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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 5
Nom de l'œuvre : L'Ombre par sept [Concours été 2012] Nom du chapitre : L'Ombre par sept (5/7)
Écrit par Whitewolf Chapitre publié le : 8/8/2012 à 23:24
Œuvre lue 7029 fois Dernière édition le : 8/8/2012 à 23:24
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L'ombre de la nuit s'approche d'un arbre un peu isolé. Farfuret leva les yeux pour vérifier que le nid et ses occupants étaient toujours présents, puis il se retourne et fait un signe. La femelle s'avance à son tour, suivie par trois petits Farfurets. Le premier a une petite marque blanche sur la joue, résultat d'une cicatrice qu'il a récoltée en dévalant la pente sous le repaire. Il est aventureux et fort de caractère, tandis que son frère et sa sœur sont plus réservés. Ils sont nés au tut début du printemps. Ca fait deux ans que Farfuret a sauvé et recueilli la femelle, et elle a décidé de rester avec lui pour quelques temps. Les Farfurets ne forment pas de couples à vie généralement, mais les unions durent souvent parfois plusieurs années. De plus, elle doit s'habituer à son handicap, qui limite ses capacités de chasse et de défense, et la vallée fertile est un excellent endroit pour se refaire une santé. Malgré son bras manquant, elle est forte et les jeunes Pokémon ont vite appris à lui obéir promptement. Mais elle respecte profondément son compagnon et elle l'accompagne dans ses chasses. Aujourd'hui, c'est l'heure de l'initiation pour les jeunes.

Ils se sont entraînés à grimper sur les arbres autour de la souche depuis quelques semaines, et sont désormais assez aguerris pour suivre leurs parents à l'escalade. Farfuret commence sa progression et, après quelques passes, invite ses enfants à le suivre silencieusement. Il dépasse la branche qui abrite le nid, car en progressant dessus, il prend le risque de réveiller prématurément les Roucools. Il avance lentement sur une branche épaisse qui surplombe sa proie suivi par ses enfants. La petite femelle est la plus craintive et elle hésite souvent à retirer ses griffes quand elle sent que sa situation est instable, mais sa mère qui suit à son rythme, en s'aidant beaucoup plus de ses jambes, et la pousse à continuer. Finalement le groupe s'arrête sur l'ordre silencieux du chef de famille, qui est à l'aplomb du nid. La stratégie est la suivante. Le père va sauter sur les oiseaux pour les effrayer et profiter du désarroi qui suivra immédiatement leur réveil pour faucher un œuf, et redescendre vite en se laissant glisser le long du tronc et en contrôlant la descente avec ses griffes. Les jeunes doivent le suivre sans essayer de s'emparer du deuxième œuf. Aujourd'hui, ce sont les techniques d'approche et de fuite qui seront à apprendre.

Farfuret regarde une dernière fois son petit groupe, et hoche la tête. Il s’élance soudain et atterrit à côté de la femelle Roucool en poussant un cri aigu. Aussitôt les deux oiseaux se mettent à battre frénétiquement des ailes et s'éveillant et se redressent affolés. Farfuret en profite pour chaparder d'un geste vif un des œufs ainsi révélés, tandis que les trois jeunes atterrissent autour du nid, ajoutant à la panique et la confusion des Roucools. A ce moment, Farfuret pousse un deuxième cri pour sonner le départ, et il saute sur les branches inférieures, avant de courir vers le tronc et d'entamer sa descente rapide. A ce moment, les oiseaux qui commencent à retrouver leurs esprits se lancent à l'assaut du groupe fuyard. La poursuite dure à peine deux minutes, car les voleurs se réfugient vite sous le couvert des buissons et des rochers de la vallée et disparaissent dans les ténèbres familières de la nuit. Quand Farfuret se retourne pour vérifier l'état de ses troupes, il voit que la petite femelle est effrayée par le combat et s'est réfugiée contre sa mère, qui la porte avec son bras valide. Au contraire, ses deux frères ont l'air très excités. Le petit avec la cicatrice ramène même un trophée de poids, brandissant fièrement le deuxième œuf au bout de ses bras. Son père le félicite d'une caresse sur la tête. Les trois jeunes reçoivent comme récompense les deux fruits du larcin qu'ils se partagent avec gourmandise, sous le regard un peu attendri de leurs parents.

