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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 4
Nom de l'œuvre : Le duc, le prêtre, le bourgeois et leurs ombres Nom du chapitre : Alliances et déshonneur
Écrit par Polux999 Chapitre publié le : 18/6/2017 à 20:01
Œuvre lue 1780 fois Dernière édition le : 18/6/2017 à 20:15
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De Monsieur Jean-Baptiste Leufevrie
A destination de Madame Eloïse Leufevrie
Le 15 voltidor de l’an 10, Illumis


Eloïse, Eloïse,

Cette campagne semble ne pas avoir de fin. Voilà près de trois semaines que je t’ai écrit, et la situation n’a pas beaucoup changé, jusqu’à hier tout du moins. Tu te rappelles que Guillaume avait obtenu je ne sais comment une information qui pourrait faire du Majaspic notre allié ? Et bien j’ai eu beau essayer de le convaincre, le bougre n’a pas tenu à m’en parler pendant des semaines. Par Aze qu’il est têtu quand il s’y met ! Mais peu importe, au final, je sais maintenant de quoi il s’agissait, et d’ici deux ou trois jours tu le sauras aussi. Mais ne tirons pas la charrue avant les bourrinos. Je vais tout te raconter dans l’ordre.

Il y a trois jours avait lieu le premier débat présidentiel, échange durant lequel les candidats débattaient pour convaincre la foule de qui était le mieux à même de diriger. Je ne m’étalerai pas trop sur le débat, vu que tous les journaux du pays vont le retranscrire. D’ailleurs au moment où tu me lis tu dois déjà être au courant. Bref, le débat s’est très bien passé pour nous. Guillaume s’est montré comme un bon-vivant et a réussi à répondre aux critiques qui lui étaient adressées de façon admirable. Le duc de Batisques fut son plus gros adversaire. Du fait de son éducation, il a le verbe facile et a réussi à parler pour ne rien dire tout le long, mais sans que cela ne se ressente. Du coup, aucune des piques que Guillaume ou le Majaspic lui lançait ne l’atteignait. Au contraire, il arrivait à renvoyer la pique vers son envoyeur. Vraiment très fort. Guillaume lui-même a reconnu plus tard qu’il avait sous-estimé le duc. Quant au Majaspic, il eut un peu de mal à tenir le débat. Il faut dire, en tant que serviteur de l’Eglise, son discours est des plus conservateurs et surtout des plus monotones. Si le débat avait eu lieu en province il aurait sans nul doute été soutenu par la foule mais ici, en ville, là où la révolution fut la plus sanglante, les citoyens le voient plus comme un défenseur de l’ancien système que comme un sauveur. Mais il afficha un visage bienveillant tout le long, gardant la tête haute.

Lorsque le débat se termina, je remarquai que Guillaume était en bonne discussion avec le Père. Je n’osais m’approcher, l’homme me mettant toujours mal à l’aise, et attendit qu’ils se séparent pour aller parler à Guillaume. Mais au lieu de rejoindre les siens, le prêtre accompagna Guillaume jusqu’à la diligence. Je restai pantois. Guillaume ne m’avait même pas convié à le suivre. Pourquoi donc ? De quoi pouvaient-ils bien parler que cela nécessite que je sois mis à l’écart ? Je suis quand même son secrétaire particulier, celui qui gère toute sa campagne électorale.

Déçu, je décidai donc de rentrer à pied jusqu’au cabinet. C’est alors qu’une odeur familière emplit mes narines. "Monsieur Leufevrie, puis-je vous parler quelques instants ?"
Moi : "Duchesse, ravi de vous revoir. Votre mari s’est formidablement bien battu."
Duchesse : "Merci beaucoup, il s’est beaucoup entrainé pour l’occasion. Vous n’êtes pas avec … votre ami ?"

Je devins rouge de honte et finis par articuler une réponse.
Moi : "Non, Guillaume souhaitait parler en privé avec le Majasp… Euh je veux dire le père Majestic. "
Soudain je réalisai ce que je venais de dire. J’étais en train de me confier à la femme d’un des adversaires de Guillaume ! M’excusant immédiatement, je pris congé. Mais elle me retint par le bras.

Duchesse : "Monsieur Leufevrie, puis-vous appeler Jean-Baptiste ? J’ai besoin de vous parler d’une chose … urgente."
Moi : "Oh, madame je ne sais si … Si vous voulez. De quoi voulez-vous parler ?"
Duchesse : "Appelez-moi Amandine."

Eloïse, ne t’inquiète pas, je ne ressens aucun attachement pour elle. Je vois parfaitement qu’elle essaie de m’attendrir en usant de ses charmes qui, il faut le reconnaitre, sont forts attirants. Mais même si Guillaume me met à l’écart, je n’en reste pas moins son ami et me dois de récolter toute information sur mes adversaires susceptible de l’aider. Je reprends donc :

Moi :" Très bien, Amandine, dîtes-moi donc ce qui vous tracasse."
Duchesse : "Et bien … Voyez-vous Jean-Baptiste … Je crains que le Père Majestic ne tente quelque chose contre mon mari et moi-même. La dernière fois, lorsque nous nous sommes rencontrés dans la ruelle … je devais lui proposer une alliance avec mon mari. En tant qu’homme de foi, il serait logique qu’il veuille placer un noble au pouvoir, après tout … c’est Aze qui nous a donné ce droit. Mais quand je l’ai vu massacrer ce pauvre animal, j’ai vu en lui comme dans un livre ouvert. Il semblait si …"
Moi :" Cruel ?"

