En attendant la lumière · ze_gobou
Chapitre 6
Mary-Sue
Mary-Sue…
Mary-Sue…
Apparais. Ne t’éveille pas. Ca ne sert à rien. Apparais, tout simplement. Peu importe qui tu es, d’où tu viens. Tu es Mary-Sue : le reste est-il si important ?
Tu sors de la brume, de la tourmente. Tu as souffert, Mary-Sue, je sais. Je sais que personne ne peut se mettre à ta place. Et tu souffres encore, Mary-Sue, même si tu es courageuse ; même si tu ne veux pas laisser paraître ta faiblesse.
Avance, Mary-Sue. Maintenant tu es. Relève la tête. Existe. C’est trop facile : tu es Mary-Sue. Tu n’as jamais à te demander si c’est possible ou non.
Tu as eu du courage. Tu as fait tant de bonnes actions, Mary-Sue. Et tu es belle. Tu es parfaite. Il ne manque plus qu’une chose : ce que j’attends réellement de toi.
Je ne sais pas très bien expliquer ça, Mary-Sue. Mais peu importe, car tu l’as déjà compris. Ce sont tes rêves, ce sont les miens que je t’ai donnés. Je veux juste qu’ils se réalisent en toi, Mary-Sue. Tu es parfaite. Tout est trop facile pour toi. Je veux que tu ailles au bout de mes rêves. Tu peux le faire, car tu es Mary-Sue. J’ai besoin que tu m’aides.
Tu est un peu moi, Mary-Sue. J’ai un peu honte. Je n’avais pas le choix. J’avais besoin de toi, pour oublier à quel point les rêves sont parfois inaccessibles. Pour moi. Toi, tu peux tout faire. Si tu veux, Mary-Sue. Si je veux.
Mary-Sue…
Mary-Sue…
Je crois que j’ai commis une erreur. Tu me fais du mal, ou peut-être est-ce moi qui m’en fais à cause de toi. Il est temps que tu t’en ailles. Tu es si forte, si exceptionnelle, et moi je suis faible et insignifiante. Je dois t’oublier, Mary-Sue.
…
Tu n’es qu’un rêve.
Pourquoi ai-je écrit ces mots ?
Mary-Sue…
Une voix implorante au fond de moi t’appelle encore…
… alors que je te crie une fois de plus de disparaître.
Je voulais que tu m’aides…
Je t’en prie, aide-moi.
Va-t-en…
Tu n’es pas un peu moi, c’est moi qui ne suis pas tout à fait toi. Tu n’es plus mienne, c’est moi qui suis tienne désormais.
Libère-moi…
Mary-Sue…
Qui es-tu ?


