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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 4
Nom de l'œuvre : Orphée et la vengeance du Darkrai (concours mythe) Nom du chapitre : Toreador
Écrit par Polux999 Chapitre publié le : 19/12/2015 à 20:28
Œuvre lue 5267 fois Dernière édition le : 30/12/2015 à 20:52
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Orphée, Pijako et Tarpaud arrivèrent en Crète à la fin de la journée. Le bateau se posa doucement sur la plage. En descendant du voilier, le jeune homme regarda autour de lui. La plage était très étroite, et l'horizon était coupé par de gigantesques falaises noires. Levant la tête, il réfléchit à voix haute :
-Je suppose que les habitants vivent en haut. Ces falaises sont vraiment lugubres. Vous êtes prêts ?
Les deux pokémon sortirent du bateau en riant. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés Pijako et Tarpaud n'arrêtaient pas de se raconter des blagues, qu'Orphée trouvait trop souvent centées sur les humains. Il ne pensait pas que son espèce pouvait procurer autant de fous rires. Pijako se posa sur son épaule, et Tarpaud à sa droite.
-Allons-y Orphée, s'exclama l'oiseau, on est prêt, c'est quand tu veux !
-C'est moi qui vous attendais, je te signale, rétorqua le jeune homme.
Les deux pokémon pouffèrent de rire. Orphée en eut assez. Il déposa Pijako sur le sable et leurs dit :
-Vous savez quoi ? Je peux me débrouiller seul. Attendez-moi ici, d'accord ?
-Tu es sûr Orphée ? Demanda Tarpaud. Eoko est très timide, il ne se montre que rarement.
-Oui, répondit Orphée, ne t'inquiète pas, je saurais l'attirer avec mon chant. Et puis vous m'avez bien dit qu'il aimait se promener dans les cimetières, je n'ai donc qu'à en trouver un et à l'attendre. Ça ne prendra que la nuit.
Les deux pokémon se regardèrent et pouffèrent une nouvelle fois. Pijako ajouta :
-Comme tu veux, Orphée, à tout à l'heure !
Et ils se rassirent dans le bateau, reprenant leurs blagues. Orphée soupira de soulagement et partit en direction des falaises. Il se dit que si les pokémon n'étaient pas censés parler, c'est qu'il y avait une raison en fin de compte.

Au pied de la falaise, le jeune homme fit glisser sa main sur la pierre, à la recherche d'une entaille sur laquelle prendre appui et commencer son ascension. La falaise était si noire qu'il était impossible de voir à l’œil nu sa consistance. Finalement, il trouva un rebord et commença à grimper. Il lui fallut une heure entière pour gravir l'immense falaise. Durant la montée, il eut l'impression d'entendre un bruit. C'était ténu, mais bien présent. Orphée essaya de ne pas y réfléchir, il avait peur de tomber. Il se dit que ce devait être le vent et arriva au sommet. Essoufflé, il s'assit dans l'herbe jaune et sèche et regarda le paysage. De gigantesques champs de blés parsemaient les collines, et au loin, il apercevait les portes de la ville. Portes qu'il remarqua ouvertes. Avec pleins de soldats en sortant. Orphée écarquilla les yeux. Ces soldats venaient vers lui ! Et d'après leur armement, ils ne venaient clairement pas en paix. Orphée se retourna mais se souvint qu'il était au bord de la falaise. Il vit alors au loin sur sa droite un très grand bateau aux voiles noires entrer dans un passage entre les falaises. Il comprit alors son erreur. Les soldats ne se dirigeaient pas vers lui comme il l'avait pensé, mais vers le bateau, dont la crique circulaire était invisible depuis sa position.
-Oh non, j'ai grimpé pour rien, se lamenta le jeune homme. Bon du calme Orphée, s'il y a un bateau, c'est qu'il y a un port. J'ai juste à y aller et à demander où se trouve le cimetière le plus proche. C'est simple comme bonjour ! Et au moins je n'aurai pas à redescendre par la falaise. Allez en route !
