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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 3
Nom de l'œuvre : Détectives L&L [concours Let's Go] Nom du chapitre : La vie, cette grande aventure
Écrit par GGD Chapitre publié le : 31/10/2018 à 23:04
Œuvre lue 290 fois Dernière édition le : 14/11/2018 à 19:17
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« Dépêchons-nous Laris ! Je m'inquiète pour l'état de Ruzarde, j'ai beaucoup trop tardé à l'emmener au centre pokémon. »
Lise et Laris parcoururent la ville à vive allure pour emmener la feunarde au centre pokémon afin de lui appliquer les soins. Ils entrent violemment dans l'établissement, la détective interpelle une infirmière.
« Infirmière, c'est une urgence ! J'ai une feunarde qui a été sérieusement empoisonné au cours d'un combat, je vous en prie, faites quelque chose pour mon amie !
- Donnez-moi la ball qui la renferme, je vais l'emmener de ce pas aux urgences de désintoxication. »
Laris regarde avec inquiétude s'éloigner l'infirmière. Lise commence à se poser diverses questions.
Aurait-elle dû faire appel à des renforts avant de se risquer dans les égouts, comme lui avait suggéré Laris ? Ou bien peut-être aurait-il été plus sage de remonter en ville une fois que le Doc fut maîtrisé ? Après tout, il s'est passé de longues minutes avant qu'il ne se réveille.
Un sentiment de culpabilité naît dans le cœur de la détective, et Laris le sentait bien. Il monte sur son épaule et lui caresse les cheveux pour la réconforter.
Il se passa plusieurs minutes avant que l'infirmière réapparaisse de la salle d'urgence. Elle s'avance vers Lise en prenant soin d'éviter son regard.
« Alors ? Demanda simplement la détective, la voix marquée par l'émoi et un sanglot refoulé.
- L'empoisonnement est plus grave que l'on ne pensait, il n'y a pas que les voies respiratoires qui ont été touchées, cela risque de prendre du temps. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus… »
L'infirmière se décide enfin à croiser le regard de Lise.
« Vous êtes de la ville ? Avez-vous un endroit où séjourner en attendant la remise sur pied de votre feunarde ? Sinon, nous pouvons la transférer dans le centre de votre choix, mais c'est quelque chose qu'on déconseillera, le voyage pourrait aggraver son état. Vous pouvez aussi rester ici, mais on ne peut vous garantir le confort d'un hôtel et surtout j'ignore combien de temps va durer le rétablissement de votre pokémon.»
Lise apprécie la sincérité de l'infirmière.
« Je vous remercie, je vais suivre vos recommandations et laisser Ruzarde entre vos mains expertes. Je vous laisse mon numéro pour que vous puissiez me joindre à tout moment.
- De toute façon je vais devoir vous demander de remplir un formulaire avant que vous ne partiez. Si vous voulez bien me suivre… »
C'est avec la boule au ventre, mais aussi un optimisme et une confiance auprès du personnel soignant que Lise et Laris sortent du centre pokémon de Lavanville.
« Laris, je suis inquiète pour Ruzarde, mais ce n'est pas le moment pour nous de déprimer. Le temps presse et on ne peut pas rester là à attendre qu'il y ait d'autres victimes.
- Pi... »
Laris manquait d'entrain mais il savait que sa maitresse avait raison.
« La fête des morts commence la semaine prochaine, mais mon intuition me dit que notre suspect ne sera pas présent à la tour. Plutôt que d'aller à Azuria, le lieu du dernier incident, je pense me rendre à Safrania, enquêter sur Mau et établir un profil, car je n'ai absolument rien sur lui pour le moment. Je vais devoir demander des renforts ici, il va falloir du monde pour surveiller la tour et le centre. Si entretemps j'arrive à obtenir une photographie de notre suspect, ça leur simplifiera le travail. »

Les deux détectives arrivent à Safrania tard le soir. Ils n'ont d'autres choix que d'aller dormir dans un hôtel de la ville, les gens n'étant plus disposés à répondre à des questions à cette heure tardive après une fatigante journée de travail. C'est tôt le lendemain que nos deux amis allèrent d'un pas décidé à la Sylphe SARL.
Sur place, la chargée de l'accueil l'a reconnue.
« Bonjour mademoiselle la détective. Nous venons d'apprendre l'arrestation de Mr Lauzeur, nous vous en somme reconnaissant.
- Merci, mais malheureusement il se pourrait que ce ne soit pas notre meurtrier. Pour le moment il est arrêté pour d'autres raisons, même si son implication sur l'affaire en cours ne fait aucun doute.
- Je dois comprendre que votre présence ici est encore pour ces suicides ?
- Oui. Il se trouve que notre très cher Doc a sympathisé avec un dénommé Mau, lui aussi est employé à la Sylphe SARL. Je suis venu pour en apprendre plus à son sujet.
- Mau ? C'est un gigantesque établissement et je ne suis que chargée de l'accueil, je ne peux donc pas connaître tout le monde, mais personnellement cela ne me dit rien.
- Cet homme n'était pas un scientifique, mais agent d'entretien, il doit principalement travailler de nuit.
- Dans ce cas vous devriez vous référer à son supérieur, le chef d'équipe Mr Nickel, qui a en charge la maintenance des locaux. Vu que son bureau se trouve à un étage dépourvu de laboratoire, vous n'aurez pas de problème à le trouver et lui parler. »
C'est un petit maigrichon moustachu que Lise découvrit, sa grosse tignasse grise accuse les années passées. Il avait encore des miettes d'un croissant frais décorant son imposante moustache lorsque la détective l'interpella.
« Mr Nickel ? demanda-t-elle.
- Oui, que puis-je pour vous ?
- Je suis détective au sein de l'ASOK. Je suis navré de vous importuner de si bonheur, mais j'ai quelques questions à vous poser au sujet d'un de vos employés.
- Ne faites pas de manière ma p'tite dame. Le vieil homme que je suis sera bien content de tenir compagnie à un brin de fille comme vous. Alors, de qui s'agit-il ?
- Un certain Mau. Il a dû disparaître il y a quelques mois maintenant. »
« Comment ?! Mau a disparu ?! »
Lise fut surprise par cette réaction venant de l'homme qui est censé être le supérieur.
« Euh, oui, cela m'étonne que vous ne l'ayez pas remarqué. Ça remonte à plusieurs mois tout de même… Vous pouvez m'en dire plus sur lui ? Sa personnalité, les discussions que vous avez pu avoir ensemble, ou encore la dernière fois que vous l'avez vu.
- Oui… attendez, faut que je vérifie qui c'est ce Mau. »
Laris se tapa le front et Lise se mit à pousser un énorme soupir.
« Un sénile qui a en charge l'entretien des locaux et qui est censé superviser les agents d'entretien. Je n'ose pas imaginer l'état des lieux, murmura-t-elle tandis qu'elle suivait Nickel jusqu'à son bureau. »
« Ah voilà, j'ai bien un dossier au nom de Mau. Vous savez j'ai beaucoup d'employés à mon service, je ne peux pas les connaître tous personnellement et de toute manière je n'ai pas le temps de me familiariser avec eux, ils sont là pour travailler après tout. »
Il tend un bout de papier et un badge à Lise
« Tenez, j'ai écrit ses coordonnées et si comme vous dites il est absent depuis des mois, eh bien il est clair qu'il est viré, donc prenez ce badge si ça peut vous être utile. »
Sur le papier plastifié que lui tendait le vieil homme, il y avait une photo du suspect, un homme roux aux yeux bleu clair, « pas plus de 25 ans » se disait Lise. Son nom y est inscrit, Mau Rose.
« Merci beaucoup monsieur, cela me sera très utile en effet. Je ne vais pas vous importuner plus longtemps et me rendre de ce pas chez votre absentéiste.
- Faites donc, j'ignore sur quoi vous enquêter mais ça m'a l'air grave. »