Elle baissa les yeux, pinçant les lèvres. " Oui, c’est le mot. Et je ne crains qu’il veuille nous attaquer. C’est pourquoi, quand je l’ai vu partir avec Monsieur Leumime … Savez-vous si Monsieur Leumime possède des … informations à notre sujet susceptible d’intéresser le Père Majestic ? Mon mari ne sait pas que je suis venu vous parler, mais … je m’inquiète."

A cet instant, son regard se plongea dans le mien. Il était rempli de peur. Quelque chose l’effrayait vraiment, ce ne pouvait être du bluff. Je la pris par les épaules et l’enjoignit à s’asseoir.

Moi : "Mada... Amandine, quel genre d’information serait susceptible de l’intéresser ? "
Duchesse : "Et bien … C’est un peu gênant, je ne sais si je peux en parler. Mais vous dîtes-moi, êtes-vous au courant de quelque chose ?"
Moi : "Non Amandine, si Guillaume possède quelque chose sur vous, il ne m’en a pas parlé. Mais ne vous inquiétez pas, Guillaume est un homme intègre, il ne bafouera jamais son honneur en révélant des détails … gênants à votre sujet."

Elle me regarda attentivement, semblant chercher une signification derrière mes mots. Puis finalement, elle se leva brusquement et d’une voix froide me répondit : "Je vois Jean-Baptiste, vous êtes un véritable ami. Je saurais m’en souvenir."
Et elle partit, me laissant là.

A ton avis, que voulait-elle dire ? Et puis pourquoi ce changement de ton ? Ah les femmes et leurs mystères, je n’arriverai jamais à comprendre.

Bref, après cette conversation plus qu’étrange, je suis rentré à l’hôtel de Guillaume. Et là, tu ne me croiras jamais. Devine qui je trouve devant la porte principale, en train de discuter avec Guillaume ? Le petit voleur ! En me voyant, le gamin se cache derrière Guillaume qui se retourne vers moi. D’un grand sourire, il m’empoigne par les épaules. "Jean-Baptiste, j’ai réussi un coup d’éclat ! L’élection est dans la poche !"
Je ne l’écoutais pas trop et fixais le gamin d’un œil noir. Guillaume finit par s’en rendre compte et fit les présentations.

Guillaume : "Ah oui, tu ne le connais pas, je te présente mon fameux informateur, le petit Basil ! (puis en chuchotant) Il surveille le duc et sa femme depuis un bon mois à la recherche d’une information croustillante."

Je sursautai de surprise. C’était lui l’informateur ? Et l’information concernait le duc ? "Guillaume, dis-je, pouvons-nous discuter à l’intérieur s’il te plait ? Je dois te parler."
Au vu de mon ton, il comprit que c’était important. Il fit signe au gamin, je veux dire Basil, je dois l’appeler par son nom maintenant, de partir, mais je le retins et lui dis de nous accompagner. Il était tout rouge, visiblement il avait peur de perdre son travail d’informateur. Mais il obéit et nous suivit à l’intérieur.

Une fois installé dans son cabinet, Guillaume me demanda enfin ce qu’il se passait. Je lui expliquais alors l’entrevue avec la duchesse. Il éclata d’un grand rire.

Guillaume : "Mon pauvre Jean-Baptiste, tu t’es fait manipuler comme un bleu ! Elle et le duc savent très bien que je suis au courant de leur petit secret, et ils voulaient juste voir si tu étais prêt à me trahir pour les rejoindre. Quand même, elle s’est abaissée à te séduire, cette femme est une vraie diablesse."
Moi : "Guillaume, ne me prends pas pour un idiot ! Quel est ce soit disant secret ? Et de quoi parlais-tu avec le Majaspic ? Cet homme est fourbe, tu devrais éviter de t’associer à lui. Et enfin, ce gosse que tu as récupéré est celui qui m’a détroussé ! Tu emploies des voleurs maintenant ?"

Je dus reprendre mon souffle. Il me tendit alors un cigare d’un regard attendri.
Guillaume : "Calme-toi Jean-Baptiste, calme-toi. Je suis désolé de t’avoir tenu à l’écart, mais je n’avais pas le choix. Basil avait repéré que des espions du duc te surveillaient depuis quelques semaines. Je ne voulais pas risquer qu’ils découvrent quoi que ce soit. Et visiblement j’ai bien fait, si tu avais su la vérité, tu n’aurais pas pu soutenir le regard de cette diablesse de duchesse. Installe-toi confortablement, je vais tout te raconter."