Alors qu'il marchait vers le port en suivant du regard les voiles noires, il sentit que quelque chose n'allait pas. Pourquoi les soldats couraient-ils vers le bateau ? Y avait-il un danger à bord? C'est sur ces réflexions qu'Orphée arriva enfin au dessus de la crique. En contrebas, au pied des falaises, un nombre impressionnant de soldats attendait, au garde à vous. Orphée décida de se tapir en haut de la falaise. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu'il valait peut-être mieux passer inaperçu. Il observa la scène. Du bateau sortirent une douzaine de jeunes hommes et femmes, tous le visage grave. En file indienne, ils suivaient le couloir formé par les soldats droit jusqu'à la ville. Soudain, un des jeunes hommes imita le cri d'un étouraptor. Aussitôt, tous les jeunes coururent dans tous les sens, cherchant à s'échapper. Les soldats, surpris, mirent quelques secondes à réaliser ce qu'il se passait. Mais très vite, l'un d'eux leur aboya des ordres et ils se mirent tous en chasse des jeunes.
Orphée regardait tout ça depuis le haut de la falaise. C'était fascinant. Mais soudain, il remarqua que certains jeunes avaient remonté la falaise et se rapprochaient de lui, les soldats à leurs trousses.
-Oh non, flûte ! Je dois filer d'ici !
Il s'enfuit dans les champs de blé. Mais la montée de tout à l'heure lui avait lessivé les jambes. Fatigués, ses pieds s'emmêlèrent et il tomba au sol. Il entendit alors de nouveau le bruit étrange. Cette fois-ci, il arrivait à mieux le distinguer. Ce n'était pas un bruit, c'était une phrase.
-Pars, pars vite ! Soufflait la voix.
Orphée se ressaisit et se releva. Mais à peine il eut levé la tête au-dessus du blé qu'une voix l'interpella :
-Et toi ! Arrête-toi tout de suite !
Orphée leva les mains en l'air, pour montrer qu'il n'était pas dangereux. Les soldats le plaquèrent au sol et lui ligotèrent les mains dans le dos. L'un d'eux, un gros bonhomme au visage rougeaud, se mit à rire grassement :
-Alors mon gaillard, tu croyais pouvoir échapper à un crétois ? Vous les athéniens êtes vraiment trop sûrs de vous.
-Quoi ? Athénien ? Non, s'exclama Orphée, je suis de Thrace, je n'ai rien à voir avec Athènes, c'est une méprise !
Le soldat rit encore plus fort.
-Tu nous prends vraiment pour des idiots ma parole ! Allez, debout, tu rentres comme les autres !

Orphée fut ramené au port, où d'autres jeunes avaient été capturés. Les soldats les comptèrent, et voyant que le compte était bon, les amenèrent tout droit jusqu'à la ville. Orphée essaya d'expliquer aux soldats qui il était, mais aucun d'eux ne les écoutait. Les autres jeunes essayèrent même de l'aider, disant qu'ils ne l'avaient jamais vu, mais leur intervention ne fit que faire rire les soldats. Sur le chemin, l'un des jeunes garçons lui chuchota à l'oreille :
-Ne t'inquiète pas, notre prince s'est glissé parmi nous sur le bateau avant le départ, il a réussi à s'échapper, il va nous délivrer.
Orphée chuchota à son tour :
-Mais qu'est-ce qui se passe ? Je ne comprend rien.
-Nous sommes des sacrifices. Le roi de cette île, Minos, a perdu une bataille contre notre cité. Depuis, il exige qu'Athènes livre chaque année de jeunes athéniens.
Orphée fronça les sourcils.
-Je ne comprend pas, s'il a perdu la bataille, comment peut-il exiger des sacrifices ?
Le jeune homme devint livide.
-Tu n'es vraiment pas au courant ? Minos est le fils des dieux ! Lorsqu'il est monté au pouvoir, Poséidon le dieu Tentacruel lui-même a fait apparaître un tauros blanc à sa demande. S'il le voulait, Minos pourrait invoquer les dieux pour détruire notre cité !
-Mais, votre ville n'a-t-elle pas la protection d'Athéna ? Demanda Orphée.
-La Noarfang ne répond plus à nos appels depuis que l'une des nôtres a couché avec Poséidon dans son temple. Elle l'a transformée en monstre, mi-femme mi-abo. On ne peut pas lutter, le seul moyen serait de tuer Minos. C'est ce que notre prince va essayer de faire. Aie confiance.
Orphée grommela :
-De toute manière, je ne peux rien faire d'autre.

Ils arrivèrent aux portes du palais de la ville. A l'intérieur, un homme imposant d'âge mur et à la barbe blanche les toisait.
