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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 12
Nom de l'œuvre : Nouvelles Histoires du Mordz Nom du chapitre : [Episode 11] : Espoirs
Écrit par zucchina Chapitre publié le : 4/3/2013 à 23:29
Œuvre lue 13522 fois Dernière édition le : 12/3/2016 à 18:09
Elvish tira une bouffée de sa cigarette. Voilà des mois qu'il n'avait plus touché au tabac. Mais revenir dans ce quartier avait ravivé en lui des souvenirs, dont certains étaient particulièrement douloureux. Une petite clope aidait à avaler ça, un peu comme pour faire passer du mauvais café... Last Home Hill était le nom poétique que les locaux avaient donné à cet endroit. Le nom de mentait pas. Ce quartier était souvent la dernière demeure de ceux qui s'y retrouvaient. Au sens propre comme au sens figuré. Quand vous échouez à Last Home, c'est que votre vie est foutue et que vous n'avez nulle part ailleurs où aller. Si le quartier Sud était considéré comme le district le moins sûr de Might City, cette colline avait longtemps été le repaire de la team Biker. A l'époque, nombreux polordiens auraient préféré déménager en enfer qu'ici. Aujourd'hui, il n'y avait plus grand chose à craindre. Tout était délabré et laissé à l'abandon. Last Home, une ville fantôme dans la ville...
En proie à ses pensées, Elvish parcourait la grande porte coulissante en tôle des yeux. Elle était ornée d'une fresque représentant des motards filant sur une route vers le soleil couchant. Art de rue. Il n'aurait pas su dire qui avait peint ça là. Sans doute un sympathisant au mouvement des bikers. Ou un mec qui devait du fric à izno... Il porta sa main à sa poche, envoya voler sa cigarette d'une pichenette, sortit de son pantalon une petite clé tout ce qu'il y a de plus banale, et se pencha pour déverrouiller la porte. Ce faisant, il eut un frisson. Il n'aurait pas su déterminer si c'était de l'excitation ou une forme d'angoisse. Il soupira, et souleva d'un ample mouvement de bras la porte de garage. Rien n'avait bougé.
A l'époque où les bikers terrorisaient la Polordie, les membres du gang ne pouvaient pas se permettre d'avoir un véritable foyer, les Gardiens en auraient profité pour les coincer. De fait, la plupart avaient une sorte de planque, qui servait à la fois de "maison" personnelle et de garage. Elvish occupait celui-ci. Il fit quelques pas entre le lit de camp toujours défait et les meubles divers recouverts de poussière, puis porta sa main sur la selle de sa moto. Sa vieille bécane était toujours là. Il resta songeur un moment. Un an s'était écoulé depuis qu'il l'avait enfourchée pour la dernière fois. Il jeta un œil autour de lui, et aperçut son vieux blouson en cuir. Sobre, n'indiquant en rien l'appartenance à sa bande. Il n'aimait pas vraiment les fioritures. Il l'enfila: on était encore en hiver, et rouler vers le désert sans protection s'apparenterait à un suicide. Pressé comme il l'était, il n'avait pas pensé à s'habiller. Il se remercia d'avoir laissé ce blouson là, dans le temps. Enfin il sortit de sa poche une nouvelle clé, et grimpa. Tout en allumant le contact, il ne peut s'empêcher de sourire en retrouvant la tête de raton laveur visiblement enragé qui ornait son guidon. Une erreur de jeunesse, se dit-il. Et il démarra, non sans fermer son "garage" en agrippant la corde qui permettait de rabattre la porte au vol. "Et c'est reparti pour l'aventure". Il mit cap vers l'Est, en espérant que ses jours passent sous de meilleurs auspices.

