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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 3
Nom de l'œuvre : L'Ombre par sept [Concours été 2012] Nom du chapitre : L'Ombre par sept (3/7)
Écrit par Whitewolf Chapitre publié le : 8/8/2012 à 23:22
Œuvre lue 7027 fois Dernière édition le : 8/8/2012 à 23:22
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L’hiver est fini depuis déjà quelques semaines. Il semble avoir été plutôt doux, vu la vitesse à laquelle la nature se réveille de sa torpeur. Les bosquets les plus précoces exhalent déjà de suaves parfums. Les soirées sont encore fraîches et les jeunes Pokémon restent dans les terriers ou les nids plutôt que d’admirer les couchers de soleil dans l’air pur. Cette nuit promet d’être de toute beauté, entre le ciel sans nuage et l’air cristallin, comme un écrin pour la pleine lune qui s’élève paresseusement au loin. Malheureusement, toute belle qu’elle soit, cette lumière gêne plus Farfuret qu’autre chose, et les larges zones éclairées ne vont pas faciliter sa progression…. C’est dommage, les nids des Pokémon oiseaux sont habituellement bien remplis en cette période. De plus, Farfuret n’a jamais vu une telle arrivée de Roucools depuis les quelques années qu’il résidait dans la vallée qu’au début de ce printemps. Par chance il n’a pas besoin d’aller très loin. A quelques dizaines de mètres de son abri, il repère un nid récemment construit, dont la taille modeste laisse présager des proies faciles. S’approchant doucement du tronc, se glissant dans chaque ombre, il s’arrête prudemment au pied. Quelque chose dans l’air dérange son odorat, mais c’est trop ténu pour qu’il l’identifie. Au loin, il entend les hurlements assourdis par la distance de quelques Malosses. Faisant fi de sa gêne, il plante ses griffes dans l’écorce et commence sa silencieuse ascension.

Alors qu’il approche du nid, une brise tiède l’entoure, et l’odeur qu’il avait remarquée plus tôt est plus distincte, un mélange de sang et d’un autre effluve plus familier. Il ne peut s’empêcher d’être inquiet. Il hésite un temps à poursuivre sa chasse. Les deux Roucools dorment encore, et le ventre de la femelle dévoile deux œufs au moins, de quoi se faire un petit festin. Mais cette odeur… Son instinct le pousse finalement à abandonner la proie pour en repérer l’origine. Tant pis, il reviendra plus tard, ou la nuit prochaine. Les œufs n’écloront pas avant deux semaines au plus tôt, et il en est le seul prédateur ici. Poussé par un pressentiment, il accélère l’allure et abandonne sa marche si prudente actuellement en se dirigeant vers l’Est. A la lisière de sa vision, il entrevoit Noctali et sa compagne siéger sur un rocher, mais l’odeur ne vient pas d’eux. Les oreilles dressées de Noctali indiquent par contre que lui aussi a senti quelque chose de différent. Il rejoint un bosquet de pins serrés, et soudain l’odeur devient plus forte. Il n’est pas loin. Les hurlements des Malosses se font un peu plus proches, mais restent peu inquiétants. Un arrêt pour écouter et renifler le pousse à se réorienter un peu plus vers le Nord.

En sautant par-dessus un tas d’éboulis, il tombe soudain sur l’origine des effluves. Gémissant doucement, un Farfuret femelle est adossée à un rocher. Elle semble vraiment mal en point, et notre ami en comprend très vite la raison. La patte droite de la femelle est serrée contre la gauche… ou plutôt ce qu’il en reste, vu que le moignon s’arrête au niveau du coude, et disparaît dans un amalgame de plantes et de boues sanguinolentes. C’est sûrement cette odeur qui a du ameuter les Malosses, mais heureusement, le vent souffle dans l’autre direction, et ils doivent éprouver bien plus de mal que Farfuret à la repérer. Relevant la tête à ce moment, la femelle l’aperçoit proche d’elle. Aussitôt, elle lui demande de l’aide. Elle a entendu le cri des chiens, et se doute bien de ce qui l’attend s’ils la trouvent. Farfuret n’hésite pas. Il s’approche rapidement, et la saisit le plus délicatement qu’il peut dans ses bras. Elle est si maigre, et l’odeur de putréfaction qui émane de sa blessure laisse penser que ça fait quelques jours déjà qu’elle est blessée. Il la sent trembler contre lui, et la chaleur de son corps indique une fièvre puissante. Il n’y a pas de temps à perdre. Il y a longtemps, il a appris de Steve les baies qui guérissent, et à faire des cataplasmes avec les herbes sauvages. C’est l’occasion de mettre en application ces connaissances. Mais d’abord, il faut mettre la femelle en sécurité. Atteindre son abri par la voie normale, en escaladant, ne sera pas possible avec elle dans les bras. Mais en passant par au-dessus, et en descendant prudemment la pente d’éboulis, il devrait y arriver, même si ça rallonge le chemin. Il se met en marche, mettant à nouveau aux oubliettes sa prudence habituelle. Elle essaye de retenir ses gémissement quand il exécute des mouvements trop violents, mais avec peu de succès. Il ose à peine imaginer ce qu’elle a pu endurer jusqu’à parvenir ici. Et il ne veut même pas penser à ce qui serait arrivé s’il n’avait pas senti la fragrance dans l’air.

