Message édité le 12/12/2006 à 20:40.
Je mène depuis peu de nombreux débats un peu partout sur le net, je commence à me rendre compte que les gens commencent à devenir de plus en plus méchants envers les autres. Si possible les gens différents d'eux. Je commence à en avoir ras le bol de tomber sur des non-fumeurs qui veulent empêcher aux fumeurs de fumer chez eux "pour leur bien", de tomber sur des gens qui veulent empêcher aux jeunes femmes le port des mini-jupes "pour leur bien", de tomber sur des gens qui veulent pas qu'untel aille en Russie "pour son bien", de tomber sur des gens qui veulent pas qu'on regarde Miss France "pour notre bien", sur des gens qui veulent pas qu'on soit communiste "pour notre bien", de ne pas acheter la PS2 "pour notre bien", de ne faire entrer les turcs dans l'union "pour leur bien"...
Non, mais, dans 1984, Georges Orwell décrivait un monde où un dictacteur empêchait de pouvoir profiter des libertés individuelles, bah non, de nos jours c'est pas les dictacteurs qui veulent nous empêcher de profiter de ces libertés, c'est les autres (je parle du système démocratique républicain tout ça).
Georges Orwell s'est donc non seulement complétement planté (bien que dans le livre on trouve l'histoire de cet enfant qui dénonce sa mère qu'il croie invalide), mais en plus c'est un cercle vicieux: les gens ennuient les gens comme pas possible, alors pour se venger, les gens ennuient les gens, et ainsi de suite...
Oui, nous sommes dans un monde gouverné par la pensée et par les remarques des autres: ce n'est évidemment pas nouveau, mais fatalement j'ai l'impression que si les gens ne font pas le premier pas, c'est à dire se foutre complétement de ce que font les autres du moment que ce n'est pas franchement illégal et morbide, on fonce droit dans le mur. Cette sorte d'incompréhension généralisée qui consiste de plus en plus à partir dans le cliché et la non-réfléxion (des phrases stupides comme "les chrétiens sont stupides parce qu'ils croient en Dieu", "les joueurs de jeu vidéo sont des gens qui n'ont aucun contact avec la vie réelle", "les fumeurs ne savent pas ce qu'ils fument", "Le Pen et Sarkozy sont fascistes" sont des exemples que je juge frappants, et répandus, de phrases qui prouvent de plus en plus un certain manque de réflexion sur la vie, tout ça.)
Le problème de l'humain, j'ai l'impression, est qu'il parle plus qu'il ne réfléchit. Quant il réfléchit, c'est un animal absolument géniallisime, mais quand il ne réfléchit pas, qu'il se contente de réciter sans usage de sens critique... C'est un animal aussi intéressant qu'une couleuvre, ni plus ni moins.
Et se pose la question de la responsabilité: j'ai souvent l'impression généralisée quand quelquechose va pas mal que les gens pensent que c'est la fatalité, peu se remettent en cause... C'est toujours la faute des autres si quelquechose va mal, c'est pratique de chercher des clichés et de faire des généralisations, non ? Le trou de la SECU ? les fumeurs ! Le chomage ? Les glandeurs qui veulent pas chercher un boulot ! Ma vie pourrie ? Les politiciens !
Des gens amorphes, qui n'ont plus que comme envie de se défouler sur les autres humains en prétextant que c'est pour leur bien qu'ils se défoulent comme ça... Pathéthique, mais compréhensible.
Quand la loi de l'opinion publique et du regard devient plus forte que la loi civile, que peut-on faire ?
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