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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 3
Nom de l'œuvre : Le Chant de l'Aube [concours Let's Go] Nom du chapitre : Séparation
Écrit par FeelReal Chapitre publié le : 31/10/2018 à 23:58
Œuvre lue 332 fois Dernière édition le : 13/1/2019 à 02:48
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Quand il y a une rencontre, il y a une séparation. C’est du moins ce que l’on croit parfois tirer de notre vécu. Mais quand vient une séparation, alors une nouvelle rencontre survient un beau jour.

Un soir, lorsque vint le mois d’Octobre, Pikachu et Évoli étaient tous deux installés au bord de l’étang. Évoli semblait triste et mélancolique ce soir-là. « Peut-être vas-tu bientôt évoluer en Noctali, avança Pikachu, j’ai entendu dire que les Évoli s’adaptent à leur environnement, c’est ce qui conditionne leur multiplicité d’évolutions. — Tu penses ? dit Évoli. Je ne crois pas. — Alors si tu ne penses pas devenir un Noctali, ce sera peut-être une autre forme, reprit Pikachu. — Je ne crois pas pouvoir évoluer », dit Évoli avec un ton quelque peu consterné. Pikachu le considéra attentivement. « En quoi crois-tu donc ? » dit Pikachu. Évoli tourna vers lui un regard d’une profonde tristesse : « Je crois et je crains que… l’heure est bientôt venue de nous séparer. » Ces quelques mots résonnèrent comme un lointain écho dans les oreilles de Pikachu. « Allons, ne dis pas n’importe quoi, je ne vois pas ce qui pourrait t’arriver ; après tout, je suis avec toi, dit Pikachu. — Oui… pardon Pikachu, je disais des sottises… Sache que je n’oublierai jamais ces moments passés avec toi. Car tu es mon ami, mon frère. Mais rentrons ! Le monde se voile déjà de ténèbres, l’air du soir se rafraîchit, et la brume de nuit tombe ! C’est dans ces circonstances que l’on apprécie le mieux l’agrément du logis. » Nos deux compagnons rentrèrent dans leur arbre pour le reste de la nuit. Ce fut à ce moment là que Pikachu vit Évoli pour la dernière fois. Comme avant, il avait disparu au réveil. Et ne revint jamais cette fois-là.

« Je ne comprends plus très bien ce qui se passe… Le sens de cette amitié, le sens de nos paroles, son départ... Je n’aurais rien saisi à tout cela qui, pourtant, comptait tant pour moi », se lamente Pikachu à la berge de l’étang au crépuscule. Un silhouette noire vint s’abreuver à son tour, puis s’installa tout près. C’était Démolosse. « Ça fait bien longtemps que je n’étais plus passé dans le coin, dit-il. Que t’arrive-t-il, jeune et téméraire Pikachu ? pourquoi cet air si déprimé ? Cela ne sied pas à une si belle soirée. — C’est un air qui sied bien lorsqu’un ami s’en est allé, dit Pikachu. — De quel ami parles-tu ? — De celui qui t’avait combattu à mes côtés à notre première rencontre » répondit Pikachu. Démolosse fut un moment stupéfait. « Petit… je ne vois pas de qui tu parles, puisque tu m’avais audacieusement combattu seul », répondit Démolosse. Pikachu tressaillit. « Quoi ? mais ne te souviens-tu pas de mon allié qui lança Charme ? s’écria Pikachu. — Aucunement, si ce n’est que ton Mimi-Queue d’une piètre mais inoubliable exécution. — Mais toi et ta meute n’aviez vous pas remarqué mon ami Évoli ? protesta Pikachu — Non, répondit calmement Démolosse, mais il me semblait bien t’avoir entendu mentionner ‘Évoli’ lorsque tu chargeais vers moi. À présent, si tu le permets, je vais me retirer. » Démolosse partit, laissant Pikachu seul, troublé, ébahi et stupéfait. « Alors, au final, tout ceci n’avait rien de réel… Mes sens auraient été le jouet d’une illusion fantasmagorique pendant tout ce temps ? » se dit-il désorienté.