Bouh grogna. Cela faisait trois minutes qu'il poireautait dans le froid, en train de soutenir au mieux la gamine que lui avait confiée Elvish. Pika, si sa mémoire était bonne. Une des têtes de la mafia de Dsch. Cela importait peu. Visiblement elle avait été violée et grièvement blessée à plusieurs endroits. Il l'avait donc amenée chez une personne de confiance. Mais celle-ci semblait absente. Il appuya encore une fois sur la sonnette, et sans modération. Il s'apprêta à presser le bouton une dernière fois lorsque la porte s'ouvrit. Il tomba nez à nez avec une jeune femme. Plutôt jolie, du reste, elle semblait relativement énergique. Ceci dit, ce n'était pas la personne que Bouh s'attendait à trouver ici.
"Ça va, je ne suis pas sourde, j'étais en train de manger une glace en méditant sur le fait que tous les hommes sont des salauds. Vous êtes d'accord avec moi hein? - lança-t-elle, n'ayant visiblement pas remarqué la petite Pika.
- Euh si vous le dites...
- Vous avez intérêt! Je déteste les mecs. Il faudrait les enfermer et les forcer à tricoter des bonnets! Ça leur apprendrait la vie! - répliqua-t-elle en s'empourprant.
- Je vois, mais euh... Rassurez moi, vous n'êtes pas Fleurytank? Parce que si c'est toi Fleury, t'aurais pu me dire que t'avais décidé de te faire opérer...
- Fleurytank? Jamais entendu parler. A moins que ce ne soit le charmant monsieur qui habitait ici avant. Il m'a échangé sa maison contre un abonnement à Filles TV... Hé mais... Qu'est-ce que vous tenez là? Mais... C'est une femme... Vous l'avez battu? Vous êtes un monstre! Salaud! - se mit à lui crier en pleine tête la jeune femme.
- Non je...
- Et vous vouliez la violer avec votre ami Fleury pour assouvir votre instinct primaire d'esclavagiste sexuel? Vous êtes horrible! Partez avant que je hurle!
- Mais...
- Barrez-vous, ordure! - hurla-t-elle d'un ton strident."
Bouh décida donc de s'exécuter, en se retenant de sourire à l'idée de voir Fleurytank essayer d'avoir un contact sexuel avec une fille. Rien à tirer de cette hystérique. Il essaya de faire marcher Pika quelques mètres, vers sa voiture. Mais avant qu'il ait pu faire deux pas, l'autre le harangua avec violence. "Et laissez cette pauvre petite ici! Ne comptez pas sur moi pour cautionner vos abominations!" lui lança-t-elle. Elle lui fonça dessus, arracha littéralement Pika qui s'accrochait alors faiblement à son bras droit et l'emmena chez elle, nous sans lui crier en claquant la porte: "Et vous entendrez parler de moi! Foi de Coconut!". "Bah, au moins, elle est casée", se dit-il en repartant. Drôle de nana. Elle ne le laissait pas indifférent, en tous cas. Il démarra en silence, direction la Caserne.

La terre et la poussière giclèrent sous l'impact. Hell resta un moment sans bouger, sa pioche à la main. Il la souleva à nouveau avant que le surveillant ne décide qu'il n'allait pas assez vite. Il maudit Elvish et les Gardiens en maugréant. Le Camp Rouge. En apparence un chantier destiné à créer un canal inutile entre le Lac Rouge, seul point d'eau du désert, et un bassin artificiel à quelques kilomètres de là. En réalité, une solide entreprise de démolition qui s'attaquait jour après jour à tout ce qui faisait de vous un être humain. Contrairement au désert, où l'on lâchait les condamnés changés en cactus, les camps accueillaient toutes sortes de patates: angis, démonis, patates de couleurs variées... Ici étaient parqués les plus graves criminels et les prisonniers politiques. Il y en avait peu, maintenant, du reste. Might s'était calmé. Mais il s'en foutait. Il était là à creuser un canal avec une pioche, loin de tout ce qui lui était cher... Il frappa à nouveau le sol avec son instrument. Deux jours qu'il était là, et il n'en pouvait déjà plus. Soudain, le surveillant, perché sur une pile de cailloux et équipé d'un porte-voix, appela les prisonniers. Ce n'était pas le même que la dernière fois.
"Salut mes chéris, c'est l'heure d'aller manger! On pose sa pioche dans la remise et on va vite à notre fabuleuse cantine! Les trainards ne mangeront pas. Et ceux qui se battent ne viendront pas dans mon lit! - lança le surveillant à la cantonade.
- Dans son lit? - ne peut s'empêcher de lâcher Hell tout bas."
La patate à côté de lui se tourna lentement vers lui, façon zombi, et porta un regard sans vie où perçait de l'étonnement, sur lui.
"Ouais, c'est Toch. - maugréa l'autre. Il prend des mecs dans sa chambre, le soir, de temps en temps. Il est gay et disons... Très démonstratif.
- Ah... Flippant...
- Pas tant que ça. Y'a que des mecs ici. C'est une alternative si tu veux pas passer le restant de tes jours avec ta main droite... Parce que tu sortiras jamais d'ici, imprime bien."
Tout en se rendant à la cantine, Hell repensa à ce que son compagnon d'infortune venait de lui dire. "Tu sortiras jamais d'ici"... Il prenait les paris. Le Camp Rouge était en fait un immense domaine entouré de plusieurs rangées de barbelés, de miradors, de mines antipersonnel... Bref, le programme habituel. Mais c'était tellement grand qu'on pouvait très facilement échapper à la vigilance des surveillants, avec un peu d'habileté. Si les prisonniers étaient tous regroupés et supervisés en permanence, il y avait sûrement un moyen de quitter le groupe. Et d'essayer de trouver un moyen de se tirer une fois seul. Il passa le seuil de la cantine, et l'affreuse odeur de la nourriture douteuse du camp lui donna un haut le cœur. Il ne sut pas pourquoi, il passa à Illyria. Et l'imagina aux côtés de Matteo. Il ne put réprimer un hurlement de douleur et de rage.

