublierait jamais celle qui s’était déroulée cette nuit-là. Une bataille terrible où une colline avait saigné…
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