« Drôle de zigoto que ce monsieur, remarqua Lise à Laris. Hâtons-nous pour aller au logement de Mau, on trouvera sûrement des choses intéressantes le concernant. »
Une fois sur place, Lise et Laris découvrent un vieil immeuble qui dénote avec le reste des bâtiments.
« Je suppose que le salaire d'un agent d'entretien ne doit pas permettre de s'offrir mieux que ça. »

« Mmh ? Ce bâtiment est tellement vieux qu'il n'a pas de porte sécurisé à l'entrée, on peut y entrer comme dans un moulin. »
Lise vérifia qu'elle était à la bonne adresse avant de pénétrer dans l'immeuble. Devant la porte de l'appartement de Mau, elle sonne à plusieurs reprises, en vain.
« Il fallait s'y attendre, il semble bel et bien avoir disparu, et pas seulement à son boulot… »
C'est alors que la porte voisine s'entrouvre, laissant apparaître le visage d'une femme visiblement gênée par les sonneries.
« Vous v'lez voir Mau? Vous perdez vot' temps.
- Oui, répondu Lise, comme je le pressentais il n'est pas là.
- Ouais, et ça fait plusieurs mois d'jà. J'l'ai signalé au proprio y a quelqu'jours.
- Et vous n'avez pas pensé à prévenir la pokélice aussi ?
- 'couter, c'est pas mon 'blème, si vous v'lez m'faire la morale ne perdez pas vot' temps pour ça, j'ai un massage-ckogneur qui m'ttend là. Si vous avez fini, arrêter d'appuyer sur cette fichue sonnette.
- Vous pourriez me dire au moins où trouver le propriétaire ? J'aimerais entrer dans l'appartement.
- V'z'êtes quoi ? Un poulet ? Faut pas un machin truc de ''parquizission'' pour ça ? »
Lise ne répond pas, au lieu de ça elle soutient le regard de la voisine pour lui faire comprendre qu'elle attendait une réponse à sa question.
« D'façon vous perdez vot' temps encore une fois. L'proprio on le voit quasi jamais, pour ça que je l'ai prévenu aussi tard pour Mau, et j'pense pas qu'il vous donnerait l'autoriz' d'entrer dans l'appart'… »
Laris sentait l'agacement de la détective, ce qui lui fit dresser les poils. Il sait à quel point elle peut être terrifiante lorsqu'elle sort de ses gonds, mais à son grand étonnement il en est rien. Lise préfère partir et mettre fin à la discussion dans le silence. Elle se mit à mâchouiller nerveusement un super anis.
« 'tendez… Bon, si ça peut v'z'aidez… Mau allait souvent à l'hospice. C'tait un BG, y m'plaisait un peu, mais comme il avait t'jours l'air d'avoir l'cafard j'me suis pas plus intéressé qu'ça. J'sais juste qu'il accumulait 2 boulots pour payer les frais de l'hosto, un comme femme de ménage et l'autre c'tait gardien à la frontière de la ville, celle menant à Carmin-Sur-Mer je crois. Y m'a jamais dit qui il allait voir à l'hosto, c'tait pas un grand bavard.
- C'est une information importante que vous me donnez là, je vous remercie. Vous savez quel est l'hôpital où il allait ?
- On est à Safrania ici, c't'une grande ville, mais malgré sa taille y a qu'un seul hôp'tal, comme vous dites. J'pense pas qu'il allait dans une aut' ville, car l'soir il était déjà là après sa visite, y pouvait pas aller bien loin.
- Je vois, merci. Je ne vais pas vous gêner plus longtemps, je suis désolée pour la so…
- À plus. »
La voisine claqua la porte sans attendre que Lise finisse sa phrase.
« Je ne sais pas s'il y avait des choses intéressantes à voir dans son appartement, mais le fait de savoir qu'il était aux petits soins pour une personne donne un sens à ses motivations, celles de participer à l'expérience du Doc. Jusque-là je pensais que c'était seulement pour l'appât du gain, et ça devait bien être le cas, mais contrairement à ce qu'il voulait faire croire à Lauzeur, c'était pour cette personne hospitalisée. Malheureusement pour lui, ça s'est mal passé et sa personnalité a dû en être altérée avec l'esprit de la gardevoire qui s'est immiscé dans le sien, pensa-t-elle. »
« Allons nous renseigner auprès du personnel soignant, et si possible rencontrer cette personne malade.
- Pikapi ! » Laris prit une posture de garde-à-vous, rassuré de voir Lise reprendre du poil de la bête.

