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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 5
Nom de l'œuvre : Orphée et la vengeance du Darkrai (concours mythe) Nom du chapitre : Stairway to heaven
Écrit par Polux999 Chapitre publié le : 20/12/2015 à 00:49
Œuvre lue 5383 fois Dernière édition le : 30/12/2015 à 21:02
-Ça y est, regardez là-bas ! On arrive en Thrace !
Orphée ne tenait plus en place. Il rentrait enfin à la maison. Il allait enfin réveiller Eurydice. Le trajet en bateau avait été très long. Eole ne les avait pas aidé cette fois-ci et il leurs avait fallu six longues semaines pour revenir par la mer, sans compter les brèves escales pour se réapprovisionner. Durant la traversée, Eoko, qui au grand soulagement d'Orphée n'aimait pas blaguer sans arrêt, avait monté avec Pijako et Tarpaud une symphonie capable de réveiller Eurydice. Tous les trois avaient ensuite appris à Orphée comment jouer sa partie. Quand ils débarquèrent sur la plage, le jeune homme laissa tout derrière lui et courut aussi vite qu'il le pût vers son palais, les trois maîtres à chanter le suivant du mieux qu'ils le pouvaient.
-Ralentis Orphée, s'écria Pijako, ta fiancée peut encore attendre quelques minutes !
-Ça y est, voilà mon palais ! Mère ! Mère je suis rentré !
Orphée déboula dans la demeure. Sa mère accourut en entendant son nom, suivie par Meloetta. Elle serra fort son fils dans ses bras.
-Oh mon chéri, tu es enfin de retour, j'ai cru qu'il t'était arrivé malheur !
-Orphée, félicitations, ajouta la muse. Le sort du Darkrai va pouvoir être brisé !

Ils partirent tous dans la chambre à coucher de la belle endormie. Aussitôt, ils se mirent en place. Les trois pokémon se placèrent d'un coté du lit tandis qu'Orphée se mit de l'autre. Eoko fit tinter sa cloche. Puis, Tarpaud entama de doux croassements. Ensuite ce fut au tour de Pijako qui chantonna de très légers et rapides gazouillis. Enfin, Orphée sortit sa lyre et tira sur les cordes. Il y mit toute son âme, déterminée à réveiller la jeune naïade. La symphonie dura une quinzaine de minutes. Dans le coin de la pièce, la mère du jeune homme et la muse écoutaient en silence, envahies par un sentiment de bien-être. Lorsque la musique fut terminée, tous se penchèrent au-dessus du visage de la jeune femme, scrutant le moindre signe de réveil. Ils restèrent ainsi une bonne minute, quand soudain elle plissa les yeux et les ouvrit doucement.
-Qu'est-ce que … qu'est-ce qui s'est passé ? Ah !
Tout le monde recula d'un coup. Eurydice serra les draps contre elle.
-Mais qu'est-ce que vous faites tous là ? Vous m'avez fichue une de ces frousses !
Orphée éclata de rire. Les larmes aux yeux, il la prit dans ses bras et serra très fort. Puis, il lui murmura à l'oreille :
-Oh, comme tu m'as manquée, je t'aime tant.

Ils se marièrent le jour même au pied levé. Puis, ils invitèrent tous les paysans aux alentours pour un grand banquet. Toute la nuit, ils dansèrent, encore et encore, Orphée ne lui lâchant jamais la main. Eurydice s'en moqua :
-Enfin Orphée, tu ne vas pas tenir éternellement ma main ! Regarde, elle devient toute poisseuse.
Le jeune homme rougit.
-Tu as raison, mais j'ai tellement cru que je t'avais perdue, j'ai peur que ça ne se reproduise.
-Ne t'inquiète pas, répondit-elle en prenant son visage dans ses mains, il n'y a plus rien qui puisse nous séparer. Maintenant va t'amuser avec les autres, moi je dois aller me changer, j'ai horriblement chaud dans cette robe.
-Tu reviens vite ? Demanda Orphée.
Eurydice déposa un baiser sur ses lèvres.
-Avant même que tu ne puisses dire ouf.
Et elle sortit de la grande salle.

Après qu'elle se soit changée, Eurydice décida de repartir au banquet en faisant le tour du palais. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas y retourner, mais elle n'avait tellement pas l'habitude de tout ce bruit et cette foule. Dans sa rivière, tout était beaucoup plus calme, et les petits bruits de la nature lui manquaient. Elle longea donc l'enceinte du palais jouxtant la forêt. C'est alors qu'elle entendit un étrange bruit, comme un sifflement. Intriguée, elle s'approcha du bruit, ne voyant rien. Soudain, un abo surgit des broussailles et la mordit à la cheville. Eurydice cria de douleur puis s'effondra au sol. Dans l'obscurité de la forêt, deux yeux bleus apparurent. Le petit abo se tortilla de douleur, puis un jet de vapeur noire sortit de son corps. Soulagé, il repartit d'où il venait, se demandant ce qu'il pouvait bien faire aussi près d'une habitation humaine. Les deux yeux disparurent alors dans les arbres, avec un ricanement menaçant.

