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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 1
Nom de l'œuvre : Le duc, le prêtre, le bourgeois et leurs ombres Nom du chapitre : Une éxécution royale
Écrit par Polux999 Chapitre publié le : 18/6/2017 à 19:56
Œuvre lue 1777 fois Dernière édition le : 18/6/2017 à 20:05
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De Monsieur Jean-Baptiste Leufevrie
A destination de Madame Eloïse Leufevrie
Le 14 Pyridor de l’an 10, Illumis

Ma chère Eloïse,

J’ai de grandes choses à te raconter depuis mon arrivée à Illumis. Tout d’abord, sache que le voyage depuis Flusselles s’est très bien passé, malgré le monde entassé dans cette si petite diligence. Ne mens pas, je t’ai vue retenir un sourire lors du départ. Tu as dû bien t’amuser, à m’imaginer serré comme une froussardine entre ces gigantesques soldats chantant à tue-tête la batisquaise. Et bien tu avais raison, ils ont été extrêmement bruyant. Mais, contre toute attente, ils se sont montrés très courtois avec moi, et m’ont même offert à boire. Ahah je suis sûr que tu dois rire de plus belle maintenant. C’est vrai que je ne suis pas quelqu’un de très porté sur la boisson, ou la fête en général, mais puisque je pars pour un événement historique, autant le célébrer comme il se doit !

Je disais donc, j’ai de grandes choses à te raconter. La cérémonie, ou devrais-je dire l’exécution, a été incroyable. Dire que tu pensais que je serais le seul provincial à venir à la capitale, tu ne pouvais pas avoir plus tort. Si seulement tu avais vu, les rues étaient bondées de gens venant de tout le pays pour assister à la mise à mort de Florgespierre. Je n’ai pas pu me faufiler jusqu’aux premiers rangs devant l’estrade, mais je crois que c’est tant mieux, après tout la vue du sang m’a toujours incommodé. Mais je te parle de moi alors que tu veux les détails. Et bien les voici :

Alors que la foule s’impatientait, des trompettes se sont mises à retentir. Tout le monde s’est retourné dans la direction de la musique, à l’entrée de l’avenue floréal. Le cortège s’est mis en branle. C’était un chariot doré tiré par quatre galopa, suivi par deux colonnes de soldats révolutionnaires dressant fièrement leurs baïonnettes vers les cieux. Encore derrière, un autre chariot, mais d’argent cette fois-ci, tiré par des zéblitz noirs et blancs. Ils ont dû les importer tout droit d’Unys, je ne crois pas qu’il en existe de par chez nous. Puis, encore un cortège de soldats et enfin, le clou du spectacle, un chariot de bronze retenu par des ponyta, et sur lequel siégeait le condamné. Oui Eloïse, je l’ai vu, en chair et en os : Florgespierre, le Scalpeur, grand meneur de la Révolution et instigateur de l’Horreur. Lorsqu’il est passé devant nous, tout le monde l’a hué. Mais il semblait ne pas le remarquer. On aura beau dire ce que l’on voudra, cet homme sera resté digne et élégant jusqu’à la fin.

Lorsque son chariot atteignit l’estrade de la place centrale, les soldats l’entourant l’escortèrent jusque devant la structure en bois. Il escalada les marches solennellement, le dos droit. Lorsqu’il atteignit le sommet, il s’arrêta pendant quelques instants, avant de reprendre son élan. D’après certaines personnes avec qui j’ai pu en discuter plus tard, et qui étaient plus proches que moi du spectacle, il semblerait qu’il ait écarquillé les yeux et que sa peau soit devenue blafarde en voyant le pokémon qui se chargerait de sa mise à mort. C’était son propre scalproie, celui avec lequel il avait condamné d’innombrables personnes durant son court mais terrible règne. La justice a vraiment un sens de l’humour étrange.

D’une dignité semblable à celle d’un roi, il déposa sa tête sur le billot, et regarda son ancien pokémon droit dans les yeux. Le suspense ne fut pas long, après tout, ce scalproie avait été dressé pour une seule chose : décapiter toute tête frôlant le billot. En un éclair, il brandit sa faux lui servant de bras, et l’abattit dans un bruit sec sur la nuque de son ancien maitre. La tête atterrit au sol et roula lentement. Il y eut quelques secondes de silence. Puis tout le monde hurla de joie. L’Horreur était enfin terminée.