Il s’en rentra chez lui, et se coucha de bonne heure, las et lourd d’avoir appris tant d’étrangeté. Cette nuit-là, à peine ses paupières furent-elles closes qu’il lui semblât se réveiller dans un rêve. Il entendit une voix familière l’appeler depuis le pied de son arbre. C’était Évoli. Il était d’une transparence pâle et limpide, et semblait si léger qu’il caressait à peine le sol. Pikachu surprit, descendit de l’arbre. « Évoli… es-tu réel ? » murmura-t-il. C’est alors qu'Évoli s’éloigna par delà les plaines ; il semblait faire signe à Pikachu de le suivre. Pikachu poursuivit la silhouette flottante d’Évoli à travers les grands espaces jusqu’à arriver à l’entrée d’un sous-terrain creusé aux abords de Safrania. Dans la longue allée souterraine, le fantomatique Évoli lévitait par dessus le sol, le visage tourné vers Pikachu en pleine poursuite, et haletant. Quel interminable et sombre traversée ! Quel silence profond ! L’écho est lui-même sourd. Enfin arrivé à la sortie du sous-sol, Pikachu se redressa vers le ciel pour reprendre souffle ; son coeur battait à un rythme intense. Il aperçut alors la blanche silhouette d’Évoli poursuivre la route droit devant lui avant de disparaître. Pikachu reprit son rythme et la route, et chemina droit devant lui, et arriva dans un cimetière aux abords de la funèbre cité de Lavanville.

Après avoir pénétré dans l’enceinte du cimetière, il vit des rangées de tombes à perte de vue, et des feux follets se promenant dans les allées, sous les arbres décharnés qui perdaient une à une leurs feuilles au vent jusqu’à voir le sol se joncher de leurs propres dépouilles. Pikachu entendit du bruit provenant du centre de ce champ funéraire et s’y rendit. Arrivé à la place centrale du cimetière, il y aperçut une Plumeline violet de style Buyō danser une valse sur une estrade monumentale ; des Feuforêve virevoltaient tout autour en accompagnant la danse.

À la vue de Pikachu, Plumeline lui fit signe d’attendre, puis poursuivit sa danse, imperturbable. La lune était pleinement ronde et gigantesque cette nuit-là, on la croirait toute proche, venue assister à la valse du Plumeline. La danse prit fin. Pikachu ébahi, regardait Plumeline lequel vint vers lui d’un vol léger et gracieux. « Bonsoir à toi, jeune visiteur. Bienvenue en ce lieu où reposent humains comme pokémons. Inutile de m’expliquer ce qui t’amène, je le sais déjà. Suis-moi. » Plumeline mène alors Pikachu à la tombe où Évoli est enterré avec son dresseur. « Voici où repose ton ami... avec ton dresseur », dit Plumeline. Pikachu, quelque peu sidéré crut mal comprendre. « Mon dresseur ? dit-il. — Exact, reprit Plumeline, je vais te conter leur aventure. Mais avant tout, sache que nous, types Spectre, sommes capables de révéler les tourments qui hantent les défunts dans le trépas. Nous nous en nourrissons. Il est des amers regrets comme il est de douces rêveries ; et certains spectres se délectent dans les plus effroyables remords, comme la lignée des Fantominus par exemple. » Ces explications fournies, le Plumeline spectral conta alors les regrets et les souvenirs de ceux qui reposent devant eux en ces termes :