À l'hôpital tout le monde connaissait Mau, et pour cause, il y passait son temps libre, toujours un bouquet à la main. Lise ressentait néanmoins un malaise en posant des questions le concernant.
« Il était adorable, il venait pour sa petite sœur, informa l'une des aides-soignantes en charge de la petite. Selon ses dires, il était sa seule famille, donc euh, elle hésita un moment, vous vous doutez bien de la douleur qu'il a ressentie lorsqu'elle a rendu l'âme.
- Sa petite sœur est décédée ?
- Oui, ça remonte à l'année dernière, durant l'hiver. Elle souffrait de la même maladie qu'aurait eue sa mère, c'était génétique selon les médecins. Le père, lui, selon Mr Rose, n'avait jamais été là pour eux, c'est donc lui qui a eu la charge de sa sœur lorsqu'ils ont perdu leur maman.
- Vous ne l'avez donc plus revu après lui avoir annoncé la mauvaise nouvelle ?
- Non…
- A-t-il dit quelque chose en particulier, avant et après la mort de sa sœur ?
- Non, rien de particulier, il demandait comme toujours des nouvelles sur son état de santé. Lorsque la petite est partie, il n'a pas montré d'émotion et cela ne m'a pas étonné plus que ça, car il a toujours été peu démonstratif. Par contre, physiquement, on voyait bien qu'il était exténué. Les frais médicaux étaient élevés, tout le personnel savait qu'il enchainait les emplois pour s'en sortir, mais à part le soutenir verbalement on ne pouvait pas grand-chose de plus pour lui, même si je crois savoir qu'une infirmière a déjà payé des courses pour le soulager un peu de sa charge. »
La détective notait tout ça sur son carnet.
« En dehors du lien avec sa sœur, vous ne savez rien d'autre le concernant ? L'enfant ne vous a pas parlé de lui ?
- Bien sûr que si, mais ça se résumait à des compliments et de l'admiration à son égard. Cela me peine profondément qu'il soit un suspect potentiel dans votre enquête. De quoi est-il suspecté précisément ? demanda l'infirmière. »
« Je préfère vous épargner l'information, pour que vous puissiez garder un souvenir positif de lui. Il est toujours possible que je fasse fausse route, même si pour l'heure c'est la plus probable. »
Lise jète un regard derrière l'épaule de l'infirmière, Laris était en train de vider le bocal de bonbons au caramel posé sur le bureau de l'accueil. Attendri par la scène, Lise lui fit tout de même la remarque que ce n'était pas sérieux, et qu'elle avait déjà les poches pleines de super anis.
« Petit goinfre, tu as gardé tes mauvaises habitudes de l'époque où tu passais ton temps au QG. Bientôt je ne pourrais plus te porter sur mon épaule et toi tu seras incapable de me suivre durant mes courses-poursuites, le taquina la détective. »
« Allons-y Laris, nous en avons terminé ici. »
Lise se retourna alors qu'elle était sur le point de sortir.
« Excusez-moi, j'ai oublié de vous demander, quel était le nom de la jeune sœur ?
- Rose, Carolina Rose, répondit l'aide-soignante avec un sourire mélancolique. »
À la sortie de l'hôpital, Lise en profite pour faire le point avec les nouvelles informations qu'elle a obtenues.
« Bon, nous avons de nouveaux éléments Laris, ça remet en cause ce que j'avais conclu précédemment. C'est à sa sœur que Mau rendait visite, mais elle est morte l'année dernière, bien avant que Mau ne serve de cobaye pour l'expérience du Doc, ce n'est donc pas pour elle qu'il était prêt à prendre des risques. »
Elle prit une pause pour réfléchir.
« Je ne voudrais pas trop m'avancer, mais vu l'attachement dont il faisait montre pour la petite, il est possible qu'il ait simplement voulu risquer sa vie en se proposant comme cobaye, en clair il voulait se suicider. Lauzeur avait bien dit que Mau lui avait demandé plus d'informations avant de mettre à disposition de sa personne, je pense qu'à ce moment-là il a évalué les risques qu'il encourait. »
Laris écoutait attentivement les réflexions de sa maitresse, quand le portable de cette dernière se met à sonner.
« Allo oui ? »
Une petite voix répondue.
« Bonjour mademoiselle. C'est le centre pokémon de Lavanville. »
Lise, contente d'avoir des nouvelles de son amie en oublia la politesse et s'empressa de poser ses questions.
«  Ah ! Comment va Ruzarde ? Se remet-elle de l'empoisonnement ? Si elle est en état je peux venir la chercher dès maintenant.»
Long silence, c'est alors que Lise entendit des sanglots difficilement dissimulés. Son cœur commença à battre nerveusement.
« Di-dites-moi, je vous écoute.
- Je…je suis sincèrement désolé. Votre feunarde est…décédée. C'est durant la nuit, on a rien pu faire malheureusement, l'infirmière se laissa submerger par l'émotion après avoir terminé sa phrase. »
Lise s'effondre, à genoux sur le trottoir, une main sur la bouche pour retenir ses lamentations, mais elle ne peut empêcher les larmes de perler. Son cœur commence à lui faire mal, elle a la nausée. Elle n'entend pas la voix de l'infirmière, émanant du portable tomber par terre, cherchant à la réconforter. Elle n'entend plus rien, elle ne voit plus rien, les images de son amie commencent à s'enchainer dans sa tête, cette amie qui l'accompagnait depuis tant d'années, bien avant qu'elle n'arrive à Kanto.
C'est alors qu'elle sentie une chaleur sur ses joues. Laris se tenait devant elle, tenant son visage avec ses deux petites pattes, les larmes aux yeux lui aussi. Lise le prit dans ses bras.
« Laris ! Ruzarde, Ruzarde n'est plus ! Je n'ai plus que toi Laris ! Elle se laissa aller, pleurant comme elle n'avait jamais pleuré avant. »

Quand elle se réveilla, Lise était allongée sur un lit.
« Où suis-je ?
- Pikachu… Laris tenait la main de sa maitresse, mort d'inquiétude.
- Laris… Lise se souvient alors de la disparition de son amie et son visage s'affaissa. »
Une infirmière entre dans la chambre.
« Bonjour. Est-ce que vous allez bien ?
- Que fais-je ici ?
- Vous vous êtes évanoui devant l'hôpital. Votre pikachu a appelé de l'aide et on vous a transporté ici. »
Lise regarde autour d'elle.
« …cela fait longtemps que je suis endormi ?
- Eh bien, comme vous pouvez le constater la nuit se lève, ça fait donc plusieurs heures que vous êtes ici. Le médecin a dit que vous pouviez rester là cette nuit si le besoin se ressent.
- Non, non. Je vais trouver un endroit où dormir… »
Même si Lise était dans une chambre unique, elle ne sentait pas suffisamment en intimité pour vouloir rester, de plus les hôpitaux l'ont toujours mis mal à l'aise. Elle partit à la recherche d'un hôtel, le regard et les pensées ailleurs.

Laris lui indique un hôtel où passer la nuit, elle venait de passer à côté sans y faire attention.
« Bien…, c'est bien. Dormons ici… dit-elle d'une petite voix.» Elle passa la nuit entière à pleurer.