Après cela je fus plus ou moins de force emmené dans une auberge pour boire à ce grand moment. Les soldats de la diligence, qui avaient participé au cortège, m’ont tout raconté depuis leur point de vue. Ils sont un peu vantards si tu veux mon avis, mais ils ont clairement un bon fond. Mais le plus dingue arrive après. Alors que, épuisé par toute une nuit de beuverie (tu ne m’as jamais vu autant boire, et crois-moi, il est hors de question que je recommence de sitôt), je rentrais à mon hôtel lorsque soudain j’aperçus un jeune enfant accroupi contre un mur en train de pleurer. Il avait l’air très sale, recouvert de suie et les pieds nus. Tu me connais, j’ai toujours été charitable, même ivre. Je me suis donc approché aussi doucement que j’ai pu (je crois rétrospectivement que je tanguais beaucoup) et lui ai demandé s’il avait besoin d’aide. Il a reniflé aussi fort qu’un polarhume et m’a demandé si j’avais une petite pièce.

Aussitôt j’ai sorti ma bourse, tout charitable que je suis. Mais à peine avais-je réussi à en démêler les cordons qu’il me poussa en arrière, s’empara de ma bourse et s’enfuit en riant. D’abord surpris, je suis resté le cul dans la boue, à essayer de comprendre ce qui s’était passé. Puis, réalisant que je venais de me faire détrousser, je m’élançai à sa poursuite. Mais à cause de l’alcool, il me fallut plusieurs minutes pour me remettre sur mes jambes et il était trop tard. Je suis alors rentré à mon hôtel, pestant comme une moufouette contre cet enfant voleur.

Tu crois que j’en ai fini ? Oh que non car le plus incroyable reste à venir. Le lendemain, je me suis tout de suite rendu au commissariat pour parler aux gendarmes de ma bourse volée. Mais quand j’arrivai, je les découvris en pleine discussion avec, tu ne devineras jamais : Guillaume Leumime ! Tu te souviens de lui n’est-ce pas ? Je l’avais invité à notre mariage. C’est mon ami d’enfance, le grand gaillard un peu rougeaud et à la barbe fournie qui avait dansé avec ta sœur toute la soirée. Et bien figure-toi qu’il a fait beaucoup de chemin depuis la dernière fois qu’on l’a vu. Il a créé la toute première manufacture de pokéballs du pays. Il s’est inspiré de ces étranges ateliers unysiens regroupant d’innombrables ouvriers et en a construit une juste à côté de chez nous, à Romant-sous-bois.

Lorsqu’il m’a aperçu, il m’a pris dans ses bras pour me claquer la bise. Il n’a pas du tout changé, quoique un peu plus joufflu peut-être, mais avec la barbe c’est dur d’être sûr, mais peu importe. Tout content qu’il était, il m’emmena de force dans une auberge et me paya à boire pour que l’on parle du bon vieux temps. Après quelques verres, il me révéla alors un secret. Je peux te le dire, parce que d’ici que tu reçoives la lettre, tout le monde dans le pays sera au courant, même toi. Maintenant que Florgespierre est mort, un conseil de hautes gens s’est réuni et a décidé après une longue délibération que le prochain dirigeant devrait être choisi par le peuple. Et plus incroyable encore : Guillaume va se présenter comme candidat !

Il ne sait pas encore qui seront ses adversaires, mais il sait déjà qu’il aura le soutien de plusieurs hauts placés. Je l’ai bien évidemment félicité mais je lui ai demandé s’il n’avait pas peur de se retrouver débordé, entre sa campagne d’élection et sa manufacture. Ce bon Guillaume m’a alors regardé avec une lueur d’amusement et m’a rétorqué, et je cite : "Si tu te crois si malin, aide-moi dans cette élection alors !" J’ai rougi et bredouillé des excuses, ce qui l’a fait éclater de rire. Puis sur un ton sérieux il me refit sa demande. "Vois-tu, m’expliqua-t-il, j’ai besoin de personnes comme toi dans ma campagne. J’ai beau avoir des soutiens, je peux difficilement faire confiance à des gens qui viennent de décapiter leur supérieur. Mais toi, Jean-Baptiste, tu as toujours été franc et idéaliste. Un notaire comme toi me sera fort utile. Alors qu’en dis-tu ?"

Eloïse, je ne sais pas si c’est l’alcool, ou l’émotion, mais j’ai promis que je l’aiderais. Et tu le sais je n’ai qu’une parole. Je t’annonce donc fièrement que ton mari est désormais secrétaire particulier du candidat Guillaume Leumime à la première élection présidentielle de la république de Kalos.

Je t’embrasse, en attendant de pouvoir te revoir.

Ton mari qui t’aime,
Jean-Baptiste.
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