« Il fut un temps où tu appartenais à un jeune voyageur qui te considérait énormément ; mais vint un jour où, en se promenant dans les ruelles mal fréquentées de Céladopole, il fut dérobé de ses biens et de sa pokéball par un sbire de la Team Rocket. C’est ainsi que tu tomba entre les mains d’un voleur de pokémon qui dédaignait ton inaptitude au combat. T’estimant d’aucune valeur, il ne prit pas la peine de te vendre dans les casinos de la ville, il te relâcha par exaspération. Quant à ton dresseur originel, il n’a jamais cessé de te regretter. Quelqu’un de bien avisé vivant à Céladopole lui remit Évoli pour qu’ils puissent voyager tous deux. Il retrouvèrent le sbire qui t’avait dérobé, mais ce fut trop tard, car ce dernier leur répondit avec arrogance t’avoir déjà relâché. Évoli et ton maître voyagèrent ensuite longtemps avec l’espoir de te retrouver un jour. Mais un jour… alors qu’ils étaient en visite à Safrania, ils furent pris dans l’assaut de la Sylphe SARL par la Team Rocket et moururent dans les suites d’une explosion. C’est ici qu’il reposent depuis. Mais l’esprit d’Évoli, toujours fidèle au souhait de feu son maître, a erré un temps à travers les routes et les plaines de Kanto à la recherche d’un certain Pikachu. À ta recherche. »

À ce discours, Pikachu s’effondra, en laissant ses larmes couler à flot sur ses joues. Tout lui apparaissait clairement à présent… son abandon… son dresseur et ce mystérieux Évoli. Il leva au ciel des yeux baignés de larmes. Plumeline se retira respectueusement. À compter de cette nuit, chaque soir Pikachu venait ici se recueillir devant la tombe de son maître et de son ami, espérant leur faire parvenir ce qu’il éprouvait dans son coeur pour eux. Plumeline, finissait ses danses, et venait parfois lui tenir silencieusement un peu compagnie. C’est alors qu’un soir, cet oiseau mystérieux ouvrit le bec pour parler de son vécu :

« Je viens moi-même de la lointaine région d’Alola, région où les danses ont une importance culturelle mais aussi symbolique. Dans le but de me perfectionner dans l’art de la danse, j’ai entrepris un voyage en accompagnant la migration des Lakmécygne au gré des saisons ; j’ai ainsi pu visiter les contrées d’Unys et de Hoenn ; mais c’est mon séjour à Rosalia, dans la région de Johto, que ma Voie dans l’art de la danse s’est éclairci et a pris un tournant décisif. Au contact de cette ville forte de ses traditions et de ses mythes, je fus inspiré par le champion Mortimer, expert en type spectre, tant bien que par les danseuses en kimono dont la renommée s’étend jusque dans les archipels d’Alola. Ainsi, aujourd’hui, ma danse prend racine dans l’audace des rythmes d’Alola, et j’y mêle les élégantes chorégraphie de Rosalia. Le voyage m’a également forgé et beaucoup apporté. Aujourd’hui, on a perdu la notion du véritable voyage : on pense que voyager c’est briser la routine et se relaxer en untel endroit. Selon moi, le voyage soutient un but plus grand : le voyage extérieur soutient toujours un voyage intérieur ; je suis convaincu qu’il y a des parties de nous-mêmes qui ne peuvent être découvertes qu’en certains lieux. Voilà maintenant d’innombrables Lunes que j’ai élu domicile à Lavanville ; cette ville en elle-même a tout l’air d’un mausolée urbain, mais c’est surtout dans les cimetières qui bordent la ville aux alentours que je me livre au perfectionnement de mon art. »

Pikachu écoutait ce discours avec émerveillement et respect ; puis, après un long moment de silence parla enfin : « Je te vois danser la nuit, mais qu’en est-il pendant le jour, te caches-tu de la lumière du jour ? et que pouvons nous faire pour les morts ? ils ne reviennent pas. — Quand je m’élève à grande allure jusqu’au ciel, les rayons du soleil ne peuvent me brûler les ailes » répondit Plumeline. Après quoi il ajouta : « C’est une bonne chose que, tout comme toi, Évoli n’ai jamais évolué… du moins de son vivant. À Rosalia, les danseuse en kimono utilisaient des Évoli, et on dit qu’ils sont réputés pour s’adapter à tout type de circonstances pour se maintenir en vie, parfois à l’aide d’une pierre, parfois à l’aide d’autres catalyseurs. Quitte à en briser les chaînes du trépas. »

« Que veux-tu dire par là ? » demanda Pikachu.