Le lendemain, il est déjà midi. Lise a fini par s'endormir aux aurores, les yeux gonflés et rougis.
Elle se réveilla doucement, sa gorge et sa tête la faisaient encore souffrir.
« J'ai rêvé d'elle…j'aurais préféré ne jamais me réveiller… »
Elle jeta un coup d'œil au pied de son lit. Laris dormait, l'air triste.
« Excuse-moi Laris, tu as dû te faire du mouron pour moi. En y repensant, j'ai été égoïste hier soir, je n'ai cessé de pleurer sans prendre considération de tes sentiments. Après tant d'années à nos côtés, tu as toi aussi créé des liens avec Ruzarde, ta peine n'est sûrement pas moins grande que la mienne. »
Elle lui caresse doucement la tête, elle était reconnaissante de sa présence. Les douces mains de Lise sortis Laris de son sommeil.
« Pi…chu…
- Bonjour toi, répond-elle avec affection.
- Pardonne-moi Laris, à cause de moi nous avons perdu une après-midi entière. La douleur est là, mais nous allons devoir continuer.
- Pikachu ! »
Laris se précipite dans les bras de Lise, content de qu'elle ait retrouvé la parole.

Même si l'appétit n'était pas au rendez-vous, Lise se força à manger quelque chose, elle avait besoin de reprendre des forces.
« Je progresse dans le profil de Mau, mais cela ne nous donne pas plus d'indice sur le lieu où le localiser. J'ignore comment il fait pour repérer ses victimes, je doute qu'il aille naturellement à leur rencontre, mais la mort des pokémon des ''petits gens'' n'est en général pas communiquée dans les journaux, contrairement à un humain. »
Elle prit une pause pour réfléchir.
« Cela-dit, ça fait maintenant plusieurs jours depuis le dernier suicide, notre assassin doit vraiment être dans une impasse… »
Sur ces mots elle avale une dernière gorgée de son café et se frotte le visage pour se remettre les idées en place.
« Bien, notre prochaine destination sera Azuria, le lieu du dernier suicide. Nous en profiterons pour interroger le gardien à la frontière, il y a des chances qu'il ait connu Mau qui a exercé le même métier. »
Sur le chemin menant à Azuria, Lise s'arrêta devant un kiosque de rue. La une d'une presse people avait attiré son intention :

'' LA GRANDE HUMORISTE MÉLIGNE ANÉANTIE PAR LA MORT DE SON MÉLOFÉE ''

Méligne, alias la copieuse, est une humoriste spécialisée dans l'imitation. Elle interprète ses spectacles avec un Mr.Mime pour partenaire. C'est une jeune femme qui a grandi et toujours vécu à Safrania.
Dès son plus jeune âge elle avait un don pour copier les gens, c'est ce qui l'a motivé à en faire sa profession. Depuis, elle s'est fait un nom et est très appréciée par les habitants de Kanto, faisant la fierté de sa ville.
« Laris, changement de plan. Il faut que l'on trouve cette fille, le doute n'est plus permis, je suis certaine qu'elle sera la prochaine cible. Si Mau rencontre des difficultés à trouver des gens endeuillés, il ne lui reste plus que les magasines traitant l'info des célébrités. »
Elle partit aussitôt pour la salle de spectacle de la ville, où la copieuse a l'habitude de jouer. Là-bas, elle ne put entrer. Une foule de journalistes et de fans s'étaient empressé de venir pour prendre des nouvelles de l'artiste.
« Circulez ! La salle est fermée aujourd'hui, Mlle Méligne n'est pas ici et vous feriez mieux de la laisser tranquille ! gronda un homme corpulent à la foule, visiblement chargé de la sécurité.
- Il paraît que Méligne est introuvable, est-ce vrai ? tonna de plus belle un journaliste pour se faire entendre.
- On nourrit pas les rumeurs ! répondit aussi sec le garde. »