Gravissant une étroite corniche, il arrive enfin au-dessus de son repaire. Reste à descendre la pente très raide et traître. Ce qui représente une excellente défense face à ses ennemis devient du coup un ralentissement rageant pour la survie de la femelle. Deux fois il manque de chuter quand un caillou se dérobe sous ses pieds, et ne doit son rétablissement in extremis qu’à ses jambes bien entraînées. Quand enfin il peut déposer son fardeau sur la couche sous les racines, il s’aperçoit qu’elle évanouie. Sans attendre, il court vers les réserves de baies qu’il lui reste et en ramène le plus possible. Il dépose le tout sur quelques feuilles propres qu’il avait cueillies avant de partir, et les broie rapidement. Il soulève la tête de l’autre, la réveillant, et lui verse doucement la mixture dans la bouche. Elle avale petit à petit, et semble reprendre un tout petit peu de forces. Alors il continue, lui faisant ingérer l’ensemble de la préparation. Quand il a finit, elle respire un peu mieux et semble plus consciente de son entourage. Elle n’a même plus la force de parler, mes ses yeux transmettent sa reconnaissance. Il lui fait rapidement comprendre qu’il va s’occuper de son pansement et qu’il doit sortir pour cela. Elle acquiesce mollement, et ferme les yeux tandis qu’il la recouche. Sa respiration reste sifflante, mais elle est plus régulière. Il sort, et se dirige vers les bosquets de saules près du grand ruisseau. L’écorce de ces arbres peut aider à combattre la fièvre. Il lui semble avoir vu des digitales dans les clairières environnantes, et il part à leur recherche. Et enfin, il remonte le long d’un ruisseau encaissé, vers une petite plaque d’argile dont il s’était déjà servi pour soigner quelques coupures suite à une mauvaise chute. Son butin assemblé, il repart vite retrouver la femelle. Elle ne semble pas avoir réussi à s’endormir, et a recommencé à se tenir fortement son moignon. Malheureusement, il n’a rien pour l’aider à calmer la douleur.

Il réduit l’écorce de saule en poudre, et se sert de la coque d’une baie pour la mélanger à de l’eau. Il fait boire l’ensemble à la blessée, qui ne semble guère apprécier le goût. Il ne lui reste plus que la partie la plus difficile, et sûrement celle qui sera la plus douloureuse. Il va devoir retirer le pansement qu’elle avait bricolé, et nettoyer au mieux les chairs à vif avant d’appliquer le cataplasme d’argile et de digitale. Il lui présente d’avance ses excuses, et elle l’encourage d’un signe de tête avant de fermer les yeux et de serrer les dents. Prenant son inspiration, il commence à arracher avec ses griffes la boue à moitié séchées. Au fur et à mesure de l’opération, elle ne parvient plus à retenir ses hurlements de douleur, qui déchirent le silence de la nuit et qui laissent dans la mémoire des Pokémon réveillés un souvenir sinistre désormais impérissable. La lune commence à décroitre quand enfin il repose le moignon sur une couche qu’il a nettoyée du mieux qu’il pouvait. Il s’empresse de jeter ce qu’il a nettoyé à l’extérieur, prenant note de l’enterrer plus tard. Il a été obligé d’enlever une petite partie des chairs abimées, et a constaté que l’os de l’avant-bras s’était brisé juste après l’articulation du coude. Les chairs ont l’air d’avoir été sectionnées par un instrument grossier. Quand il lui pose la question, elle lui répond que c’était contre un éclat de rocher très dentelé. Il a retiré le bout d’os de l’avant bras qui restait, et s’est vu obligé de couper avec ses griffes aiguisées quelques ligaments encore accrochés, déclenchant un hurlement strident. Mais grâce à ça, il a pu refermer la plaie grossièrement avant de l’envelopper dans la digitale et de fermer le tout avec l’argile. Maintenant, à part changer régulièrement le pansement et laver la plaie, il ne pouvait plus rien faire. Elle va sûrement devoir rester alitée longtemps, si elle survit, et il lui faudra beaucoup de nourriture et d’eau, et surement d’autres mixtures de saule. Pour quelques, il va devoir sacrifier ses promenades digestives nocturnes, après ses chasses. Mais pour l’heure, il doit aller lui chercher à boire, se nettoyer soigneusement les griffes et chercher rapidement quelques baies pour lui pour se nourrir. Bientôt l’aube va arriver, et il sent la fatigue le gagner après cette nuit éprouvante.
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