Le Secteur 44, bien que situé dans le quartier Sud, était plutôt paisible, même la nuit. Les angis de Dsch y veillaient, en général. Galopa était chez elle, songeuse. Elle pensait à sa mission, et à Elvish, aussi. Ce démoni l'intriguait. Elle en était sans doute tombée amoureuse, du reste. Et cet idiot n'avait rien trouvé de mieux à faire que de disparaître. Que ce soit dans le cadre de sa mission ou celui de ses sentiments, ça ne lui facilitait pas la tâche. Il faudrait qu'elle le retrouve. Mais pas ce soir. La jeune démoni s'apprêtait à boire un café, lorsqu'elle se rendit compte qu'elle n'avait plus de sucre. "Bah, c'est une bonne occasion pour rencontrer ses voisins", se dit-elle. Galopa savait que de nouveaux locataires avaient investi l'appartement voisin. Un jeune couple, d'après Bulbi, le concierge. Elle frappa à la porte, et une jeune fille lui ouvrit la porte.
"Bonjooooooour ma jolie! Moi c'est Watson. Ou Watsounette, comme tu veux! Fleury! Viens voir! C'est la voisine! - dit-elle joyeusement en lui bondissant presque dessus.
- Attends, y'a le best-of de Queers sur Filles TV! Ca n'attend pas ces choses-là! - répondit une voix à l'intérieur.
- Fleury a raison... Entre ma chérie, entre! On va s'éclater ce soir entre filles!"
Pour une raison qui lui échappait, Watson avait appuyé sur le mot fille. Elle n'avait pas pu en placer une. Galopa suivit donc Watsounette chez elle. Tout était rose ou édulcoré, à tel point que la démoni en eut presque la nausée. Elle découvrit alors une autre "fille", une idole, allongée en pyjama bleu pâle sur un canapé rose fluo. Très joli. Maquillée à outrance, Fleury était probablement un homme, en réalité. On voyait des poils de moustache mal rasés poindre çà et là. "Mais où je suis?", songea Galopa... "Alors là, c'est Fleury, il habite chez moi parce qu'il est abonné à Filles TV. Moi c'est Watson, ma maison a brûlé, alors j'ai dû déménager dans ce somptueux appartement. Et là, c'est Iwambo. Il est trop bôôôôôô.", poursuivit-elle sur un ton un rien agaçant. Elle avait désigné un pot de fleur contenant un ficus de belle taille.
"Vous donnez des noms à vos pots de fleurs? - s'enquit-elle.
- Ce n'est pas un pot de fleur ordinaire, - lui répondit Watson - c'est Iwambo!
- Euh... Ok... Et vous auriez du sucre? J'en aurai besoin pour mon café... - demanda timidement Galopa.
- Le café c'est mauvais pour la santé ma chérie! Ce soir, tu restes avec nous! On va s'éclater en mangeant des chamallows et en regardant l'intégrale de la première saison des Bisounours! Fleury va te prêter un pyjama!"
Watson l'entraîna vers le fin fond de l'appartement en riant. Elle soupira. La soirée s'annonçait longue.