-Misérables athéniens, vous avez essayé de vous échapper ! Moi, Minos, je vous le ferai payer. D'habitude, je laisse une nuit de répit aux prisonniers avant d'entrer dans le labyrinthe, mais pour vous, il n'y aura pas de repos ! Vous y entrerez maintenant !
Et il se mit à rire. Les athéniens commencèrent à trembler de peur. Orphée regarda autour de lui. Le fameux prince n'avait pas l'air là. Décidant qu'il en avait assez, il avança vers le roi.
-Votre majesté, expliqua-t-il, vos soldats ont fait une erreur. Je ne suis pas athénien, mais thracien. Je venais sur votre île à la rech...
-Silence ! Rugit Minos. Comment oses-tu t'adresser à moi avorton !
-Père, arrêtez, il essaie de dire quelque chose.
Orphée tourna la tête. Une jeune femme au longs cheveux bruns bouclés était entrée dans la pièce. Elle s'approcha d'Orphée et lui murmura :
-Je sais que vous dîtes la vérité. Le prince Thésée est caché dans ma chambre. Je le ferai entrer dans le labyrinthe cette nuit après vous, tenez bon jusque là.
-Ariane ! Rugit le roi. Arrête tout de suite ! Ce prisonnier n'essaie que de sauver sa vie. Repars dans ta chambre, tu y resteras consignée toute la nuit !
La jeune femme retint un rire. Elle se força à reprendre une expression neutre et obéit à son père. Minos fit alors signe aux gardes de le suivre. Orphée et les autres furent traînés de force dans tout le palais, jusque dans les sous-sols.
-Tremblez athéniens, voici l'entrée du labyrinthe ! Annonça Minos d'une voix qui se voulait théâtrale.
Les prisonniers gémirent. Orphée leva les yeux au ciel. Il demanda alors :
-Et pourquoi on devrait trembler devant un labyrinthe, votre majesté ?
Tout le monde le regarda choqué.
-Quoi, tu ne connais donc pas mon labyrinthe ? Rugit Minos.
Orphée resta impassible.
-Non, vous vous rappelez, je ne suis pas d'ici, je viens de Thrace et il y a une énorm...
-Silence ! Cria le roi. Puisque tu as l'air d'être un attardé, je vais t'expliquer. Ici repose le terrible Minotaure, moitié homme, moitié tauros. Vous allez être jetés en pâture à ce monstre. Alors effrayé maintenant ?
Le roi fut déçu. Sa réplique avait l'air de ne faire ni chaud ni froid au prisonnier. Vexé, il ordonna aux soldats d'ouvrir la trappe dans le sol.
-Maintenant, jetez-les à l'intérieur, bwahahahahahah !

-Vous allez bien ? Demanda Orphée aux autres prisonniers.
-Oui, répondit le jeune homme de tout à l'heure, qu'est-ce qu'on fait ?
Orphée les regarda à la lumière de la torche accrochée au mur. D'après leurs visages, ils ne semblaient pas du tout quoi faire. Ayant de la peine, il décida de les aider.
-Suivez-moi, on reste ensemble, et on essaie de trouver une sortie.
-Mais il n'y a pas de sortie, c'est le principe de ce labyrinthe. On est piégé, à la merci du Minotaure.
Comme pour confirmer ses dires, un rugissement se fit entendre. Les athéniens se recroquevillèrent, gémissant de peur. Orphée regarda autour d'eux. Les murs étaient totalement lisses, et plusieurs dizaines de mètres devaient les séparer de la surface. A ce rythme là, la torche s'éteindrait d'ici une heure environ. Il s'accroupit au sol et commença à chercher quelque chose. Les autres le regardèrent, étonnés.
-Mais tu fais quoi ? Osa demander l'un d'eux.
-Je cherche un caillou, ou quoique ce soit pour me défendre. Vous ne voulez pas vivre ?
-On va attendre que notre prince arrive. Thésée saura quoi faire, il sait toujours quoi faire.
Orphée soupira. Ce n'étaient que des enfants apeurés. Il n'osa pas leurs dire ce qu'il pensait de ce Thésée. À ses yeux, leur prince devait sûrement s'amuser comme un fou avec la fille du roi et ne devait certainement pas penser à eux. Alors qu'il cherchait au sol, il aperçut soudain une vieille lyre dans un coin. La prenant dans les mains, il remarqua qu'elle était plutôt usée. Il ne restait plus qu'une seule corde à son arc.
-Étrange, se dit Orphée, j'étais sûr qu'il n'y avait rien à cet endroit il n'y a pas deux minutes. J'ai dû mal voir.
