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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 3
Nom de l'œuvre : Le duc, le prêtre, le bourgeois et leurs ombres Nom du chapitre : Des adversaires à double jeu
Écrit par Polux999 Chapitre publié le : 18/6/2017 à 20:00
Œuvre lue 1779 fois Dernière édition le : 18/6/2017 à 20:10
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De Monsieur Jean-Baptiste Leufevrie
A destination de Madame Eloïse Leufevrie
Le 21 mentidor de l’an 10, Illumis

Mon Eloïse,

J’espère que tu te portes bien, ton absence me devient de plus en plus insupportable. Depuis ma dernière lettre, il s’est passé deux trois choses assez bizarres. Déjà, sache que mon instinct était bon. Le lendemain après avoir écrit ma dernière lettre, une femme est venue à notre hôtel. Nous l’avons sentie avant de la voir. Un magnifique parfum avait embaumé la pièce, plus doux et plus sucré que tout ce que tu as pu jamais sentir. Puis elle est entrée. C’était une magnifique femme d’âge mur (je dirais le même âge que toi à peu près). De haute taille, tout était fin chez elle : ses hanches, ses bras, ses mains, et bien sûr son visage. Deux longs yeux en amandes d’un bleu profond, un haut front respirant l’intelligence et un petit nez délicat. Sur ses cheveux cendrés remontés en un gigantesque chignon diablement compliqué reposait un fluvetin endormi, respirant paisiblement.

Mes assistants et moi-même restâmes bouche bée devant cette apparition féérique. Puis Guillaume est sorti de son cabinet et a rompu le charme de sa joie de vivre habituelle. D’un ton plus bourru qu’à l’ordinaire, il lui prit la main pour la baiser et s’exclama : "Tiens donc, voilà-t-y pas qu’une duchesse vient nous rendre visite ! Suivez-moi donc m’dame, je suppose que vous ne venez pas pour faire le tour d’la maison. Jean-Baptiste, accompagne-nous."

Plus tard, Guillaume m’a expliqué qu’il avait fait exprès d’adopter un ton populaire. Il voulait que la duchesse comprenne qu’il représentait le peuple et ne se laisserait pas corrompre. Comme quoi notre ami cache bien son jeu ! Mais je divague, reprenons là où j’en étais.

Nous sommes donc allés tous les trois dans le cabinet de Guillaume. Son cabinet est tout petit, à peine une table et deux chaises peuvent y rentrer. Du coup tu t’en doutes, j’ai laissé la dame s’asseoir. Guillaume s’est installé sur l’autre chaise, et a attendu que la duchesse engage la conversation. Sa voix était étrange, elle parlait doucement, pour ne pas dire murmurait. A cause, ou grâce à cet étrange élocution, chacune de ses syllabes semblait empreinte d’une force mystérieuse.

Duchesse : "Enchanté de vous rencontrer enfin, Monsieur Leumime, j’ai beaucoup entendu parler de vous."
Guillaume : "Et moi donc ! Qui ne connait pas la fabuleuse et merveilleuse duchesse de Batisques, surnommée la Vénus du sud ? Que me vaut l’honneur de votre visite ?"
Duchesse : "Monsieur Leumime, je viens de la part de mon mari, bien entendu. J’ai une … proposition à vous faire."
Guillaume : (sourit d’un air malicieux) "Ah oui ? Malheureusement je suis déjà marié voyez-vous."

Sur le moment, j’ai retenu une exclamation. Comment Guillaume pouvait-il se montrer aussi impoli avec une dame ?! Mais la duchesse se contenta de plisser les yeux. D’amusement ou de mépris, je ne saurais dire.

Duchesse : "Une proposition politique, monsieur Leumime."
Guillaume : "Au temps pour moi alors ahahah ! Je vous écoute."
Duchesse : "Mon mari a remarqué que vous étiez … populaire auprès des citoyens. Il se demandait si, dans le cas où vous songeriez à abandonner la course à l’élection, vous vous porteriez … en sa faveur."

