"Pour en revenir donc à l'argent et aux 'valeurs', c'est bien de travailler pour aider son pays à se développer, c'est bien de travailler pour le mérite, etc. Mais si ce n'est pas pour assouvir une soif personnelle, ça ne sert strictement à rien de mon point de vue."< Justement, je pense que se faire plaisir en ayant un travail "altruiste" peut être tout à fait justifiable. Une fois encore, l'argent est un moyen (le meilleur moyen, sans doute, par ailleurs) pour accéder au bonheur, mais travailler de façon bénévole est tellement sur-valorisé que c'en devient dangereux idéologiquement, je pense notamment à l'icône la plus emblématique de cet idéal : Spider Man qui foire sa vie sociale pour sauver des inconnus banals. Les mercenaires sont peu à la mode chez les super-héros ...
Pourtant, côté "application", j'observe par exemple que quand on demande aux gens lors d'un jeu de rôle (dans lequel on demanderait surtout aux joueurs d'interpréter des personnages faciles à jouer pour eux) quelle est la motivation de leurs personnages, l'immense majorité des joueurs au bout d'un certain temps dit "je [mon personnage] vais à l'aventure pour gagner des trésors de plus en plus conséquents, quitte à sacrifier mes [ses] 'compagnons' pour ça" (ce qui est corroboré par la faible durée de vie des paladins à D&D ou des Brujah à Vampire, par exemple xD).
De même, nombre d'initiatives gratuites deviennent (au moins partiellement) payantes, je pense à certaines distributions Linux, à des anciens freeware bien utiles, ou à des idées novatrices pour du divertissement (vu que je suis plus g33k que financier, j'essaie de parler par expérience).
J'entends par là qu'entre les idéaux à suivre et les actes réels, il y a une marge immense, comme l'exposent ces exemples, peut-être très naïfs, mais qui se valent, imho.
J'allais oublier le fait que la recherche de toujours plus d'argent (à dépenser ou à conserver) est parfois une excellente source de bonheur si elle est bien entretenue, un peu comme le serait une drogue. Il existe bien, après tout, des "cercles de débiteurs anonymes", dans lesquels les membres parlent de leurs pulsions à dépenser, et pour qui l'argent est sacré, ce qui est aisément compréhensible ...