Il revint auprès des autres, et commença à jouer de la lyre, pour les rassurer.
-Sous le soleil du matin dans la brise douce, la fileuse transforme le lin en belle mousse. C'est la mer qui tousse, c'est l'écume du matin.
Malgré qu'il n'y ait qu'une seule corde, Orphée parvint à calmer tous les athéniens. Alors, il leur parla calmement :
-Vous allez me suivre, et nous allons chercher une sortie. Entendu ?
Ils hochèrent de la tête. Orphée prit la torche, et tous ensemble ils s'aventurèrent dans le labyrinthe.

Après plusieurs tours et détours, Orphée se rendit à l'évidence : ils étaient perdus. Il avait pourtant mémorisé chaque bifurcation qu'ils avaient pris, mais le labyrinthe était tellement grand qu'il avait fini par tout se mélanger. Derrière lui, les autres commençaient à s'inquiéter. La sérénité qu'Orphée leur avait apporté commençait à s'étioler. Soudain, Orphée aperçut un peu de lumière au bout du couloir.
-Regardez, une sortie !
Ils se ruèrent vers la source de lumière, mais en arrivant, Orphée faillit faire tomber la torche. La lumière provenait d'une interstice dans le plafond, plafond qu'il reconnaissait très bien puisqu'il s'agissait de la trappe par laquelle ils étaient arrivés. Orphée avait tourné en rond. Les autres jeunes commencèrent à gémir et à pleurer.
-On est fini, on va tous mourir.
Orphée commença à s'énerver. Il allait répliquer que non lorsqu'un rugissement s'éleva et lui fit tomber la torche qui s'éteignit. Les athéniens crièrent de peur. Orphée chercha au sol à tâtons et ramassa la torche qu'il ralluma à l'aide de deux pierres trouvées en chemin. Au moment où la torche s'enflamma, un visage de tauros apparut devant lui, son mufle soufflant de la buée dans ses yeux. Les athéniens hurlèrent de frayeur. Ils coururent dans tous les sens et s'enfuirent dans le labyrinthe.
-Non, attendez, vous allez vous perdre !
Mais c'était peine perdue. Orphée resta bien droit, n'osant pas bouger devant le monstre. La bête était immobile, et si son souffle n'était pas aussi fort, Orphée aurait pu croire à une statue. Le Minotaure fit alors quelque chose de très surprenant. Il tendit la main vers la lyre. Orphée regarda et donna l'instrument, n'osant pas parler. Le minotaure la prit dans les mains et l'approcha de son oreille de pokémon. Il tira sur la corde doucement.
-Bonjour, dit le jeune homme, je m'appelle Orphée. Tu as un nom ?
La bête souffla fort puis ouvrit la gueule.
-Astérion.
Orphée n'en revenait pas. Le monstre pouvait parler ! Il continua la conversation.
-Peux-tu nous aider à sortir d'ici ? Ou tu comptes nous dévorer un par un ?
Astérion le regarda longuement puis se retourna. Il se mit à marcher droit devant lui. Orphée le suivit, sans un mot.

Le Minotaure amena Orphée jusque dans une petite salle, contenant une paillasse ainsi que ce qui ressemblait vaguement à une table. Il montra à Orphée une grosse pierre. Le jeune homme s'y assit et attendit que le Minotaure s'installe.
-Astérion, peux-tu m'expliquer ce qu'il se passe ? Pourquoi vis-tu ici ?
La bête s'assit et tira sur la corde de la lyre.
-Je ne suis pas un monstre, comme tout le monde le dit. Je n'ai jamais mangé personne, Minos est un menteur !
Orphée n'en revenait pas.
-Pourquoi Minos te garde enfermé ici ?
-Parce que je suis la preuve.
Orphée ne comprit pas. Astérion s'expliqua :
-Je suis la preuve que Minos n'est pas aimé des dieux. Lorsque son père est mort, Minos ne pouvait pas monter sur le trône parce qu'il n'avait pas d'enfants. Mais il a convaincu tout le monde en disant que les dieux le chérissaient et exauçaient tous ses désirs. Il a alors imploré Poséidon de lui offrir un tauros blanc. Le dieu le lui a accordé, car à l'époque Crète était en guerre contre Athènes et lui-même était en rivalité avec Athéna. Tout le monde a cru les paroles de Minos, et il est devenu roi. Mais Minos a abusé de Poséidon. Au lieu de rendre le tauros blanc au dieu, il l'a gardé et transformé en attraction pour les gens de la ville. Poséidon fut furieux. Il jeta alors un sort sur la femme de Minos pour qu'elle tombe amoureuse du tauros. Cela marcha si bien qu'elle en eut un enfant, un monstre. Moi.
