wynaut a dit
Y'a rien à étayer Bart.
D'un càté on a ceux qui, en plus - en bonus - de choquer l'establishment royal (pas tout de suite pour les Beatles mais vive les Kinks, interdit de territoire Américain pour leur conduite non professionnelle dès 1964) nous abreuvait de titres d'unn genre nouveau. Des sonorités qui défrichaient tout un terrain disponible alors à l'après guerre. Du rock'n roll mélangé au blues, au R'n'B pour donner toute sortes de courants qui étaient chacun des viviers à génies. Vive les sons garage, british blues boom, power pop, parfois déja hard ou rock. Tout se melangait, tout a contribué à nous apporter de véritables perles dans chacun de ces domaines. Les musiciens savaient jouer et savaient pourquoi il jouaient.
Ils ont pu nous offrir autant de petits bijoux pop, rock bluesy que power pop ou psyché... leur musique fout la pêche, te prend aux tripes ou bien te met au 36e dessous.
On jouit sur All Day And All of Night, on prie sur My Generation, on convulse sur Voodoo Child, on pleure sur Since I'v Been Lovin You, on plane sur Stairway to Heaven. Certains morceaux sont tellements geniaux qu'ils nous dispensent de prendre des substances. Voir Echoes, Interstellar Overdrive ou Dazed&Confuzed. Ce sont des Portes de la Perception à elles seules.
Après, on pourrait dire la même chose sur les Américains arrivés à peine un an après et tout aussi déjantés. Est ce bien utile de réitérer toutes ces qualités ? Bien sûr que non.
Par ailleurs, peu d'autres qu'eux ont jamais été aussi ouverts aux autres styles, aux expérimentations. Ravi Shankar cotoyait les Who et Harrisson jouait de la Sitar sur un album anglais... toujours expérimenter, découvrir, aller de l'avant. Une compétition saine.
On passera aussi sur l'aspect socio culturel de tout ce mouvement. La société, la politique, le monde entier a changé grâce à eux. Le rock n'était pas réduit à l'état d'une galette consommable dans son lecteur.
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De l'autre càté, on a ceux qui, ont la tête de l'emploi. Alors on leur donne une guitare... belle mais usée avec soin. Et ils jouent un rock qui ne choque rien ni personne (on pourra leur concéder qu'il n'y a plus rien à choquer dans cette société infecte, si vous voulez). Un rock fade, sans profondeur, qui n'interpelle pas l'auditeur. Il ne transmet rien, il ny' a rien à percevoir dedans.
La maison de disque, impose, de toute façon son format vendeur, ce qu'elle sait que le public attend et prendra les yeux fermés.
Une prise de risque sonore ? impossible ! un groupe est un investissement et ces ptits jeunes n'ont que ça à accepter pour pouvoir jouer. On notera toutefois que le milieu specialisé connait de bons groupes actuels, ceux-ci resteront dans l'ombre pour l'éternité, ils ne conviennent pas, ils n'ont pas le format.
On arrive malgré tout à trouver des disques sympathiques pour une écoute d'un après midi... malheureusement, cela s'en tiendra à la production de studio. Les lives aujourd'hui sont déplorables. Les musiciens, plantés comme des piquets (Alex Turner style) durant tout le show, jouent les même versions que sur le CD... en moins bien. Car le travail de studio n'est, là, pas présent.
Alors que le rock puisait toute son essence, toute son âme dans le live et la communion avec le public, il n'en est plus rien aujourd'hui. Il a perdu l'essentiel. Tout cet art qui accompagnait les shows (lights shows, expérimentations sonores, vêtements...), toute l'ambiance.. il ny'a plus rien que des musiciens dont on se demande un peu pourquoi ils sont là. Je pense pouvoir dire sans prendre de risque, qu'aujourd'hui, dans le rock connu, j'entend, il ny' a plus de réelle philosophie live.
Mais on s'en fout car on arrive à réaliser pour chaque nouveau groupe le fameux fastest selling CD ever, (voir même celui qui a vendu le plus en une heure, en une soirée, dans Londres... très crédible).
Et Manoeuvre et ses clowns se chargeront de nous vendre la nouvelle galette à 23€ en prix vert a la FNOC ou bien un superbe fichier ZIP de 10 MP3@128kbps.
Maintenant Bart, dis moi que j'encense des concerts que je n'ai jamais vu. Dis le. J'en suis bien aise.
Car, je finirais avec les propos de ce vieux Phil May :
Aujourd'hui il vaut mieux voir quoi ? 50% des Who ou les Kooks ? Les Who naturellement.
Des Stones de 60ans, ça vaut toujours mieux que des Klaxons ou Arctic Monkeys.