Et il me raconta tout. Comment il avait rencontré Basil dans la rue en train de voler des bourses au milieu de la foule, comment il l’avait engagé à suivre le duc et la duchesse, et comment, un soir, il les découvrit se rendant en secret à la chapelle Sainte-Fleur.

Guillaume : "Tu te rends compte ? Le duc et la duchesse ne sont pas azistes ! Ce sont des floettants ! C’est une information en or ! Si la population apprend qu’ils cachent depuis plusieurs années leur religion, ils seront considérés comme des imposteurs ! Et tout ça grâce à notre petit Basil."
Moi :" Mais Guillaume, tu ne peux pas révéler cette information, ce serait malhonnête ! Imagine que le Majaspic l’apprenne, il organisera une vraie chasse aux sorcièrex et il … Oh non. Ne me dis pas que …"
Guillaume : "Et si. Tout à l’heure, j’ai proposé une alliance avec le Majaspic. En échange de cette information, il me laissera en paix durant la campagne que je vais mener dans tout Kalos."
Moi : "Quoi ? Mais quelle campagne ?"
Guillaume : "Oui c’est vrai, je ne t’en ai pas parlé. Nous allons voir du pays toi et moi ! J’ai décidé que pour avoir un maximum de votes, je me devais de visiter toutes les grandes villes de la nation, un tour de Kalos en somme ! "

Je n’avais plus les mots. Ecrasant mon cigare dans le cendrier, je me lève d’un bond et lui hurle au visage.
Moi : "Tu es un monstre Guillaume, le duc et sa femme vont se faire lyncher et toi tu te frottes les mains comme un baggaid face à son butin ! Tu me dégoutes, je rentre à Flusselles dès demain. "

Et je suis sorti en claquant la porte.

Le soir, Guillaume est venu frapper à la porte de ma chambre, me proposant de sortir boire un verre. Mais je n’avais pas le cœur à la fête. Finalement, en plein milieu de la nuit, on toqua à ma porte doucement. Encore en colère, j’ouvris et m’apprêtais à envoyer paitre Guillaume, mais à la place je vis le gamin des rues. Timidement, il me tendit une bourse, ma bourse, et me demanda du regard si je pouvais rentrer. Ne voulant pas m’énerver sur lui, j’ouvris en grand la porte.

Il s’assit sur le bout de mon lit. Le petit psystigri, que j’avais finalement gardé avec moi, vint sur ses genoux demander des caresses. Je m’assis sur une chaise et croisai les bras.

Moi : "Ecoute mon garçon, je te remercie de me rendre mon argent, mais tu peux dire à Monsieur Leumime que je n’ai pas changé d’avis !"
Basil : "M’sieur, s’il vous plait, ne partez pas. "

Sa voix était toute fluette, j’en perdis toute ma colère. Eloïse, tu sais que j’ai toujours voulu un enfant, mais qu’Aze en a décidé autrement pour nous deux. Mon instinct paternel prit le dessus. Je me calmai tout de suite et lui répondit doucement : "Je ne peux pas, Monsieur Leumime et moi sommes en profond désaccord."
Basil : "Mais m’sieur, c’est dangereux pour lui. L’Majaspic, j’l’ai vu tout à l’heure discuter avec la duchesse. Et y z’avaient l’air de bien s’entendre, si vous voyez c’que j’veux dire."
Moi : "Quoi ? Mais tu en as parlé à Monsieur Leumime ?"
Basil : "J’ai essayé, mais y m’écoute pas, y l’est trop occupé à faire la fête. Et pis, j’pense pas qu’y prendra ça au sérieux. Y l’a peur de rien m’sieur Leumime."

Je soupirai. Oui, c’était une bonne description de Guillaume. J’ai remercié Basil pour m’avoir prévenu. Il m’a tiré une révérence maladroite, c’était mignon. Tandis qu’il partait, le psystigri le collait aux jambes. Je lui ai alors demandé s’il voulait le garder. Tu aurais vu le regard de joie qu’il m’a lancé, Eloïse, ses yeux brillaient autant qu’un pharamp. Il est alors enfin parti, me remerciant et jurant de toujours m’aider si j’avais des soucis. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. J’aimerais être père.

Le lendemain matin, je suis allé voir Guillaume pour lui annoncer que je restais. Mais avant qu’il ne puisse me prendre dans ses bras pour me claquer la bise, je lui ai imposé des conditions. Désormais, il devrait tout me dire et surtout, j’ai exigé qu’une fois le tour de Kalos terminé, je rentrerai pour de bon à la maison. Il avait l’air embêté mais a soupiré et m’a dit qu’il comprenait. "Tu n’es pas politicien, expliqua-t-il, et Eloïse te manque. Je comprends. Nous terminerons le tour de Kalos par Flusselles, où tu pourras rester, c’est promis."

Je le pris alors dans mes bras et lui fit la bise moi-même. Dans son regard, je venais enfin de retrouver le Guillaume de mon enfance, l’ami que j’affectionne tant.

Le compte à rebours est lancé, Eloïse, dans quatre mois, je suis à la maison !

Ton mari qui t’aime,
Jean-Baptiste.
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