La suite de la nuit se passe plus tranquillement, entre la recherche de baies pour compléter le repas et les jeux des petits Farfurets, qui retrouvent avec une joie visible leurs petits amis Evoli au bord du ruisseau. Les deux couples de parents, quant à eux, montent une veille vigilante. Les Malosses ont vu leur nombre croître, et leur agressivité avec. Les plus hardis ont recommencé des incursions dans l'Ouest de la vallée, et les combats ont repris avec rage. Cette meute agit de façon très violente, chassant et tuant parfois juste pour le plaisir, laissant pourrir des cadavres à peine entamés. Attirés par l'odeur, les Cornèbres et les Rattatas ont commencé à arriver plus nombreux, perturbant l'équilibre tranquille de la vallée. Récemment un combat titanesque a vu s'affronter Noctali et Aquali face aux trois Démolosses chefs de la meute. La petite clairière qui a servi d'arène a été complètement dévastée, mais les chiens sont repartis sérieusement défaits, boitant et gémissant. Cela a permis de gagner une paix provisoire, mais le danger continue de rôder. Les Roucarnages se sont lancés dans la chasse aux jeunes Malosses qui font l'erreur de se croire en sécurité alors que le jour n'a pas fini de tomber et que les derniers rayons du soleil suffisent à la vue incroyablement perçante des rois des airs. Même si ça a permis de limiter la croissance de la meute, ça a aussi décuplé leur violence. La vallée s'apprête à connaître des heures difficiles jusqu'au prochain hiver.

Farfuret chasse ces pensées en secouant la tête. La nuit est calme ce soir, et les jeunes ont réussi leur première chasse. Il regarde, attendri, leur mère les laver dans l'eau du torrent malgré leurs protestations vigoureuses. Malgré son handicap, elle est très adroite et même le plus vigoureux de ses enfants n'a guère de chance de lui échapper. Elle a passé plusieurs semaines alitée, extrêmement faible, soumise aux soins attentifs de Farfuret. Finalement, la fièvre est tombée, et l'infection ne s'est pas étendue. La cicatrisation a été longue, en partie parce que, pendant don sommeil, elle grattait inconsciemment la plaie et s'écorchait régulièrement. L'apprentissage a été douloureux aussi, elle se cognait souvent le moignon contre les roches ou les arbres. Puis elle a recommencé à se sentir plus assurée en grimpant, et à compenser son manque d'équilibre quand elle courait. Ils chassaient ensemble, elle distrayant les oiseaux et lui raflant vivement les œufs. Puis, un jour, elle avait commencé à jouer avec lui et à badiner, réveillant un vieil instinct. Trois œufs avaient suivi ces moments de gaieté. Elle lui a raconté comment l'accident était arrivé : elle s'était attaquée à nid de Doduo, mais elle avait sous-estimé la vitesse de ces Pokémon. L'un d'eux l'avait rattrapée, et au cours de l'affrontement, il lui avait écrasé le bras sur un rocher tranchant avec ses pattes puissantes, puis estimant son adversaire hors de combat, il était reparti. Depuis, elle s'était traînée de plus en difficilement, délirant peu à peu à cause de la fièvre, jusqu'à ce qu'il la trouve alors qu'elle avait abandonné tout espoir.

Un petit cri amusé le ramène au présent. Les deux frères Farfuret se sont lancés dans un concours de roulades avec les deux petits Evoli et cela semble bien amuser les deux mères, qui les font rouler à coup de pattes ou de queue. Noctali s'approche de lui pour faire le point sur la menace Malosse. Il lui raconte que les Noarfang lui ont dit que les Malosses semblent avoir des soucis de hiérarchie, la défaite contre eux ayant affaibli leur domination. La meute est pour le moment éclatée, et certains groupes vont jusqu'à se battre férocement entre eux. Ca ne durera sûrement pas, mais pour le moment, le calme est rétabli. Les Roucarnage ont décimé en quelques attaques la quasi totalité des plus jeunes Malosses. Mais ce problème est préoccupant, et Noctali envisage, à terme, de quitter la vallée si les chiens sauvages continuent de s'y développer.

Farfuret hésite. Il n'a pas envie de quitter cette vallée. Il sait que sa compagne et ses enfants finiront sûrement par partir, mais il commence doucement à décliner et il n'a plus le goût du voyage. Il a vu tellement de routes dans sa vie que désormais la tranquillité, même relative actuellement, de la vallée lui est chère. Lorsqu'il est arrivé ici, par la voie des airs, il a été conquis, et le paysage lui a rappelé cette quête d'éloignement des hommes au début de sa vie. De toute façon, il n'est pas du genre à appréhender trop en avance sa vie, et le problème Malosse ne reste pour le moment qu'une gêne ponctuelle. Il rappelle sa famille, car l'aube approche, et ils rentrent tous pour leurs rêveries nocturnes sous le large espace creusé au pied de la fidèle souche.
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