Lorsque cela fit une vingtaine de minutes qu'Eurydice était partie, Orphée commença à s'inquiéter. Pourquoi mettait-elle autant de temps ? Tarpaud, qui chantait avec lui depuis tout à l'heure, le rassura :
-Ne t'inquiète pas, tu connais les demoiselles, toujours hésitantes quand il s'agit de s'habiller.
-Non, pas elle, pas mon Eurydice, répondit le jeune homme. Restez là, je vais voir où elle est.
Il posa sa lyre et partit dans la chambre de la jeune femme. Sur place, il vit qu'elle s'était bien changée. Pourtant il aurait dû la croiser sur le chemin. Intrigué, il décida de faire le tour du palais. Il sortit et commença à longer la bâtisse. C'est alors qu'il la vit, étendue au sol. Hurlant son nom, il courut jusqu'à elle.
-Oh mon dieu, Eurydice, que s'est-il passé ?
Il la retourna et vit son teint blafard. Pressentant le pire, il posa son oreille sur sa poitrine. Il n'entendit rien. Refusant d'y croire, il prit son pouls au poignet. Encore rien. Il prit le pouls à son cou. Toujours rien. Dans un ultime espoir impossible, il l'embrassa. Mais là encore, aucune réponse. Orphée hurla au ciel, pleurant toutes ses larmes. Les invités du banquet entendirent son cri et arrêtèrent de danser. Tout le monde accourut. Quand elle le vit et comprit sur quoi pleurait son filleul, Meloetta s'approcha dans un geste de réconfort. Orphée la poussa violemment en arrière.
-Non ! Tout est de ta faute ! Je t'interdis de l'approcher !
La muse sentit les larmes monter.
-J-je suis désolé, Orphée, j-je ne pensais pas que le Darkrai irait jusque là.
Sa mère s'approcha à son tour, prudemment. Elle posa une main sur son épaule.
-Orphée, il n'y a plus rien à faire. Eurydice est aux Enfers maintenant. C'est fini.
Le jeune homme s'arrêta de pleurer. Il fixait le visage de sa femme pétrifié par la surprise de sa mort. Sans lever la tête, il se mit à parler d'une voix neutre, glaciale :
-Non, ce n'est pas fini. Je la ramènerai. J'irai chez les morts et la ramènerai, quitte à y laisser la vie.

A l'aube, Orphée prit sa besace et y inséra sa lyre. Il sortit du palais sans un regard en arrière. Il était déterminé comme jamais pour retrouver Eurydice. Sa mère avait essayé de l'en dissuader, mais en voyant le regard sombre de son fils, elle comprit qu'il ne fallait pas insister. Meloetta avait disparu durant la nuit. Même la mère d'Orphée ignorait où elle était passée. Le jeune homme n'en avait absolument rien à faire. Alors qu'il s'engageait sur le chemin, il entendit des voix l'appeler.
-Hé Orphée ! Attends-nous !
Il se retourna et vit les trois maîtres à chanter accourir vers lui, essoufflés.
-Laisse-nous t'accompagner, dit Pijako. On pourra t'aider.
-Ah oui ? Répondit Orphée. Et comment ?
-Et bien, par exemple, tu sais comment aller aux Enfers ? Parce que moi oui ! Rétorqua Eoko.
-Et moi je sais quels dangers t'attendent là-bas, ajouta Tarpaud.
-Et puis en plus, on va quand même pas laisser ce Darkrai de pacotille réduire à néant tout notre travail ! S'écria Pijako.
Orphée sourit.
-Merci les amis, ça fait chaud au cœur.
Pijako se posa sur l'épaule du jeune homme. Eoko se plaça à sa gauche, et Tarpaud à sa droite.
-Allez, en route mauvaise troupe !

Orphée suivit les indications d'Eoko. Le petit pokémon lui expliqua qu'il existait une caverne loin, très loin au sud en Laconie, région méridionale du Péloponnèse. Pour y aller, Orphée reprit le même trajet qu'il avait fait lors de son voyage la première fois, en longeant la côte jusqu'au sud. Au bout de plusieurs semaines, il passa dans le village où il avait rencontré Hercule. Orphée se demanda ce qu'il était devenu et s'il avait réussi tous ses travaux. Durant le chemin, les trois maîtres à chanter firent tout pour faire rire leur ami. Ils arrêtèrent les blagues sur les humains, ne se plaignirent pas une seule fois, et chantèrent à tue-tête plein de chansons paillardes toutes aussi drôles les unes que les autres. Finalement, ils arrivèrent en Laconie, au cap de Ténare. La falaise luttait contre un vent violent et une mer déchaînée. Les alentours étaient désert, sans aucune végétation, comme si elle refusait de pousser autour de ce lieu. À son bout, un étrange escalier en pierre noire s'enfonçait dans le sol. Orphée n'eut pas besoin d'Eoko pour comprendre que c'était là. L'entrée des Enfers. Serrant sa lyre contre lui, il s'engouffra dans la caverne, sans s'apercevoir qu'une ombre s'était ajoutée silencieusement à la sienne.

