bon, je prends la respectueuse liberté de faire dévier ce topic ! Voguons de l'immigration à la notion d'intégration.
Voici des extrais d'une conférence à laquelle j'ai eu la chance d'assister. Je vous en livre avec joie des fragments =)
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La notion d'intégration est complexe. Elle fait appel à plusieurs facteurs dépassant les possibilités d'un sujet en particulier.
Divers facteurs interviennent.
Pour un enfant, la capacité de ses parents à reconnaître son intégration est importante. Il doit se sentir encouragé à s'intégrer, soutenu dans sa volonté de construire un projet dans le pays qui l'accueille.En découle alors et tout naturellement la question de « l'autorisation ».
Il est cependant des facteurs qui dépassent le cadre unique de l'enfant. Plaçons nous à l'échelle familiale.Nous ne pouvons occulter le facteur de la loyauté que chaque parent a vis-à-vis de son groupe d'appartenance. Deux idées force s'inscrivent dès lors en arrière plan de ce constat : la notion de « filiation » et la notion d' « affiliation ».
il existe un leg familial à transmettre. Chaque famille cherche à faire une duplication des théories de son groupe d'appartenance, de ses mythes et même de ses membres. Chaque famille a besoin de se reconnaître et d'assurer sa pérennité. La fonction essentielle de transmission du semblable doit être remplie.
Plus on a de discontinuité avec la famille d'origine, plus le sujet appuie sur ce travail de transmission. En quelque sorte, on met l'accent sur le manque ressenti.
Parfois, ce travail de transmission conduit à la limite du rigide et du fétichisme quant à la culture du pays d'origine. De cette rigidité peut découler un décalage de la réalité familiale telle qu'elle est normalement dans le pays d'origine. Cette dernière constitue par conséquent un frein évident à l'intégration car c'est un travail qui tire vers le groupe et la fermeture et qui empêche le changement.
Notons aussi au passage l'importance que revêt la complicité maternelle (avec les filles surtout) [et plus particulièrement dans la communauté maghrebine].
La filiation représente un frein.
Dans certains cas, les actions des gens immigrés se trouvent hypercontràlées par la société (d'accueil et du pays d'origine). Il en découle la demande d'un régime spécial basé sur des expressions du type : « je ne veux as que tu fasses comme intel ... ». Dans le pays d'origine on en vient alors à parler péjorativement « d'enfant de France », ce qui représente une forme d'exclusion d'où la naissance d'un malaise et une gêne par rapport au processus de changement des enfants.
Cette autorégulation familiale représente un nouveau frein à l'intégration.
Penchons nous maintenant sur le facteur d'affiliation.
On appartient à un groupe qui a ses propres valeurs, ses normes, ses règles qu'il ne faut pas abîmer et transgresser. Ce groupe est à la fois physique (représenté par ses membres) et psychologique. Il impose des conduites visant à s'aligner, d'où une culpabilité des écarts et le sentiment de transgression. Nouveau frein.
Prenons l'exemple d'une phrase telle que « Ah la honte ! ... » : cette dernière renvoie le sujet à une relation diffuse qui envahit le champ d'action de la personne. Dès lors il se pose la question suivante: « Comment les autres vont-ils me percevoir ? ». Il est aussi important de comprendre comment le sujet se représente la perception que les autres ont de lui. Il a alors conscience d'une altérité agissante sur lui, c'est ce que l'on nomme une altérité porteuse.
La honte est un régulateur puissant du lien au groupe d'appartenance.
Par conséquent, les écarts sont mal vus puisque la honte rejaillit sur l'ensemble des membres de la famille. L'écart est perçu comme une effraction au niveau des liens familiaux.
Notons l'importance de l'accueil dans le pays récepteur.
Si l'accueil n'est pas bon, il peut se produire un mécanisme de séparation, un processus de clivage qui donne naissance à une dichotomie : la bonne culture (celle du pays d'origine) et une mauvaise culture (celle du pays d'acceuil).
