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Dis, maman... Chapitre 3 sur 5

Dis, maman... · badworld

Chapitre 3

Louis

2 min de lecture · 486 mots · publié le 19 décembre 2005

3.
« Bien monsieur. Au revoir monsieur ».
Il s’appelle Louis, c’est le PDG de Pc world. Et il vient d’apprendre que le temps qui le sépare de son licenciement est compté.
« Vous savez Louis, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour vous, mais vous ne m’aidez pas vraiment. Tous vous considèrent comme un fardeau pour la boîte, et vous ne faîtes vraiment rien pour lutter contre cet image »
C’était de la faute de Bruno, tout ça. C’était entièrement de sa faute. C’est lui qui avait proposé de reprendre des filles au passé pas très honorable, parce qu’elles n’avaient nulle part où aller, que c’était une occasion inespérée, et puis…après réflexion, elles leur devaient tout, à Bruno et Louis, alors elles pourraient exprimer leur reconnaissance de façon plus…explicite. Au lit, par exemple.
C’est comme ça qu’il avait commencé à avoir des relations avec certaines filles. Mais c’était l’idée de Bruno !
Et puis d’une façon ou d’une autre, c’était ressorti. Une fille avait parlé. Les supérieurs étaient au courant. Sa femme allait l’être. Et puis, miraculeusement, Bruno était apparu, avait tout réglé. Ils avaient fêté ça ensemble. Ils avaient bu, bu, bu, avalé, rebu. Avalé quoi au fait ? C’est une très bonne question. Le résultat, c’est que Louis était un camé, que ça se commençait à transparaître au bureau, et que son fournisseur n’était autre que Bruno.
Et qu’il allait bientôt être viré.
« Écoutez…je sais qu’en ce moment je ne suis pas au top de ma forme, mais ça va s’arranger, vous savez…Je n’ai pas toujours été un mauvais élément… »
S’arranger ? Elle était bien bonne ! Bruno augmentait ses tarifs régulièrement, avait commencé à lui proposer des « boulots » pas très légaux pour financer sa dose, et quoi encore ? Ah oui, il le faisait chanter aussi, le menaçait de tout balancer. Si on lui coupait son salaire, il était mort. Dehors il pleuvait. L’hiver s’annonçait rude. Louis avait du mal à voir comment sa situation pouvait empirer.
« LouisLouisLouis…c’est vrai que vous avez fait du bon travail dans le temps…mais là ça devient inadmissible. Inadmissible. Si vous n’aviez pas ces huit ans de bons et loyaux services derrière vous, vous seriez déjà à la rue »
Ouais mais il les a, Ducon, alors le saoule pas, l’est déjà assez sur les nerfs, le LouisLouisLouis.
« Bon voilà ce que je peux vous proposer…vous passez en période d’essai avec M. B. Friggle, qui surveillera vos moindres faits et gestes. Vous admettrez que nous nous montrons très magnanimes, ça ne s’est jamais vu dans la profession, mais vous êtes un excellent membre. Ou du moins étiez…
- Bien Monsieur. Je ferai mon maximum pour vous faire oublier l’emploi de l’imparfait. »
C’était quoi le nom de famille de Bruno déjà ? Fraisgueule ? Nan, Friggle. Pas très commun comme nom…En fait, si, la situation de Louis pouvait être pire.