« À mon avis ce doit être la même chose en face de chez elle. Avec une telle foule, peu de chances que notre tueur agisse, mais ce qu'a dit ce journaliste m'inquiète. Si elle a vraiment disparu le coupable pourrait nous avoir pris de vitesse. S'il est impossible d'enquêter chez elle, dans le théâtre ou à son studio, il ne nous reste plus que son fan-club…ça ne coûte rien d'essayer. »
Le fan-club dont parle Lise est celui qui était, il y a encore de cela pas si longtemps, le '' Fan-Club des dresseurs pokémon '' qui réunissait les fans de célèbres dresseurs. À mesure du temps, les gens ont perdu en intérêt pour la ligue, les dresseurs tout comme les gens lambdas, et donc les fans.
L'endroit a été racheté par un fan de Méligne, qui le renomma sans surprise le ''Fan-Club Méligne la copieuse''. Le lieu gagna vite en popularité, les admirateurs Safraniens de la copieuse étant nombreux.
« On y est. Heureusement les lieux ne semblent pas encore assaillis par des gens inquiets pour leur idole. »
À l'intérieur la décoration se résumait à divers posters, statuettes et bibelots à l'effigie de la copieuse. Il y avait aussi quelques babioles faisant honneur à Plincha, le Mr.Mime partenaire de Méligne, toujours habillé d'un gros nœud papillon rouge à gros pois blancs.
« Bonjour, excusez-moi de vous déranger. Je me présente, détective Lise, travaillant pour l'ASOK. »
Il n'y avait qu'un seul homme pour les accueillir, les autres membres du club étant occupés à harceler le studio qui gère la carrière de l'humoriste. Lise montre son badge à l'individu.
« Bonjour. Je vais y aller sans détour, si vous êtes là pour enquêter sur sa soit-disante disparition, je pense que c'est quelque peu excessif, même si c'est ses parents qui vous envois. Je pense que Mlle Méligne a juste besoin d'être un peu seule, elle tenait à Mélo-Méla comme à la prunelle de ses yeux.
- Je n'en doute pas un seul instant, Mr…
- Domran
- Mr Domran. Mais il se trouve que je suis ici pour une raison on ne peut plus sérieuse. »
L'homme regarde Lise et comprend l'urgence de la situation à travers son regard.
« Très bien, dites-moi ce que vous voulez savoir, bien que je ne pense pas vous être plus utile que les parents de Méligne ou encore son manager. »
Domran détourne le regard en prononçant ces mots. Pour Lise il était clair qu'il savait quelque chose. Elle lui expliqua la situation, l'affaire des suicides sur laquelle elle enquête, ainsi que le suspect vivant à l'origine en ville et sa faculté inconnue qui lui permet de repérer les gens en détresse et qui a pu faire la rencontre de Méligne en ce moment précis.
Au fur et à mesure que Lise parle, l'homme devient de plus en plus livide.
« Selon vous, cet homme en a après Méligne ?!
- Ce n'est que supposition, mais oui. La chaîne se limite à cinq zones, Safrania et les villes adjacentes. Cela signifie que notre tueur ne peut pas voyager rapidement. Je pense qu'il se déplace à pied de ville en ville et qu'il n'a plus de victime en vue pour le moment, du moins il en avait plus jusqu'à que les paparazzis fassent leur sale boulot. »
Lise prend une pause pour laisser Domran réfléchir. En voyant son indécision, elle reprit.
« Écoutez, je vais être honnête avec vous, je vois bien que vous me cacher quelque chose. Je suis certaine que vous en savez plus que vous ne vous voulez me le faire croire. »
L'homme hésita encore un moment, mais rongé par la peur il finit par avouer.
« De toute façon si vous enquêtez un peu vous aurez vite fait de le découvrir. Je suis le président du Fan-Club Méligne la copieuse, mais je suis aussi son ami d'enfance, du moins depuis notre adolescence. C'est bizarre n'est-ce pas, un ami fan de son ami ?
- Non je ne le pense pas. Excusez mes manières mais pour le moment ce qui m'intéresse c'est de savoir ce que vous me cacher. Vous savez où se trouve Méligne ?
- …oui. Elle m'a mis dans la confidence, même ses parents ne le savent pas, sinon ils auraient voulu l'accompagner. Elle est partie à Céladopole acheter des fleurs à mettre sur la future tombe de Mélo-Méla.
- Dans la grande surface commerciale de Céladopole donc ?
- Sûrement oui, je ne vois pas d'autre lieu.
- Et ça remonte à quand ?
- Hier après-midi. Mélo-Méla est mort il y a deux jours, elle savait qu'elle serait entouré par les paparazzis et les fans en tous genres, elle a donc surmonté son chagrin et est venue me voir pour me dire où elle allait et qu'elle ne voulait pas qu'on la dérange. Vous savez, c'est Méligne la copieuse, elle n'a aucun mal à se déguiser en une autre personne, elle a donc pu passer le contrôle du gardien à la frontière sans éveiller de soupçon.
- Merci pour cette information. Je ne vais pas attendre une seconde de plus pour me rendre à Céladopole. Quant à vous, je ne saurais que trop vous conseiller de garder votre secret sur sa disparition, on serait bien gêné si un troupeau de journaliste et de fans venait envahir Céladopole et son magasin, ça ne ferait que compliquer les recherches. »
Lise est sur le point de partir quand Domran l'interpelle à nouveau.
« Attendez. Avant de partir vous devriez l'emmener avec vous.
- Qui ça ?
- Le partenaire de Méligne, Plincha le Mr.Mime. Ce n'est pas son pokémon et il réside dans les locaux du studio de production, mais je sais qu'à force des spectacles il y a un lien qui s'est créé entre eux, peut-être sera-t-il en mesure d'atténuer son chagrin, moi je n'ai pas réussi…
- Je vois, ça me semble être une bonne idée en effet, depuis le temps qu'il travaille avec elle il devrait être capable de la reconnaître, même déguisée. Par contre, s'il est vraiment dans le studio, je doute pouvoir l'emmener avec moi aussi facilement et le temps me fait défaut.
- Non, vous ne devriez pas avoir de mal à le trouver. On le traite comme un humain, il sort du studio quand ça le chante. On peut souvent le voir trainer en ville et il est facilement reconnaissable car il porte toujours son nœud papillon emblématique de la scène. Je suis sûr qu'à l'heure qu'il est il doit lui aussi se faire du mauvais sang.
- Dans ce cas je m'en vais le chercher dans la ville avant de partir pour Céladopole. Encore merci.
- Trouvez là, je vous en prie ! Même si elle n'était pas menacée, je m'inquiète pour elle ! cria-t-il, mais Lise et Laris étaient déjà partie. »

Lise et Laris n'ont pas eu à chercher bien longtemps avant de trouver le Mr.Mime, le pauvre était entouré de groupies cherchant à faire un selfie avec lui ou à obtenir un autographe, l'empêchant de poursuivre sa route.
« Laris, pas le temps de faire des manières. Sautes jusqu'à lui et utilise flash pour tous les éblouir, j'attraperais Mr.Mime durant ma course.
- Pikapi ! »
Aussitôt demandé, aussitôt fait, les fans n'ont pu avoir le temps de comprendre ce qu'il se passait.
« C'est la splendeur de Plincha qui m'a éblouie ! fantasma une fan »
Lise attrapa le Mr.Mime par les cheveux, la seule partie de lui qui dépassait du cercle de fans.
« Miiiiime ! cria-t-il.
- Désolé mon grand, mais je t'expliquerais plus tard. Nous devons nous mettre en route. »

Le temps d'arriver à Céladopole, le soleil commençait à se coucher. Le ciel est découvert mais un puissant vent souffle. Sur le chemin, Lise avait raconté à Plincha la situation. Ce dernier n'ayant pas de maitre, elle lui proposa de l'enfermer temporairement dans une ball pour simplifier leurs déplacements. Il faut reconnaître qu'il n'est pas très endurant, sûrement plus habitué par l'effort de la scène que des combats.
Il est tard, mais les magasins sont encore ouverts en ville. Lise décide de passer par le QG avant de partir pour le centre commercial, afin de leur exposer la situation et de demander des renforts à la recherche de Méligne. Il lui fallait aussi distribuer des photocopies de la photo de Mau à tous ceux participants aux recherches dans la ville, ainsi qu'aux officiers se trouvant à Lavanville, prêts à mettre la main sur le tueur en série si jamais il avait le malheur de s'y rendre.

