Citation: Heureusement que je ne m'attendais pas à un remake du Seigneur des Anneaux, parce que j'aurais été très déçu. Si je devais comparer à Tolkien, je prendrais plutot le Silmarillon, où les héros tombent aussi drus que dans ces livres. Mais le langage et les histoires sont bien plus crues que le Silm, bien entendu. Le changement constant de points de vue selon les chapitres n'est pas compliqué à maîtriser une fois qu'on a réussi à associer les personnages, et le réalisme qui habite l'oeuvre (en particulier au début) est vraiment sympa, comme les descriptions des maniements d'armes et d'armures ou des campements, ou encore des festins avec tables à tréteaux... On se croirait vraiment dans un Moyen-Âge à peine mâtiné de fantasy. Bon, la fantasy et la sorcellerie prennent de plus en plus el pas au fur et à mesure qu'on avance, ce qui me fait plutôt préférer le début que la suite sur ce point-là. [...] J'ai l'impression parfois d'assister à un épisode des Feux de l'Amour, ne serait-ce que par le fait qu'il arrive toujours des problèmes encore plus extravagants à chacun des protagonistes au fil de l'histoire... Enfin, je devrais parler des protagonistes survivants. Si je peux donner un conseil à celles et ceux qui n'ont pas encore lu ce livre : ne vous attachez à aucun personnage. Plus il a l'air sympa, ou affectueux, ou digne d'un quelconque attachement, plus il aaura de chances de mourir. Je vous rassure quand même, les méchants meurent aussi. Ceux qui n'ont rien fait aussi. Bon, presque tout le monde meurt, de nouveaux personnages apparaissent, qui meurent aussi, laissant leur place à d'autres... "C'est l'histoiiiiire de la viiiiiie, ce cycle éterneeeeeeeeeeel..." On en vient presque à prendre pitié pour les pires salauds.
Il n'empêche que certains arcs de l'histoire sont vraiment passionants (Danaerys, Jon Snow ou encore Brienne de Torth sont parmi mes préférés). D'autres par contre sont très convenus et assez... chiants. Cersei par exemple, qui semble avoir perdu la moitié de son cerveau une fois que son mari ait été tué (par elle). Dommage, c'est un personnage qui promettait pas mal dans le genre garce méchante frigide manipulatrice... Au final, même un garçon de ferme sans intelligence pourrait paraitre plus dégourdi qu'elle. J'avoue ma très grande déception quant à son évolution. Je suis déçu aussi par le côté sorcellerie qui prend le pas sur les intrigues politiques et militaires. Ca ressucite à tout va, ça enchante, ça conjure, et autres trucs encore, comme la possession et la divination ou le réveil des dragons. Moi j'aimais bien le côté réaliste...
L'écriture en elle-même tient bien la route, et l'auteur adopte souvent un style proche du niveau culturel du personnage dont c'est le point de vue. C'est particulièrement flagrant les fois où on est en POV manant ou trouffion de base. Je trouve ça assez amusant et ça permet une assez bonne immersion. Après, les traducteurs français ont un peu poussé quand même sur certains dialogues, qui deviennent incompréhensibles tellement le langage est martyrisé. Je veux bien croire que les paysans parlaient un patois bien à eux, mais quand même...
Je pense cependant que même l'auteur n'a pas toujours une idée très précise de la destination de son histoire. Certains personnages sont très creusés et meurent subitement sans autre annonce, d'autres encore opèrent des virages psychologiques à 180° (Jaime ou le Limier par exemple), des villes, des religions et des civilisations entières apparaissent sans qu'on ait parlé d'elles auparavant (Braavos par exemple), et d'autres choses qui me font vraiment penser parfois aux problèmes des autreurs de fics à chapitres qui n'ont pas réfléchi au-delà du troisième chapitre.
En conclusion : ça se lit bien, le monde est assez bien construit, et même s'il y a plein de personnages, l'auteur ne se mélange pas les pinceaux (quitte à les évincer un peu hâtivement quand il n'en a plus besoin). Ce n'est pas un livre à lire en pointillé de temps en temps, mais il demande au contraire une réelle assiduité. On aimera particulièrement le réalisme moyenâgeux, et on regrettera parfois les rebondissements parfois extravagants.
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