Cet essai en forme de coup de gueule se base avant tout sur des faits d'actualité, et d'un constat fait ça et là dans mon entourage. La France semble avoir beaucoup perdu de sa superbe depuis quelques années, voire décennies (je me hasarde à dire que c'est depuis mai 68, mais je n'irai pas plus loin...): entre le fiasco extra-sportif de la coupe du monde 2010 (et oui, on peut quand même en tirer des conclusions sociales, ne serait-ce qu'a posteriori), les grèves à répétition, et la toute récente étude comme quoi nous serions très en dessous de la moyenne des pays industrialisés sur le plan du niveau scolaire, pour ne citer que quelques faits parmi les plus récents, beaucoup de choses liassent à penser que, du moins par rapport au reste du monde "riche", tout va mal...
Mais il y a pire. En ce qui me concerne, je ressens un malaise en forme de constat de plus en plus amer. Une impression que la société se dirige petit à petit vers une politique d'aliénation. Tout d'abord, reprenons cette baisse du niveau de l'éducation. Ce n'est un secret pour personne, l'Education Nationale bat de l'aile, le niveau de beaucoup de jeunes est déplorable (orthographe à arracher les yeux, absence flagrante d'intérêt pour les cours, perte de la "soif d'apprendre"...). Socialement, la mode est visiblement au mépris de la réussite scolaire, à la limite, pour être cool, il faut avoir la flemme de travailler ou de faire quoi que ce soit. Une aphasie totale quoi. Et à ce moment là, comment un jeune, s'il n'a aucune envie de développer sa curiosité, pourra-t-il se poser des questions sur ce qui se passe autour de lui? Comment prendra-t-il des décisions importantes, si ce n'est pas effet de masse (exemple criant: les lycéens en grève, dont la position est pour ainsi dire assez insaisissable)... A qui la faute? A beaucoup de gens, c'est sûr. Les parents, les profs, les étudiants eux-mêmes... En regardant autour de moi, j'ai l'impression que plus personne n'a envie de les pousser, de les tirer vers le haut... Un exemple particulièrement criant. Il y a quelques années, au bac, y compris scientifique, une bonne orthographe était exigée. Maintenant, on peut pratiquement écrire en SMS tant qu'on est pas en français et en philo. Bonjour les dégâts par la suite... Bref, on semble vouloir niveler tout le monde par le bas, et ça, c'est propice à fabriquer de petits moutons.
Au delà de ça, et sans vouloir jouer les cassandres, un autre constat peut se faire sans difficulté: la chute libre des médias. Plus le temps passe, plus la télé, les radios, les journaux, plongent vers un niveau de rédaction et d'information proche de l'étron. Emissions sans intérêt (je suis pas contre les divertissements, mais quand c'est à outrance et complètement débile, là je dis stop...), informations manipulées, ou du moins hiérarchisées selon les besoins de la rédaction, c'est à dire politiques, commerciaux, ou simplement pour faire de l'audimat, il y a des jours où je me dis qu'on nous prend vraiment pour des cons. Ce qui m'inquiète, c'est que tout le monde ne pense peut-être pas ça. Sans céder à la paranoïa, si certains apportent du crédit à la merde emballée qu'on nous livre de plus en plus souvent dans les médias, ça fait franchement peur... On en revient à nos petits moutons de tout à l'heure.
La pensée est-elle en chute libre? Cherche-t-on à fabriquer des masses, facilement manipulables? L'ambition et le goût de la réussite sont-ils petit à petit en train de devenir mal vues? Prouvez-moi que mes inquiétudes ne sont pas fondées...

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