Lise et Laris vont ensuite au centre commercial. Le lieu a beau être immense, il était bondé. Les deux détectives vagabondent un peu avec Plincha, ils espéraient que ce dernier trouve sa partenaire de scène, en vain. Ils décident alors de se concentrer sur l'étage des souvenirs.
À ce niveau on y trouve des poupées, des fleures ou encore des peluches étalées sur les comptoirs, c'était le bon endroit pour acheter des souvenirs, des présents et autres.
« C'est peine perdue, impossible de la trouver, se découragea Lise. On a affaire à une pro du déguisement et de l'imitation après tout, même si je pensais pas qu'elle aurait la force de jouer la comédie. »
Le Mr.Mime déprime, il s'en veut de ne pas être plus utile. Laris a de la peine pour lui et lui tapote l'épaule.
« Allons voir le responsable de l'établissement pour lui demander s'il est possible de visionner les enregistrements des caméras de sécurité. Elle sera assurément déguisée, mais au point où nous en sommes c'est tout ce que nous pouvons faire. »
Le directeur accepta, mais les vidéos ne donnèrent rien non plus, Lise manquait surtout de temps. Il n'était pas envisageable pour elle de perdre de nombreuses heures à scruter des écrans.
Il est l'heure pour le magasin de fermer, nos amis se retrouvent au pied de l'immeuble, il fait maintenant nuit noire dehors.
La détective se fit la réflexion qu'avec Ruzarde, elle aurait pu pister la trace de Méligne, mais elle se reprit aussitôt pour ne pas retomber dans la déprime à son tour.
« Je doute qu'elle ait fait le chemin à pied de Safrania à Céladopole. Si elle est venu au magasin, elle n'a pas dû s'attarder plus longtemps dans la ville et on l'aurait loupé sur la route. Heureusement j'ai pensé à noter le numéro du fan-club, il n'y a plus qu'à espérer que Domran soit là. »

Driiing ~ Driiiing

« Allo ?
- Mr Domran ? Lise à l'appareil. Je suis la détective qui vous a questionné cet après-midi au sujet de Méligne.
- Oui bonsoir, vous avez pu la retrouver ?
- Hélas non. J'espérais qu'elle soit rentrée à Safrania et se soit réfugiée au club en voyant sa maison cernée par les journalistes. D'ailleurs, savez-vous si sa maison est toujours entourée de mondes ?
- J'y ai fait un tour il y a une heure justement. Il y avait moins de monde mais il restait encore des journalistes, certains dans leurs voitures, scrutant la maison. Je crois qu'ils comptent camper jusqu'à son retour.
- Quels imbéciles, s'emporta la détective. Je vous remercie, je m'en vais donc reprendre mes recherches. N'hésitez pas à m'appeler si vous avez du nouveau. »
Lise se mise à réfléchir et à se remémorer les détails de l'affaire.
« Les suicides ont eu lieu à Safrania et aux alentours, les deux sexes sont concernés, il n'y a pas non plus de fixation sur l'âge, toutes les catégories sont touchées, même des enfants. Dans ce cas je dois me concentrer sur le mode opératoire. À part quelques exceptions, la majorité des suicides étaient des chutes du haut d'un immeuble… »
Elle prend aussitôt son portable et appelle le QG de l'ASOK.
« Agence de sécurité et de l'ordre de Kanto j'écoute ?
- Détective Lise à l'appareil, chargée de l'affaire 72. Que ce soit Méligne, que je crains d'être la prochaine cible, ou notre suspect, ils sont tous les deux introuvables, ce qui renforce mes craintes. Je vais vous demander d'envoyer le plus rapidement possible des renforts pour chercher dans tous les immeubles de plus de 2 étages à Céladopole mais aussi à Safrania, Lavanville, Carmin-Sur-Mer et Azuria. Il faut vérifier tous les toits, utilisez des pokémons vols si besoin. Pour ma part, comme je suis à côté je me charge du centre commercial de Céladopole.
- Entendu, je vais transmettre vos directives à toutes les villes concernées. Soyez prudente. »

