https://www.youtube.com/watch?v=kEZhCB8KdWw
Bon je suppose que quelqu'un l'avait déjà faite celle là...
Je comprends totalement cette absence de politesse envers les gens qui nous sont proches. La politesse est superflue, et comme l'a signalé Kinemu impolitesse ne veut pas dire incivilité.
Je ne suis pas quelqu'un de très poli par nature, je ne sais pas quoi dire et quand, je peux être très rustre même avec des inconnus et pourtant je fais toujours gaffe à respecter les "codes" (bonjour, svp, merci, au revoir, le tout avec un sourire) mais ce n'est pas naturel. En revanche, ce qui est naturel chez moi c'est d'évaluer le plus pratique pour le collectif, tout le temps et partout.
Par exemple, quand je monte dans un transport en commun je cherche l'endroit où je pourrai sortir rapidement quand j'en aurai besoin mais où je ne gênerai personne d'autre ayant besoin de se déplacer dans le wagon. Avant de monter dans un train ou un métro, j'attends que tout le monde soit descendu, pas tant par politesse que pour le côté pratique : pour que les gens puissent monter (pas que moi, tous ceux de mon côté du quai), les autres doivent être descendus pour faire un maximum de place. Sauf que la vie m'a montré qu'en France (pour les autres pays je ne sais pas trop, de ce que j'en ai vu l'Italie a le même soucis que nous) la majorité ne fonctionnait pas comme moi. C'est toujours une espèce de "moi MOI MOI d'abord, en premier, tout de suite, vite vite, avant que je ne puisse plus !" Et une fois que la personne est "sauve" elle ne pense pas aux autres pour autant. Ca, ça me gêne profondément.
Cela dit, il y a une autre chose qui est naturelle chez moi c'est de demander pardon quand je bouscule quelqu'un ou quand je dérange quelqu'un, j'ai tendance à sortir beaucoup plus spontanément un "désolée" qu'un "bonjour" ou un "merci". Je ne sais pas pourquoi. Parce que je n'aime pas déranger les gens sans doute, alors que bonjour, qu'est ce que j'en sais ? La personne passe peut être une journée épouvantable. C'est comme "ça va ?" c'est très con. Au moins le "désolée" n'exprime que mon sentiment personnel, le seul que je contrôle.
(Je m'éloigne du sujet de Kinemu là je crois bien...)
On a justement parlé des Chinois avec David aujourd'hui car dans mon immeuble quelqu'un (sans doute le concierge) a mis une affichette :
"Il est interdit de cracher dans les escaliers et autres lieux communs."
David m'a expliqué que quand il travaillait à l'ENA, les Chinois crachaient partout, pour eux c'était normal (culturel) mais en France c'est juste sale et dégueulasse. Les gens qui crachent dans la rue (et il y en a beaucoup malheureusement) sont considérés avec dédain et mépris (ça ne tiendrait qu'à moi je leur claquerais la tête sur le bitume tellement ça me répugne). Donc ils ont dû leur expliquer et leur faire signer un papier d'engagement sur l'honneur pour ne plus qu'ils crachent à l'intérieur des locaux.
Dans le même genre, en 2012 j'ai rencontré un étudiant chinois et on lui a demandé ce qui l'avait le plus marqué en arrivant en France.
Il nous a répondu la vulgarité. L'image dans la France en Chine est apparemment celle du Paris romantique : la mode, le luxe, la sophistication, la beauté des françaises (Coco Chanel et compagnie), les Lumières, la bohème... Et en fait il a été choqué de voir qu'on parlait comme des charretiers avec des merdes, des putains, des connards et des fait'chier à tous bouts de champs.
Au final la politesse française est issue d'un processus culturel très long et complexe.
Je ne sais pas ce qu'il en est pour les "bonjour, svp, merci, bonne journée" mais pour ce qui est de ne pas roter, ne pas péter, ne pas faire caca à table (véridique) ne pas s'essuyer avec la nappe, etc. Ce sont des codes de bonne conduite instaurés à la période moderne, au XVe siècle si j'ai bonne mémoire pour les premiers traités. Ce sont les nobles qui pour la première fois ont ressenti une gêne par rapport à certains comportements. Avec le temps, les bonnes manières ce sont lentement diffusées dans la société vers les autres classes sociales des villes (la ruralité comme d'habitude est un peu arriérée sur ce point). Sachant que la "parenthèse" de la Révolution a revu également toutes les étiquettes mises en place par la noblesse.
En fait c'est la sensibilité des Français (de leurs sens, et notamment l'odorat et la vue) qui les a poussé à revoir leurs codes de conduite. Les origines se perdent et on se retrouve à avoir des convenances dont on ne comprend plus la logique, ce sont des automatismes rien d'autre.
A l'inverse des Chinois, il y a les Japonais qui sont des grands obsédés de la politesse et des chichis proutprout en tout genre.