Si on assiste à un processus de séparation c'est que l'accueil a été mal effectué.
L'environnement extérieur intervient de façon massive pour entraver le processus d'intégration. Cela est valable aussi bien chez l'enfant que chez les parents.
L'intégration est une mobilisation politique, sociale mais aussi de l'imaginaire collectif (imaginaire dans lequel l'étranger est perçu comme un bouc émissaire). La modification de l'imaginaire doit s'appuyer sur les cadres scolaires, les médias, ...
Etudes sur le processus d'intégration
On dissocie 4 moments forts :
1)Une intégration de type assimilation :
le sujet se trouve dans des circonstances où la survie devient quasi impossible. Utilisation du déni. Il en résulte une perte considérable de la culture d'origine pour adopter de façon forcée la culture du pays d'acceuil. Les frustrations du sujet et ses incompréhensions sont mises de càté (parfois sur plusieurs générations).
L'assimilation est la conséquence d'un mauvais accueil. Elle est source d'une grande violence au sein de la famille : elle laisse toujours à l'état de veille la culpabilité liée au comportement de déloyauté vis-à-vis de soi (donc explosions dans la famille) [cf les études américaines].
Dans ce cas nous sommes face à un processus d'acculturation négatif.
Plus l'écart culturel est faible, moins il y a de risque de problèmes d'intégration.
2)Une intégration prenant en compte le respect des normes et des valeurs d'origine et le respect des normes et des valeurs du pays d'acceuil :
Forme de coexistence.
L'intégration n'est pas entendu comme métissage mais comme un communautarisme de type anglo-saxon. Cette forme d'intégration est considérée comme la plus réussie d'un point d'un point de vue de la réussite sociale, de la délinquance, ...
Elle joue dans le sens d'un renforcement de l'identité de la personne. L'estime de soi est meilleure, les stratégies d'adpatation sont meilleures.
Sous cette forme, l'intégration serait un élément à encourager.
3)La marginalisation :
Dans ce cas de figure, la famille ne se reconnaît plus dans aucune des deux cultures. Son fonctionnement en devient chaotique. Elle se perd.
On assiste souvent à des interprétations personnelles et farfelues des deux cultures. C'est un fonctionnement avec perte des repères cependant, on ne connaît pas les raisons de cette perte.
C'est le tableau le plus catastrophique. Il peut être la source de la perte des repères chez l'enfant qui atteint ses limites et se met à décider de lui-même.
On assiste à une fiction du savoir à la fois sur le pays d'origine et le pays d'acceuil.
4)La séparation :
Il en existe différents modèles.
Sur le modèle de l'idéalisation / persécution :
Le pays d'origine (chez nous) = bon
Le pays d'acceuil (chez eux) = mauvais [dichotomie du bien et du mal]
Sur le modèle de la fermeture :
repli, rejet, fermeture totale. La famille instaure des indicateurs, des gardes fou menaçants pour ceux qui ont des contacts avec le monde extérieur.
Elle prend juste ce dont elle a besoin dans le pays d'acceuil : école, CAF, assistante sociale, ... Son contact avec la société est uniquement opératoire, tout le reste est barricadé.
La famille s'autorégule [cf par exemple les familles turques].
Sur le modèle de la disjonction (avec maintien du lien) :
D'un point de vue de l'enfant, on assiste à un clivage qui va faire vivre les deux mondes en même temps : les enfants vont dans le sens du lien.
Disjonction des deux univers de la part des enfants. Ils tentent de les séparer pour ne pas les faire se rencontrer. Ils veulent éviter l'explosion qui pourrait en résulter.
Le communautarisme peut être positif si le groupe diffuse le fait que le pays d'acceuil peut apporter quelque chose.
On se rend compte de l'importance du comportement collectif.
Toutefois, le communautarisme à la française laisse peu de place à l'assimilation (le terme se dote dès lors d'une connatation négative). Le modèle anglo-saxon est différent.
désolé pour la longueur ...