C'était très étrange : il faisait à l'intérieur un noir d'encre, pourtant Orphée arrivait à savoir où il se dirigeait. Il entendit soudain un bruit d'eau. Tarpaud chuchota :
-C'est le Styx, le fleuve frontière. Nous allons devoir le traverser. Mais c'est étrange, normalement avant on devrait rencontrer le …
-Roaaaaaaaaaaaaar !
-... Cerbère, finit Tarpaud en déglutissant.
Un feu jaillit de nulle part et alluma des torches suspendues de part et d'autres de la caverne. Orphée le vit alors : un gigantesque démolosse, aussi grand que trois hommes, le regardant de ses yeux rouges maléfiques. Sous ses pattes, Orphée voyait une petite sortie sur une très large rivière au courant puissant.
-Que faites-vous ici, vivants ? Rugit le Cerbère. Vous êtes trop pressés de mourir ? Ahahah !
Il ressouffla un puissant jet de flammes. Eoko et Pijako se serrèrent contre Orphée, apeurés. Le jeune homme prit la parole :
-Bonjour Cerbère, je suis désolé de te déranger. Je souhaiterais rencontrer ton maître, Hadès. J'ai une faveur à lui demander.
Le monstre rit de tous ses crocs.
-Ah, ah, ah ! Toi, misérable mortel tu veux parler au grand dieu Hadès ?! Hors de question, mon maître n'a pas de temps à perdre avec de stupides petits mortels. Cela fait longtemps que je n'ai pas mangé d'humains, ils sont pourtant si délicieux. As-tu une dernière parole ?
Orphée s'apprêtait à dire quelque chose quand Tarpaud s'avança devant lui. D'une belle voix, il commença à émettre de merveilleux croassements. Le Cerbère fut très surpris. Puis il commença à se sentir bercé par la musique. Tarpaud fit alors signe aux autres de continuer leur route. Sur la pointe des pieds, Orphée marcha sous les pattes du démolosse, Pijako et Eoko toujours contre lui, et Tarpaud terminant la marche. Alors qu'ils étaient presque arrivés, la cloche d'Eoko tinta d'un son aigu.
-Oups, pardon, chuchota-t-il.
Le monstre sortit de sa transe d'un coup et grogna de fureur. Orphée courut à toutes jambes. Tarpaud lança un puissant jet d'eau sur le démolosse qui recula de douleur. Le maître à chanter rattrapa alors les autres, le Cerbère derrière eux. Au moment où ils arrivèrent de l'autre coté, le monstre lança un grand jet de flammes. Pijako sortit des bras d'Orphée et vint se moquer :
-Alors comme ça on est trop gros pour passer par une petite porte ? Ahahah, qu'il est beau le gardien des Enfers !
-Pijako, arrête, tu vas nous attirer des ennuis, répondit Orphée.
-Oh, regardez là-bas, quelque chose arrive, souffla Eoko.
Tous se turent et scrutèrent dans le brouillard. Un séracrawl nageait dans l'eau, silencieusement. Il arriva jusque devant Orphée.
-Vous avez votre obole ? Demanda-t-il.
Orphée se maudit intérieurement. Il avait complètement oublié cette maudite pièce nécessaire au passage vers les Enfers. Pourtant il en avait mis une lui-même dans la bouche d'Eurydice ! Alors qu'il réfléchissait à quoi faire, Pijako prit les devants.
-Charon, c'est bien toi ?
Le séracrawl plissa les yeux.
-On se connait l'oiseau ?
-Quoi tu ne me reconnais pas ? S'indigna Pijako. C'est moi, tu sais, moi ! Oh attends il faut que je te raconte tout ce qui m'est arrivé depuis la dernière fois !
-Mais j...
-Alors attends voilà, tu te souviens de Déflaisan, elle venait de se marier avec …..
Orphée, Tarpaud et Eoko pouffèrent en silence. Le plus doucement possible, ils se posèrent sur le dos de Charon qui, complètement obnubilé par l'incroyable histoire de Pijako, prit la route pour l'autre coté du Styx. Lorsqu'il y arriva, Orphée et les autres descendirent tout aussi doucement.
-... Et c'est comme ça que j'ai mangé une formidable tarte pêcha. Bon, allez je te dérange pas plus j'y vais, passe le bonjour à toute la famille !
-Mais, je suis pourtant sûr de ne pas te connaitre ! S'exclama Charon.
Orphée et ses amis détalèrent aussi vite qu'ils le purent avant que le séracrawl ne réalise qu'il les avait fait traverser. Lorsqu'ils furent assez loin, ils s'autorisèrent enfin à exploser de rire.
-Oh mon dieu, réussit à dire Orphée entre deux rires, Pijako tu es vraiment le meilleur !
L'oiseau fit gonfler ses plumes de fierté.
-Oh, tu sais, je n'y suis pour rien si j'ai une vie aussi passionnante.
Ils rirent encore plus. C'est alors qu'un grand coup de vent les surprit. Un gigantesque oiseau descendait vers eux. Orphée le reconnut. C'était une vaututrice, l'une des célèbres Harpies des Enfers. D'une voix rocailleuse, elle lui dit :
-Monte humain, Hadès t'attend !
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