-Tu n'es pas un monstre, se défendit Orphée. Tu n'es qu'une victime innocente. Je comprend maintenant. Minos t'a caché ici pour que personne ne sache que tu es la punition des dieux. Et il se sert de toi pour effrayer toute la Grèce. Il faut l'arrêter.
Astérion tira encore sur la corde de la lyre.
-Et comment ? Je ne peux pas sortir d'ici, la sortie est trop petite pour moi, mes cornes ne passent pas.
-La sortie ? Demanda Orphée. Il y a donc bien une sortie ?
-Oui, répondit Astérion, il y en a même plein. Le labyrinthe fait la taille de toute l'île, il y a des fissures partout dans les falaises et même sous les champs de blé.
Orphée réalisa soudain :
-C'était toi l'étrange voix que j'entendais ! Tu essayais de me prévenir !
-Oui, et c'est aussi moi qui ait laissé traîner la lyre, pour que tu calmes les autres.
Orphée tendit la main vers le géant :
-Astérion, aide-moi à retrouver les autres, et je t'aiderai à sortir d'ici. Je t'en donne ma parole.
Le monstre le regarda de ses yeux noirs d'animal, et laissa couler une larme.
-Merci, Orphée.

Avec l'aide d'Astérion, se diriger dans le labyrinthe était beaucoup plus simple. Le fils de tauros avait passé toute sa vie dans le dédale, et en connaissait les moindres recoins. Très vite, ils retrouvèrent tous les athéniens un par un, recroquevillés et gémissant dans un recoin. Finalement, quand le compte fut atteint, Astérion les guida jusque vers une sortie dans la falaise.
-On tourne encore à droite et on y est, expliqua-t-il. C'est en hauteur, il faudra s'accrocher à la paroi.
-Merci Astérion. Tu nous sauves la vie. Dès que je suis sorti, je fonce chercher une pelle pour agrandir le trou et tu seras enfin libre.
Ils allaient tourner à droite quand soudain un homme surgit.
-Me voilà mes fidèles sujets je viens à votre rescousse !
Les athéniens hurlèrent de joie.
-Thésée ! Nous savions que tu viendrais nous sauver !
Le prince, un jeune homme aux tâches de rousseur et au corps fin et musclé, défia Astérion en pointant une épée.
-Arrière monstre, laisse mes sujets tranquille !
Astérion regarda Orphée.
-Tu savais qu'il viendrait ? Tu m'as tendu un piège ?
-Quoi ? Non, non pas du tout, je te jure ! S'écria Orphée.
Le minotaure souffla de colère. Rugissant, il s'élança sur Thésée. Le prince l'esquiva de justesse puis planta son épée dans la tête du monstre.
-Non ! Cria Orphée.
Mais il était trop tard. Tout le monde applaudit le prince, qui s'inclinait. Orphée s'approcha du corps inerte. Les larmes aux yeux, il baissa les paupières du cadavre encore chaud. Il ne fit pas attention aux autres derrière lui, en train de partir suivre Thésée et un étrange fil doré sur le sol. Orphée prit le corps sans vie à deux mains et le tira jusqu'à la sortie dans la falaise. Là, il tordit le cou de la bête pour faire passer le corps puis le fit tomber dans le vide. Ensuite il sortit lui-même et descendit de la falaise. Arrivé en bas, il creusa dans la terre et enterra son nouvel ami. Enfin, il prit la vieille lyre délabrée, et chanta :
-Sous le soleil du matin dans la brise douce, la fileuse transforme le lin en belle mousse. C'est la mer qui tousse, c'est l'écume du matin. Visage de tauros et cœur d'homme, Astérion est enfin libre et peut piquer un somme. Dors Astérion, dors mon nouvel ami, et écoute la nature qui tousse jour et nuit.
Un étrange bruit se fit entendre, comme un carillon. Orphée leva la tête. Un éoko venait d'apparaître.
-Musicien, tes paroles sont douces et belles. Je suis Eoko.
Orphée laissa couler ses larmes.
-Bonsoir Eoko. Je te cherchais.
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