Message édité le 25/12/2019 à 00:01.
Joyeux Noël, le Pass. Je te souhaite un joyeux Noël pour cette année et toutes les précédentes que j’ai manquées.
Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour te remercier. Te remercier pour tout ce que tu m’as apporté au cours de ces quinze dernières années. Te rends-tu compte ? Tu as fait parti de ma vie, de près ou de loin, pendant la moitié de mon existence. Tu m’as vu grandir, changer, évoluer. Evoluer ? Non, peut-être pas tant que ça. Il est arrivé que nos rapports aient été tendus et que des périodes de séparation fussent parfois nécessaires. Mais tu n’étais jamais bien loin. Toujours là, quelque part dans un recoin de ma mémoire, à la lisière de ma conscience, profitant de la moindre occasion pour te rappeler à mon bon souvenir.
Tout ça pour dire que… Tout ça pour dire quoi au juste ? Tu as été une partie de moi, de ce que je suis aujourd’hui. Et tu le resteras probablement encore longtemps. Pourtant, et tu le sais aussi bien que moi, quelque chose a changé. Tu sais ce qu’on dit : ce n’est plus comme avant.
Il est indéniable que ça fait quelques temps déjà tu n’es plus tout à fait ce que tu as été. Il faut se rendre à l’évidence. Tu n’as pas vieilli aussi bien ni à la même vitesse que nous. Aujourd’hui, tu es exsangue, fatigué, vidé de toute la substance qui faisait que tu étais vivant. Ceux qui restent, ils sont bien rares. Ces irréductibles qui tentent de te maintenir au seuil de la conscience, faisant les questions et les réponses. Petites fourmis aux traits tirés. Je les remercie d’essayer encore. De ne pas te laisser tomber comme beaucoup l’on fait. Mais je ne peux leur reprocher ce que moi-même je m’apprête à faire.
Pourtant, nous en avons vu passer de vaillants visages qui t’ont aimé : 1 jour. 1 mois. 1 an. 10 ans et plus encore… Certains sont oubliés, tombés dans les archives de nos mémoires, de ces petits cartons que nous sortons quand nous nous sentons nostalgiques. Il y en a qui sont partis tout simplement, sans laisser de trace, quand d’autres encore sont devenus des amis. Mettre un prénom sur un pseudo, n’est-ce pas là la preuve ultime de ce que j’avance ? Merci. Merci, rien que pour ça déjà.
Mais le diagnostic est là, il faut l’accepter. Des amis avec toi, je ne m’en ferai plus. Des délires avec toi, je ne m’en ferai plus. Des débats avec toi, je n’en aurai plus. Des nuits blanches à discuter à cœur ouvert, dans le noir de ma chambre, je n’en aurai plus. Les rires et les lol se sont dissipés. Même les trolls et leurs marteaux ont déserté. Disparus, il n’en reste que des échos dans de vides couloirs, ceux de ma mémoire.
Merci le Pass, merci. Pour tout ce que tu as fait pour moi. Dors le Pass, dors. D’un sommeil sans mot, de ligne sans code. Immaculé dans ton linceul. Emmitouflé dans ton manteau. Blanc comme la neige qui tombe un soir d’hiver. Dans le silence. L’oubli. Et la mort.
Dans mon cœur, tu seras toujours présent pour bien des années encore.
Au revoir le Pass, au revoir !
Dors le Pass, dors !
Et un joyeux Noël, le Pass ! Un joyeux Noël !


La santé surtout!