Guillaume leva un sourcil tout et dévoila ses dents blanches. Il avait l’air à la fois surpris et terriblement amusé par la situation.
Guillaume : "Mais madame, vous l’avez dit vous-même, je suis le candidat préféré des citoyens. Pour quelle raison songerais-je à … comment dîtes-vous ? Abandonner la course à l’élection ?"
Duchesse : "Mon mari possède un formidable patrimoine. De plus, en tant que dernier duc du pays, il est le noble le plus haut placé dans la hiérarchie. Ce statut lui confère le pouvoir d’anoblir qui il souhaite. Et nous serions ravis de vous compter parmi notre communauté si … réduite."

Un silence s’installa pendant quelques minutes. Visiblement Guillaume ne s’attendait pas à ça. Et je dois dire que moi non plus. Obtenir un titre de noblesse, tu te rends compte, Eloïse ? Finalement, Guillaume leva la main vers moi. "Jean-Baptiste, dit-il, raccompagne la dame jusqu’à la sortie. Notre discussion est terminée."

La duchesse et moi nous sommes regardés, interloqués. Etait-ce un oui ou un non ? Timidement, je lui ai demandé de se lever et de me suivre. Elle a fixé quelques secondes Guillaume d’un regard énigmatique, puis m’a suivie sans mot dire.

A l’entrée de l’hôtel, elle m’a alors adressé la parole pour la première fois. Je me suis sentie extrêmement gêné et en même temps très honoré, c’était étrange.

Duchesse : "Monsieur Leufrevrie … Pensez-vous que votre employeur puisse … diriger un pays ?"
Moi : "Oh, euh et bien … Entouré des bonnes personnes, oui je le pense."
Duchesse : "… Merci de m’avoir raccompagnée. Au revoir."

Et elle est partie comme ça, toute en légèreté. A ton avis Eloïse, pourquoi m’a-t-elle posé cette question ? Tout ça me laisse songeur. Mais passons, si je continue à m’étaler sur mes questionnements, cette lettre n’en finira jamais !

Donc, après cette étrange rencontre, j’ai voulu parler à Guillaume pour lui demander ce qu’il avait pensé de la duchesse et de sa proposition. Mais il s’était enfermé dans son cabinet, exigeant d’être seul. Diable cette proposition avait vraiment dû le retourner !

Deux jours plus tard, alors que j’étais en train de batailler avec notre imprimeur qui venait soudainement d’augmenter ses tarifs, j’entendis un petit rire familier derrière moi. J’aurais reconnu ce bruit entre mille. C’était le gamin qui m’avait volé à mon arrivée dans la capitale ! Aussitôt je me retourne et le vois en train de danser sur la chaussée pour récolter des pièces. Sentant mon sang se bouillir, j’ai coupé court à la conversation avec l’imprimeur (qui n’en démordait pas, non mais je te jure !) et je me suis élancé vers le gamin.

Lorsque je l’ai hélé, il m’a vu et a explosé de rire avant de s’enfuir en courant. J’avoue, je n’aurais peut-être pas dû l’appeler. Mais j’ai beau avoir presque quarante ans, je reste un homme en bonne condition physique. Et cette fois-ci, je n’étais pas ivre. Je me suis alors lancé à sa poursuite.

Le gamin courait vite, et avait l’avantage de connaitre les rues mieux que moi. Mais au bout de plusieurs minutes à courir dans tous les sens, je réussis à le rattraper au détour d’une ruelle. Je dois te l’avouer, ce n’est pas grâce à mon jeu de jambes. En fait, au même moment, un groupe d’hommes passait par là en sens inverse, et le pauvre enfant leurs est rentré dedans de plein fouet. Ne faisant pas attention à eux, je pris le gamin par le bras et lui ordonnait de me suivre pour qu’on aille au commissariat. Mais l’enfant ne me regardait pas. Il semblait tout simplement terrifié. Je levai alors à mon tour les yeux et ai réalisé dans qui il était rentré. "Par Aze, que vous a donc fait au ciel ce pauvre enfant pour que vous le martyrisiez de la sorte Monsieur … ?"
Je devins tout blanc. Cet homme au visage émacié et aux yeux noirs semblables à des fentes, ce géant dans sa bure toute simple, c’était le Majaspic ! Il était accompagné d’un autre moine et …. De la duchesse de Batisques !
Perdant mes moyens, je lâchai le gamin qui s’enfuit aussi vite qu’un chacripan. Le silence entre nous commençait à se faire sentir, et la duchesse vint finalement à mon secours.