Lise se retourne et regarde le toit du centre commercial.
« C'est fermé. Nous allons devoir grimper par l'échelle de secours derrière le bâtiment. Heureusement que nous habitons ici, n'est-ce pas Laris ? Nous allons pouvoir mettre à profit notre connaissance du terrain. »
La détective rentra Plincha dans sa pokéball, pour lui épargner la fatigue de la montée, mais surtout parce qu'il risquait de les ralentir.
Il leur fallut une bonne demi-heure pour grimper l'immeuble. Laris arrive en premier au sommet, il crie, demandant ainsi à Lise de se dépêcher.
La détective, essoufflée, presse le pas malgré la fatigue. En haut, c'est une Méligne en larmes et à genoux qu'elle voit en premier. En face de la copieuse, une ombre que la détective avait du mal à discerner. Laris court rejoindre Méligne, et se place devant elle pour la protéger.
« Vous, pas un geste ! ordonna Lise »
Elle n'a en réponse qu'un silence pesant. En s'approchant, c'est la silhouette et le visage de Mau qui se dessine.
« Alors c'était bien vous… »
Sans lâcher du regard le suspect, Lise s'approche à son tour de Méligne.
« Méligne, enfin je vous trouve. Lise met sa main sur son épaule pour la rassurer.
- Vous ne devez pas rester là. J'ignore ce que cet homme vous a dit pour vous mettre dans cet état, mais sachez que tous vos proches s'inquiètent pour vous. Non seulement votre famille, mais aussi Domran et tous vos fans à travers Kanto.
- Laissez-moi ! J'ai besoin d'être seule.
- Oui, je comprends, mais il arrivera un moment où vous aurez besoin d'être entouré. En attendant, il hors de question que je vous laisse ici avec lui. » Elle fit signe de la tête en direction de Mau.
« Écoutez, je comprends que trop bien votre douleur, mais il faut que vous ressaisissiez. La vie est teintée de souffrance comme de bonheur, mais ça reste une magnifique aventure. Votre ami s'en est allé, peut-être trop tôt je l'ignore, cependant vous devriez vous efforcer de vivre, en mémoire de Mélo-Méla. Perdurer son souvenir, vivez et faites de nouvelles rencontres. »
Rien à faire, la jeune fille n'écoute plus Lise. Le vent se fait de plus en plus fort, étouffant les sanglots de Méligne. Laris, lui, écoutait attentivement sa maitresse parler à la jeune fille, ses mots ne le rendaient pas insensible. C'est alors que Plincha décide de sortir de sa pokéball. Il s'accroupit devant sa partenaire, dénoue son nœud papillon et s'en sert pour essuyer les joues de la jeune fille. Cette dernière reprit ses esprits et leva la tête.
« Mime… dit-il d'un air compatissant.
- Plincha, tu es venu jusqu'ici pour moi ? murmura Méligne avec sa voix cassée. »
Le Mr.mime hoche la tête et la prend dans ses bras pour la relever.
« Plincha, emmène là auprès d'un pokélicier, loin de l'immeuble. Demanda posément Lise. »
Lise et Laris se retrouvent seuls face à Mau. Ils s'approchent doucement de lui.
«Mau, vous êtes un ignoble personnage. Poussez des gens en détresses à ce suicider, c'est impardonnable, vous ne les aidez en rien ! Encore pire quand cela concerne des enfants qui n'ont pas conscience de la mort. »
Mau se contente de regarder le sol, visiblement ailleurs.
« Vous en êtes en état d'arrestation Mau! Vous m'entendez ?! Poussez tous ces gens aux suicides ne vous aidera pas à soulager la perte de votre sœur Carolina ! »
Mau réagit à ces paroles. Il lève les yeux, le regard triste. Ce n'était pas un regard de lamentation, non, c'était un regard désolé, désolé pour la personne qui se tenait devant lui.
« Je ressens votre douleur, vous avez perdu un compagnon récemment, ma pauvre, je compatis. »
Lise reste bouche bée.
« Comment, comment peut-il savoir ça ? On ne se connait pas. C'est comme ça qu'il a pu repérer ses victimes ? Pensa-t-elle à voix haute.»
La détective est troublée par les paroles du tueur, son cœur s'emballe. Laris lui, se met en garde, prêt à attaquer si Mau faisait le moindre geste.
Soudain, la température chute brusquement. Lise et Laris sentent une présence sortant de nulle part derrière eux. Lise ne peut détacher son regard de Mau, mais Laris, lui, tourne légèrement sa tête.
Deux grands yeux étaient apparus, flottant dans les airs. Grand frisson pour la souris, c'était un ectoplasma. Ce dernier resta immobile une fois son corps entier devenu visible.
Mau se met à marmonner.
« Mon petit, mon tendre enfant…maman pense toujours à toi. Grand frère va te sortir de ce lit. »
« Que raconte-t-il ? Il a l'air complètement perdu. Maman ? Grand frère ? Son esprit est plongé dans la confusion, il ne sait même plus qui il est, comme je le pensais. L'esprit de la gardevoire a bel et bien fusionné avec celui de Mau. »
Elle jète un coup d'œil à l'ectoplasma derrière eux, il reste immobile. Il est un peu différent de ceux qu'elle avait déjà rencontrés, celui-ci ne souriait pas. Lise décide de profiter que Mau soit perdu dans son délire pour aller le menotter, sans se poser la question de savoir pourquoi l'ectoplasma était apparu, s'il était lié ou non à Mau.
C'est lorsque Lise est à deux mètres de Mau que le pokémon spectre se met en mouvement. Il se précipite vers Lise, Laris qui était entre les deux a à peine le temps de prévenir sa maitresse. « PIKA ! »
Lise plonge sur le côté évitant le monstre qui se place derrière Mau. L'homme, sans dire mot, lève le bras en pointant la détective et Laris, l'ectoplasma les attaque alors avec une ball'ombre.
« Laris, attaque fatal-foudre ! »
Les deux attaques explosent. L'ectoplasma enchaîne aussitôt avec un coup-bas qui fait mouche. Laris est projeté au loin mais Lise le rattrape au vol.
« Ça va ? s'inquiète-t-elle.
- Pi, rassure Laris. »
« Cet adversaire va être difficile, Mau ne donne aucun ordre direct à ce pokémon.
- C'est plutôt que vous ne pouvez les entendre, répondit Mau. Mes ordres je les pense, il se tapote la tête avec un doigt. Ce plaisantin est capable de lire en moi comme dans un livre, nous sommes en parfaite osmose.
- Est-ce là le résultat de l'expérience de Lauzeur ?
- Qui sait ? »
Le pokémon spectre charge à nouveau. Il lance l'attaque hypnose, mais Lise ne sachant pas de quoi il s'agit, par prudence, demande à Laris d'utiliser abri. À nouveau, les deux adversaires prirent une pause et s'observèrent.
Mau prit de nouveau la parole.
« Qui avez-vous perdu ? Je peux vous aider à mettre fin à cette douleur. »
Lise est de plus en plus mal à l'aise, les larmes aux yeux, son cœur ne cesse d'accélérer, mais elle ne se démonte pas pour autant, au contraire, la rage commençait aussi à prendre place.
« Fermez-la ! Ce n'est pas à vous de dire ce dont j'ai besoin. Oui je suis triste, mais à quoi bon ? À quoi bon chercher à fuir en mettant fin à ses jours ? C'est trop facile et cela ne mettra pas un terme à ce cercle de deuil. Laris, il est là, il compte pour moi et je compte pour lui. »
Lise a à peine le temps de frotter ses yeux pour sécher ses larmes que l'ectoplasma apparaît devant elle et prend possession de son corps.
La détective est prise de convulsion, ses yeux se révulsent. Elle commence alors à marcher machinalement.
« PIKACHU ! Cria Laris, tentant de la réveiller, sans résultat. »
Lise s'approche dangereusement du rebord, Mau la rejoignit.
« Il aurait été préférable que vous le fassiez vous-même, c'est pour votre bien après tout. Quand mon esprit a fusionné avec cette gardevoire, j'ai commencé à ressentir les sentiments des gens, bons comme mauvais. La tristesse m'était insupportable. Mais j'ai compris, j'ai compris ce que je devais faire, soulager la peine autour de moi ! Et vous, bientôt vous ne connaitrez plus la douleur d'avoir perdu votre compagnon. »
Laris assiste en larmes à la scène, impuissant. Il crie désespérément malgré que le vent sifflant couvre sa voix. C'est alors que Lise se retourne. Ses yeux sont toujours révulsés mais Laris sent son regard sur lui, sa présence.
Est-ce la mémoire du corps qui agit, ou bien Lise qui, combattant intérieurement appelle à son compagnon d'agir ? Quoi que se fut, elle leva son bras vers le ciel, c'est le signal.

Mau, effrayé de ne pas comprendre pas ce qui se passe, donne pour la première fois un ordre à voix haute. « Fais la sauter ! Maintenant ! »
Laris comprend ce que Lise lui demande. Pour lui c'était sûr, elle voulait qu'il attaque, c'est maintenant ou jamais. Laris envoi un fatal-foudre. Un éclair s'abattit sur le corps de la jeune femme, l'ectoplasma s'échappa du corps, touché par l'attaque, mais s'évanouit dans l'obscurité de la nuit.
Mau, qui était à côté se prend lui aussi une onde de choc, le faisant tomber à la renverse dans le vide, quant à Lise, elle avait repris ses esprits sur le coup et tomba en avant, à genoux, sonnée.
Laris court rejoindre sa maîtresse, il pensait que c'en était fini de Mau, mais la joie fut de courte durée.
L'homme, dans sa chute, s'était accroché à l'imperméable de Lise, la précipitant avec lui dans son funeste destin. Laris en larmes, ne peut même plus crier. Il s'évanouit.


