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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 1
Nom de l'œuvre : L'Ombre par sept [Concours été 2012] Nom du chapitre : L'Ombre par sept (1/7)
Écrit par Whitewolf Chapitre publié le : 8/8/2012 à 23:21
Œuvre lue 6807 fois Dernière édition le : 8/8/2012 à 23:21
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Le soleil envoie d’ultimes rayons rougeoyants au dessus de la vallée forestière, mais son combat s’achève et la nuit prend sa place. On entend le cri d’une Fouinette qui appelle son petit dernier à rentrer dans le terrier. L’animation colorée de la journée cède maintenant son tour aux bruissements furtifs sous la lune. Sous les racines d’un vieux pin accroché au flanc abrupt de la montagne, une ombre s’éveille sans bruit. Le maigre croissant dans le ciel est masqué par quelques nuages, mais il ne s’en préoccupe pas. Les ténèbres sont pour lui comme la plus fidèle et la plus sûre des amantes. A travers elles, il avance et s’élance hors de son repaire. Il court rapidement, semblant à peine effleurer le sol, et hume l’air encore humide de la pluie automnale qui est tombée dans l’après-midi. Il s’en réjouit. Le sol humide étouffe d’autant mieux les sons. De temps en temps, il lève la tête, à la recherche d’un nid dans les arbres. En passant près d’un buisson de baies, il remarque que celles-ci sont maintenant mûres, pouvant fournir un substitut honorable à ses proies favorites. Il en goûte quelques-unes, prend rapidement note dans sa tête de leur emplacement et reprend sa route. Il passe sous un très vieil arbre, le plus ancien de cette vallée à sa connaissance. Au sommet de cet arbre, il y a plusieurs nids de Roucoops et Roucools, mais aussi un couple de Roucarnages très protecteurs auxquels il vaut mieux ne pas se frotter. Un peu plus loin, le tronc noirci d’un chêne mort abrite un couple de Noarfang. Il les connaît bien, et il préfère ne pas leur chercher des noises. D’ailleurs, il entend l’un des deux Pokémon planer au dessus de la cime. Gare aux Rattatas de sortie ce soir…

La lune choisit ce moment pour faire une apparition, sa lumière se glisse jusqu’au sol à travers les branches à moitié nues. Le rayon joueurs qui virevolte entre les feuilles frémissantes est soudain accroché par deux griffes soigneusement entretenues, puis remonte jusqu’à éclairer furtivement un petit corps sombre surmontée d’une tête aux oreilles larges et noires. Furieux d’être ainsi dévoilé, Farfuret fuit vers l’ombre sécurisante. Pendant longtemps, plus de vingt ans, il a vécu de jour, adoptant le rythme de vie de son dresseur, mais très vite après être retourné à la vie sauvage, il a retrouvé les instincts de son espèce. Croisant l’un des petits rus qui dévalent en chantant le sommet du mont Victoire, il se désaltère sans cesser de surveiller les entourages. Si sa vue est excellente, surtout dans la nuit, son audition est encore meilleure, et ses oreilles captent le moindre son à des dizaines de mètres à la ronde. En relevant une dernière fois la tête, il entend des bruits de pas légers, qu’il reconnaît. Ce n’est pas une menace. Le pelage encore plus noir que lui, la première chose qu’on voit la nuit du nouvel arrivant, ce sont les cercles dorés de son pelage qui s’illuminent sous la lumière de la lune. Au début, Farfuret pensait que c’était un handicap pour Noctali, signalant son approche à ses proies, mais il s’est rendu compte qu’on contraire cette lumière douce avait tendance à les attirer jusqu’à être à portée du rapide chasseur. Les deux regards se croisent rapidement, et Noctali, semblant prendre la présence de Farfuret comme un signe que les environs étaient sûrs, appelle sa famille à le rejoindre. Les deux petits Evolis joueurs se précipitent, suivis par une gracieuse Aquali. Farfuret reste quelques minutes à contempler la famille, sans que l’un de deux parents ne s’en inquiète. Ils étaient les premiers Pokémon qu’il avait rencontrés après son arrivée ici, il y a cinq ans. Mais à cette époque, les lieux étaient plus sûrs et la prudence auprès du ruisseau n’était pas nécessaire. Mais depuis trois saisons, cela a changé.

Une petite meute de Malosses agressifs, dominés par un Démolosse hargneux, s’étaient installés dans la vallée. Il y avait eu quelques accrochages entre la famille Evoli et les chasseurs, mais Aquali possède sur eux un avantage déterminant et les chiens sauvages ne s’étaient plus jamais approché de leur territoire. Au contraire, Farfuret leur avait semblé une proie plus facile, mais ils avaient fait une erreur. Après plus de vingt années de combats d’arènes, contre toute sorte de Pokémon et de tous types, Farfuret a accumulé une expérience qui surclasse largement les faiblesses qu’il aurait pu avoir face aux attaques brûlantes de ses adversaires. De plus, son dresseur lui avait appris une palette variée d’attaques des plus efficaces, notamment la terrible Mitra-Poing. Les Malosses ont désormais abandonné toute velléité de chasser sur ce versant, après plusieurs humiliantes défaites face aux habitants du lieu.

Tandis que les Evolis se baignent joyeusement, Farfuret repart dans sa quête de nourriture. Il évite l’Est de la vallée, le territoire des Malosses, et descend plus au Sud. Pendant plus d’une une heure, il explore les bosquets de bouleaux et de pins, mais à part quelques nids vides, il ne trouve rien. Tant pis, il se résout à se nourrir de baies ce soir. Outre le buisson de tout à l’heure, il a repéré plusieurs autres emplacements, offrant une large variété de types de baies, propre à la fois à varier son alimentation, mais aussi à fortifier son corps en diversifiant les effets. Les baies qui poussent sur les racines de la montagne sont plus petites et moins juteuses que celles qu’il consommait quand il voyageait avec la roulotte, mais il les trouve plus riches en goût et elles se conservent plus longtemps, surtout après qu’il les ait refroidies avec une petite technique de Glace. Retournant sur ses pas, il commence sa collecte. La lumière de la lune reste ténue, et la couverture nuageuse est toujours aussi épaisse. La brise froide qu’il sent est le signe que l’hiver arrive. Il ne craint pas le froid, qui est son ami comme la nuit est son amante, mais il hivernera quand même d’ici quelques semaines, dans cet abri protégé qu’il s’est creusé sous la souche imposante, coincée sur une corniche large mais presque inaccessible quand on n’est pas équipé pour grimper, qui plus est pour des Malosses dont l’agilité n’est pas la première qualité. De temps en temps, il se réveillera pour aller piocher dans les réserves de baies qu’il aura amassées et protégées dans la glace. Ce sera son cinquième hiver ici, et il commence petit à petit à oublier les détails des années passées sur les routes avec son dresseur. Et pourtant, dans ses longs rêves nocturnes ou hivernaux, il revoit souvent des moments décisifs de sa vie, comme celui de sa capture.
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