Duchesse : "Mon Père, il s’agit de Monsieur Leufevrie, le … secrétaire particulier de Guillaume Leumime."
Majaspic : "Ah tiens donc ! Un politicien qui harcèle les enfants des rues ! Le monde va bien mal."

Cette fois-ci, je repris mes moyens et lui répondit : "Mon Père, je ne suis pas un politicien, mais un simple notaire aidant un ami. Quant à cet enfant, c’est une crapule qui m’a dépouillé de ma bourse à mon arrivée à Illumis en prétendant avoir besoin d’aide. Je vous demanderai donc de ne pas me juger de la sorte."

Le prêtre ouvrit grand les bras en affichant un sourire bienveillant : "Allons Monsieur, je ne vous jugeais point, je préfère laisser cela à Notre Seigneur. Marchez donc avec nous, voulez-vous ?"
Il me tendit sa main. J’hésitai quoi faire. Guillaume me demanderait-il de le suivre ? Ou au contraire de retourner le voir sur le champ pour lui parler de la duchesse ? Finalement je n’eus pas à choisir. Un grand bruit se fit entendre dans la rue voisine. Tous ensembles, nous nous y dirigeâmes.

Là, juste devant la maison de notre imprimeur, un psystigri saccageait la devanture en poursuivant un rattentif. Les gens tout autour essayaient d’attraper le petit félin, en vain. Le Majaspic s’approcha et leva la main en l’air. De sa pokéball sortit un lainergie plein de vie.

Père Majaspic : "Mesdames, messieurs, veuillez s’il vous plait vous écarter le temps que je règle son affaire à cette vermine des Enfers. Lainergie, cage-éclair !"

Le mouton fit briller sa queue, remplissant sa fourrure d’électricité statique. Puis en un bêlement strident il propulsa l’énergie sur le pauvre psystigri, qui se retrouva figé au sol. Tout le monde applaudit le prêtre qui s’inclina humblement devant la foule. Quant à moi, je m’approchai du petit chat et le prit dans mes bras. Le pauvre n’arrivait plus à bouger sans déclencher une étincelle. Le Majaspic me regarda, amusé.

Majaspic : "Monsieur Leufevrie, votre bonté vous honore, mais ce genre de créatures est un envoyé de l’Ectoplasma. Ne voyez-vous donc pas son regard vide ?"
Moi : "Mon Père, tout ce que je vois est un animal blessé qui souffre. Sur ce, je vous dis au revoir. "

Lui tournant résolument le dos, je partis jusqu’au cabinet de Guillaume. Mais sur le chemin, je sentais les poils de ma nuque se hérisser. Discrètement, je jetai un coup derrière moi. Le prêtre me fixait. Et à partir de ce moment Eloïse, je compris pourquoi tout le monde le surnommait le Majaspic. Son regard était celui d’un serpent : froid, calculateur et cruel.

Dès l’instant où je suis rentré, je parlai à Guillaume de cette entrevue fort incommodante. Guillaume resta songeur un moment, puis finit par me coller une tape dans le dos. "Allons Jean-Baptiste, s’exclama-t-il, tu as bien réagi. Et au moins nous savons à quoi nous en tenir avec la duchesse et le prêtre. Son mari est prêt à tout pour gagner, ce qui signifie que je ne peux lui faire confiance. Quant au Père, quelque chose me dit qu’il n’hésitera pas à se ranger à nos côtés quand il apprendra ce que j’ai découvert aujourd’hui grâce à mes informateurs. "
Moi : "Tu as des informateurs ? Qui donc ? Et qu’as-tu découvert ? "

Le bonhomme posa son doigt sur ses lèvres. "C’est une surprise."

Voilà je n’en sais pas plus. Visiblement Guillaume a un plan derrière la tête et ne veut pas me tenir au courant. Et ce sale gamin qui court encore dans les rues ! Je commence à être fatigué d’Illumis, et j’aimerais rentrer pour être avec toi. Mais une promesse est une promesse et je me dois de la respecter. Je demanderai quand même à Guillaume si je ne peux pas prendre quelques jours de repos, après tout, s’il n’a pas besoin de me dévoiler ses plans, c’est que je ne suis pas si nécessaire que ça, pas vrai ?

Je t’embrasse fort,
Ton mari qui t’aime,
Jean-Baptiste.
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