Monsieur L et Monsieur H toisaient Kamina, attaché à une lourde armoire. Ils l'avaient ramené au QG de la Mafia Angi, groupe monté par Monsieur H. On pouvait lire dans ses yeux qu'il sentait que ça allait mal se passer pour lui. Il ne croyait pas si bien dire. En Warzie, Monsieur L avait longtemps milité pour l'interdiction de la torture. Mais il n'était pas en Warzie. Et ça tombait bien, Monsieur H avait chez lui de quoi s'occuper des gens peu enclins à parler. Mais il se tourna d'abord vers Monsieur H.
"Au fait, tu m'as dit que tu avais envoyé des tocards attaquer Elvish... J'ai pas bien compris... Pourquoi? Personne ne t'en a donné l'ordre, il me semble...
- Disons que... I wanted to test him. Je voulais see s’il n'avait pas lose tout sa puissance."
Monsieur L acquiesça. Cela lui convenait, même si il n'était pas sûr qu'il s'agisse de l'explication complète... Peu importait pour l'instant. Il s'empara d'un fer chauffé à blanc, et s'accroupit devant Kamina.
"Alors, mon ami, tu refuses de nous dire qui t'envoie? Il eut été préférable que tu te montrasses plus coopératif tu ne crois pas?
- Mais putain, je sais rien! J'vous jure les gars! - hurla-t-il, paniqué.
- Ouais, tu l'as déjà dit ça, before. We don't care. - reprit Monsieur H - We, on veut savoir qui a monté votre bande de badass... Et qui est le fifth guy qui était avec vous. On a retrouvé un cinquième hat.
- Je... Je sais pas...
- On va refresh you la mémoire... - coupa Dsch."
La patate bleue trancha les liens de Kamina, et avant qu'il ait le temps de réagir, le plaqua contre un mur, et lui baissa le pantalon. Monsieur L appliqua alors le fer chauffé sur les fesses nues de Kamina, qui se mit à hurler. L'odeur de porc grillé et le bruit étaient insupportables...

Matteo se frotta les mains. L'heure était venue de récolter les fruits de son plan. D'abord, mettre Hell hors course. Ensuite, prouver à Illyria que ce n'était qu'un monstrueux criminel. Et enfin séduire la belle. Tout était parfait. Ou presque. Seul restait un point noir. Un point noir du nom d'Elvish. Il avait eu beau le chercher, impossible de remettre la main dessus. Il poussa la porte de la salle de repos. Elle y était, comme prévu. Elle était toujours là à cette heure-là. Sous son bras, il tenait la preuve.
"Salut - fit-elle, d'un ton triste et sec.
- Bonjour. J'ai quelque chose... Pour toi."
Elle le regarda et esquissa un petit sourire fatigué. "Oh. Et qu'est-ce que c'est?", s'enquit-elle. Matteo jeta alors le dossier Dark Ganon sur la table, où était accoudée Illyria. "Il y a quelques mois, un certain Dark Ganon, je pense que tu le connais, a été sauvagement immolé par brûlure par un assassin inconnu. Le sale meurtre. L'enquête patinait. Et tu sais quoi? J'ai trouvé le coupable. J'ai un témoin. Et avec un mandat que Digi doit me délivrer sous peu, j'aurai bientôt une preuve imparable." Il avait prononcé ses mains d'un ton conquérant, et s'était approché de quelques pas. Illyria parcourait lentement le dossier des yeux. Bouche bée. Chaque ligne, elle semblait plus inquiète, plus tourmentée. Et puis l'anxiété fit place à des larmes. Matteo n'aurait su dire si elle était triste ou en colère de ce qu'elle venait de découvrir. Ou les deux. Il s'en moquait. Il s'assit près d'elle et passa son bras autour de ses épaules.

Le Cacophone était de retour à Might City. Il avait passé un jour ou deux dans les bois, à chasser et à jouer avec les cadavres d'animaux qu'il tuait pour le plaisir. Et puis il avait, au cœur des bois de Lund, ressenti comme une sorte d'appel. Il s'était alors souvenu que du temps où on l'appelait lil_j, il avait rencontré une jeune fille, et lui avait promis qu'il serait là pour elle. Il contemplait ce reliquat de sentiment avec fascination. Lui, Restless Dream, avait un jour fait preuve de compassion? Cela dépassait l'entendement. Mais cette jeune fille était en danger, il le sentait. Et il ne pouvait pas se l'expliquer, mais il se sentait attiré. Il hésitait entre quelque chose de vague, que les gens appellent le sens du devoir, et la curiosité de découvrir le goût que devait avoir cette charmante jeune fille. Fascinant, vraiment.

En pleine réunion dans l'obscur salon du Fort des Aiglons, la conjuration était en plein débat lorsque le téléphone de DarkGloom sonna. Il décrocha. "Il est prêt." Le grand démon sourit à pleine dents, et lança à ses acolytes: "Mes amis, notre problème n'en sera bientôt plus un!". Tous approuvèrent dans un murmure. Tous, sauf un Eagle, planté à la fenêtre, qui semblait perdu dans ses pensées. Il n'en prit pas ombrage. Il avait l'habitude. Il but une gorgée de whisky, et la réunion reprit de plus belle.
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