Message édité le 5/7/2009 à 01:50.
Je veux bien évidemment parler de leur nature "précieuse".
Nul n'y échappe, c'est même et surtout dans ce qui est censé être le temple de l'information objective et publique que l'on retrouve le plus ce genre de cliché, c'est-à-dire dans la presse généraliste.
Il ne s'écoule malheureusement pas une journée sans que l'on n'apprenne la nouvelle de tel ou tel accident tragique. La presse informe, normal.
Ensuite, insidieusement, se faufile le cliché.
"(...) dont le nombre de victimes s'élève à seize personnes dont trois enfants".
Pourquoi pas seize personnes dont huit sourds-muets ?
Pourquoi pas seize personnes dont trois immigrés (même légaux) ?
Pourquoi pas seize personnes dont deux agriculteurs ?
Exemple facile, me direz-vous. Mais il y a bien d'autre situations, et la précision n'est pas toujours aussi directe.
"Une mère de famille s'est fait renverser sur l'autoroute unetelle et a succombé à ses blessures (...)"
Pourquoi pas une cadre supérieure ?
Pourquoi pas une bénévole des Restaurants du Coeur ?
Ces deux dernières positions sociales sont pourtant plus profitables à la société et manqueraient d'autant plus cruellement. Mais passons.
Notons également que dans le cas du premier exemple, la société sera concrètement plus perturbée par la disparitions des autres catégories que les enfants. Passons égalements =/
Dernier exemple, qui me permettra d'embrayer sur un débat et quelques pistes, que chacun a dû rencontrer un nombre immense de fois également:
"Mais comment pouvez-vous faire ça à un enfant ?" lorsqu'une personne vient d'accomplir un acte agressif envers un enfant, et qu'un inconnu s'interpose.
La personne prenant la défense supposerait-elle que :
- Un adulte n'aurait, par opposition, pas mérité qu'on prenne sa défense ?
- L'enfant, bien qu'elle ne connaisse pas la raison de l'acte agressif, ne pouvait en aucun cas le mériter, à cause justement de son statut d'enfant ?
Ainsi, les enfants bénéficient d'une sorte d'immunité, de supériorité de droit vis-à-vis des adultes et même des adolescents.
La question à 666 millions d'Euros est donc : Qu'est-ce qui pourrait (éventuellement) justifier de tels privilèges ?
Êtes vous d'accord avec le tournant qu'a cette fois-ci pris la Société ?
Voici une partie de mon raisonnement.
- Les enfants méritent la vie parce qu'ils sont et naissent innocents (JJ Rousseau en force).
=> Invalide, il suffit de regarder des enfants que l'on juge parmi les plus innocents livrés à eux-mêmes pour constater combien le mal germe facilement en eux. Pour une bonne illustration, lisez Sa majesté des mouches. Les allergiques à la fiction n'auront qu'à observer une récré sans contràle d'adultes.
- Les enfants méritent la vie parce que ce sont eux qui vivront encore le plus longtemps/eux qui sont le futur de la Terre.
=> Raisonnement très poétique s'il en est, mais inapplicable à grande échelle d'une part (imaginez, tous les adultes se sacrifiant, livrant tous les enfants du monde à eux-mêmes... Elle serait belle, l'espérance de vie).
Ensuite, il ne faut pas oublier qu'on vit dans le présent.
On préfère sauver un bébé de la mort plutôt qu'un jeune cadre de 25 ans, alors que la Société perdra bien plus d'investissement en même temps que le jeune homme qu'en se séparant d'un individu cheap et remplaçable en deux ans maximum...
- Les enfants sont attendrissants et n'ont rien fait pour mériter [cequevousvoulez].
=> Hé oui, mais la vie est injuste. Ne tuons-nous pas certaines espèces à tour de bras ? (boeufs, poulets, ...).
Vous me direz "Mais attends, tu compares des enfants et du bétail ?! Ordure !!"
Je vous répondrai "Anthropocentrisme primaire !" Vous encouragez la survie de votre propre espèce, c'est bien, vous suivez gentiment les voies darwiniennes ^^
Bon, d'accord, je n'encourage pas les actes agressifs envers humains, mais c'était juste pour montrer que cet argument ne tenait pas la route...
Les enfants méritent-ils cette protection ?
Comment la justifier rationnellement ?
Est-elle raisonnable ?
La trouvez-vous équitable ?
Approuvez-vous, appréciez-vous ?