Quelques semaines plus tard, après avoir bouclé l'enquête et éclaircit les zones d'ombre, l'ASOK mit un billet à disposition de la population afin de les informer des évènements passés.

C'est dans cet article que l'on apprend que Mau, lors de l'échange d'esprit, avait obtenu par la même occasion la capacité qu'ont les gardevoirs, et leurs pré-évolutions, de ressentir les émotions. De même, les pouvoirs psychique de la gardevoire lui permettaient d'éveiller un sentiment de mal-être et de désespoir en parlant simplement à ses victimes.
Ces dernières, troublées, mettaient fin à leur jour de leur propre chef dans la plupart des cas, dans le cas contraire, l'ectoplasma entrait en scène.
C'est d'ailleurs encore l'expérience qui permit à Mau de se lier et de contrôler facilement le pokémon spectre, qu'il trouva dans les labos de la Sylphe SARL peu après avoir quitté le Doc. L'article mentionnait aussi le Doc. Les psychiatres ont conclu qu'il n'était qu'un scientifique fou, en manque de reconnaissance et sujet à un complexe d'infériorité.

La fin du billet mettait en avant la bravoure et l'héroïsme dont a fait preuve Lise, grande détective dont l'efficacité n'était plus à prouver.




Plusieurs mois plus tard,

C'est le printemps, il fait bon et le temps est ensoleillé à Argenta. Une jeune femme s'occupe de son jardin à l'aide d'un Mr.Mime, c'était Méligne et Plincha. Méligne a déménagé peu de temps après les événements, préférant faire une pause dans sa carrière et prendre de la distance avec le stress lié à la vie d'une grande ville. La proximité d'Argenta avec le Mont Sélénite lui permet de rendre visite plus souvent à Mélo-Méla, dont la tombe se trouve à l'entrée de la grotte, près de ses congénères.

~Ding-Dong~

On sonna à la porte. En ouvrant, Méligne se trouve devant un homme de grande taille à l'air négligé, habillé d'un imperméable qui lui rappelait bizarrement quelqu'un.
« Bonjour, à qui ai-je l'honneur ?
- Bonjour mademoiselle. Je m'appelle Beladonis, je suis détective.
- Oh…Est-ce pour cette affaire ? Il y a des faits nouveaux ?
- Non non mademoiselle, je ne suis pas de la région, je ne suis pas concerné par cette enquête qui de toute manière est close. Ce qui m'amène ici est au sujet de ma disciple Lise, et plus précisément de celui qui l'épaulait à son travail, dit-il.»
« Je suis sincèrement désolée pour ce qui est arrivé au détective Lise. Chaque jour je me remémore ce jour et je me dis qu'elle n'aurait jamais monté cet immeuble si je n'avais pas été là.
- Vos excuses n'ont pas lieu d'être, mademoiselle. J'ai connaissance des tenants et aboutissants de cette triste histoire. Lise a fait son boulot et grâce à elle, cette macabre affaire a prit fin. Elle serait sûrement heureuse de vous voir vivre pleinement votre vie, plutôt que de vous torturer sur le passé.
- Vous avez sûrement raison… »
Méligne regarde alors une petite ombre à l'autre bout de la pièce, assise sur le rebord d'une fenêtre.
« Vous êtes venu le chercher ? demande-t-elle tristement.
- Cela dépend de vous, et de lui aussi. »
Le regard ailleurs, Laris était perdu dans ses pensées.
Peu de temps après avoir été secouru en haut du centre commercial, un agent de l'ASOK rendu visite à Méligne, alors qu'elle résidait encore à Safrania. Il lui proposa d'adopter Laris, meurtri par la perte de Lise. Il pensait que lui et Méligne, elle-même toujours en deuil de son mélofée, pouvaient se réconforter mutuellement et passer cette épreuve ensemble. Il voulait aussi l'éloigner du climat austère d'un commissariat.
Cela fait maintenant plusieurs mois que Méligne s'occupe de la petite souris.
« J'ai maintenant fait mon deuil, mais Laris, lui, encore aujourd'hui je suis incapable de lui redonner le sourire. Il est inconsolable, il mange peu et passe ses journées à regarder par la fenêtre. »
Beladonis pousse un soupir en écoutant Méligne.
« C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, lui répondit-il. C'est l'ASOK qui m'a indiqué où vous trouvez. J'aimerais emmener Laris avec moi, près de la tombe de Lise.
- Près de sa tombe vous dites ?
- Oui. Lise n'était pas Kantoïte. Je pense qu'avoir un lieu où se recueillir lui permettrait de faire passer à autre chose. Voir les paysages que Lise a foulés de ses pieds étant petite, lui apporterait beaucoup, qu'il s'imprègne de ses souvenirs. J'habite une petite maison, un peu à l'écart du centre, l'air frais de la nature lui ferait le plus grand bien, rassura-t-il. »
« Vous savez, j'ai été prévenu tardivement de la mort de ma disciple. Le temps de venir, vous étiez déjà partie. Je pensais récupérer sa feunarde, mais j'ai appris sur place qu'elle n'était plus de ce monde elle aussi. C'est alors que je me suis souvenu de Laris. Je ne l'ai jamais rencontré, mais Lise me parlait constamment de lui dans ses lettres. »
Il regarde la petite souris derrière Méligne et lui demande s'il peut lui parler, elle lui fait signe d'entrer. Beladonis s'approche et s'agenouille à la hauteur de Laris.
« Bonjour Laris. Je m'appelle Beladonis, peut-être as-tu déjà entendu parler de moi ?… » Aucune réaction.
« Que dirais-tu de m'accompagner et de rendre visite à ton amie ? »
Les yeux du petit pikachu se mirent à briller, une larme coula le long de sa joue rose. Il se retourna et hocha la tête en signe d'approbation. Méligne commence alors à pleurer, attristé à l'idée de dire adieu à cette petite souris à laquelle elle s'était attachée.

Quelques mois plus tard c'est durant l'été que l'on retrouve Laris, assit sur un poteau d'une barrière en bois. Il regarde une grande ville que l'on peut apercevoir au loin. Là-bas se trouve le cimetière où repose Lise.
Les paroles qu'a eues cette dernière pour Méligne en haut du centre commerciale de Céladopole, afin de l'aider à se ressaisir, revenaient sans cesse dans la tête de Laris. Il se retourne alors et regarde la forêt qui s'étend devant lui, elle semblait l'appeler, l'aventure.

La porte de la maisonnette s'ouvre, Beladonis appelle Laris pour qu'il vienne manger. Mais c'est tristement qu'il regardera longuement le poteau vide.
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