« Quand je séjournais à Rosalia, ville de mythes et de légendes, une rumeur courait parfois les rues, et postulait que les trois mystérieux pokémons pris dans l’incendie de la Tour Cendrée furent ranimés par le légendaire Ho-Oh. Certains racontent que ces pokémons ressuscités en pokémons hors normes ne furent autre que trois Évoli destinés chacun à évoluer en Pyroli, Voltali et Aquali. Ce ne sont que des conjectures, et je me garde de soutenir la véracité de ce fait », dit Plumeline. Il ajouta ensuite : « L’hiver approche bientôt, ce soir est mon dernier soir passé ici. Avant de reprendre mon voyage migratoire, j’aimerais te faire part de quelque chose qui pourrait t’aider ».

Plumeline siffla ; c’est alors qu’un Désséliande se détacha du fond des bois du cimetière et s’avança lentement devant eux. Sa main boisée laisse échapper une fleur qui se fane, puis qui se cristallise en une pierre couleur améthyste. Après avoir laissé l’objet à Plumeline, le Désséliande recule dans les bois et redevint arbre parmi les arbres. Plumeline reprit : « Voici une Pierre Spectrale, elle pourrait permettre à Évoli de revenir à la vie sous une nouvelle forme en adoptant le type Spectre. » Pikachu remercia le généreux Plumeline qui s’apprête à repartir en voyage.

« Pikachu, même l’hiver du coeur touchera un jour à son printemps », dit ce dernier avant de prendre son envol nocturne vers Crâmois’Île. Pikachu déposa la pierre au pied de la tombe de son ami Évoli. Plusieurs jours, plusieurs semaines s’écoulèrent. Évoli ne montra jamais signe de vie.


C’était un jour de décembre, la neige tombait à flots, et les plaines étaient recouvertes du manteau blanc de l’hiver. Ses réserves épuisées, Pikachu, gelé, meurtri avait peine à trouver sa nourriture, et errait dans les champs glacés de Céladopole. Il s’écroula entre deux fossés enneigés, prêt à s’abandonner. C’est alors que quelqu’un le recueilli.

C’était la jeune fille qu’il avait croisé un matin au village. Elle le reconnut, et l’emmena chez elle à Safrania où Pikachu, après avoir repris de la chaleur et des couleurs, fut adopté et logé. Il y passa les fêtes de fin d’années, et le reste de l’hiver. Il se trouvait enfin au sein d’un foyer chaleureux.

Le printemps venu, la jeune voyageuse entreprit un voyage pour Johto, Pikachu l’accompagnerait dans ce nouveau périple. Dans le train qui partait très tôt de Safrania, Pikachu, assis aux côtés de sa nouvelle dresseuse, et posté à la fenêtre du wagon, regardait les plaines et les champs défiler. Les torrents et les ruisseaux avaient rompu leur prison glacée au sourire agréable et vivifiant du printemps, l’espoir verdit à travers toute les plaines, tout se ranime au soleil sous des couleurs chatoyantes. On dirait que la vie est rendue à la terre entière. C’est alors que dans les lueurs grandissantes de l’aube, un hurlement langoureux, mélodieux comme un chant retentit jusque dans les oreilles de Pikachu. Il fureta des yeux à travers le paysage, puis aperçut sa colline et son ancien arbre maintenant devenu un cerisier pleine floraison. Au pied de l’arbre, sous les chutes de pétales roses, se tenait une silhouette au pelage opalescent avec des reflets améthystes. C’était un pokémon se tenant assis, levant le visage vers le ciel bleu. Puis un second chant retentit dans les oreilles comme dans le coeur de Pikachu. Sa dresseuse le regarda dans son étonnement. Pikachu se rassit et sourit à la vie.

«  À notre prochaine rencontre », disait le chant.


James Sun, écrivain.
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