Né de la rencontre entre Pokémon et les créateurs de Tekken chez Bandai Namco, Pokkén Tournament est d’abord sorti sur bornes d’arcade au Japon en 2015, puis sur Wii U en 2016. Le 22 septembre 2017, il revient sur Nintendo Switch dans une version enrichie, Pokkén Tournament DX : sept combattants de plus à terme, un combat en équipe, des fonctions en ligne étoffées. Un an après la sortie de la Switch, c’était l’occasion pour beaucoup de découvrir un jeu passé inaperçu sur Wii U. Que vaut-il ?
Un vrai jeu de combat
Pokkén Tournament DX n’est pas un Super Smash Bros. aux couleurs de Pokémon. C’est un jeu de combat en un contre un, avec ses barres de vie, ses rounds, ses combos et ses contres, signé par une équipe qui connaît le genre mieux que personne. Mais il a son identité : les combats alternent entre une Phase Terrain, où les Pokémon se déplacent librement dans une arène en trois dimensions et s’échangent des attaques à distance, et une Phase Duel, de profil, où le corps à corps reprend ses droits. Passer d’une phase à l’autre au bon moment, et savoir quoi faire dans chacune, est au cœur du jeu.
La seconde idée forte est un triangle d’attaques lisible : l’attaque normale l’emporte sur l’empoignement, l’empoignement sur la contre-attaque, la contre-attaque sur l’attaque normale. Ce pierre-feuille-ciseaux simplifie l’apprentissage tout en laissant beaucoup de place à la lecture de l’adversaire. Ajoutez la jauge de synergie, qui déclenche les Méga-Évolutions et une attaque d’éclat spectaculaire, et les Pokémon de soutien, appelés en plein combat, et vous obtenez un système riche, accessible au débutant et profond pour le joueur assidu.
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Le casting est la grande réussite de Pokkén. Chaque combattant a son style, ses attaques tirées des jeux, ses animations soignées. Lucario et sa maîtrise de l’aura, Gardevoir et ses attaques psychiques à distance, Mackogneur et ses quatre bras, un Pikachu Catcheur aussi drôle qu’efficace, Ectoplasma et ses pièges, Cizayox et ses Danse-Lames stockées : chacun demande d’apprendre une façon différente de jouer.
Les vingt et un combattants du lancement, vingt-trois avec le Pass de combat, couvrent quatre catégories (Standard, Puissance, Vitesse, Technique). On regrette un casting qui fait la part belle à Kanto et aux Pokémon de type Combat, et quelques doublons (deux Pikachu, deux Mewtwo), mais la diversité des styles compense largement. Archéduc, seul nouveau venu inédit, apporte un vrai jeu d’archer, entre attaques à distance et vols planés.
Ce que la version DX apporte
Par rapport à la Wii U, la version Switch ajoute Darkrai, Cizayox, Cradopaud et Pingoléon, jusque-là réservés aux bornes d’arcade japonaises, ainsi qu’Archéduc. Le combat en équipe, trois contre trois, avec des dégâts qui se conservent d’un round à l’autre, renouvelle les parties entre amis. Le défi quotidien, les matchs de groupe, les replays et un avatar enfin personnalisable complètent l’ensemble. Surtout, tous les combattants sont disponibles dès le départ, sans rien à débloquer.
La Switch lui va bien : on joue à deux en mode table avec un Joy-Con chacun, ou sur deux consoles en local, et la version portable tourne bien. L’écran scindé divise l’affichage par deux, à 30 images par seconde par joueur, un compromis qui reste jouable.
Le solo, son point faible
La Ligue Ferrum, le mode solo, est une longue suite de combats contre des dresseurs de plus en plus forts, de la Ligue Verte à la Ligue Fer. Elle a le mérite d’être progressive et de raconter une histoire, celle de Shadow Mewtwo, mais cette histoire tient en quelques scènes, et la répétition des matchs de ligue finit par lasser. Les cartes de mission et la collection de titres et de tenues donnent des objectifs, sans vraiment relancer l’intérêt.
Nia, la conseillère qui commente vos combats, divise : utile au début, ses interventions deviennent vite répétitives. On peut heureusement réduire leur fréquence, ou les couper.
Le multijoueur, sa raison d’être
C’est à deux, en local ou en ligne, que Pokkén Tournament DX révèle son intérêt. Les combats classés, les matchs de groupe et les coupes officielles de 2017 et 2018 ont fait vivre une communauté compétitive, soutenue par les Championnats Pokémon. Les mises à jour d’équilibrage se sont succédé jusqu’en septembre 2018. Le jeu en ligne demande aujourd’hui un abonnement Nintendo Switch Online.
La prise en main
Pokkén Tournament DX accueille bien les débutants. Le tutoriel et le Dojo Action expliquent les règles une à une, les commandes tiennent sur quelques boutons, et les attaques spéciales ne demandent pas de manipulations compliquées : une direction et un bouton suffisent. On s’amuse dès la première heure, en enchaînant attaques à distance et combos simples.
La profondeur se révèle ensuite. Chaque combattant a des enchaînements propres, des attaques qui changent selon la phase, des contres chargés qui percent la défense, des annulations. Le Dojo Combo et l’entraînement libre, avec la fonction d’enregistrement ajoutée par la mise à jour 1.1.0, permettent de travailler ces subtilités. Les joueurs venus de Tekken ou de Street Fighter retrouvent des notions familières, la gestion des distances et la punition des erreurs, dans un cadre moins exigeant techniquement.
La réalisation
Les combattants sont superbes : leurs modèles, plus détaillés et plus expressifs que dans les jeux principaux de l’époque, et leurs animations donnent du poids à chaque coup. Les arènes, du Stade Ferrum au Nid du Dragon, sont variées et colorées, et les Méga-Évolutions en éclat synergique offrent des moments spectaculaires. Le jeu tourne de façon fluide en combat classique, condition indispensable pour un jeu de combat. Seule la présentation des menus, autour d’une carte de la région de Ferrum, paraît un peu datée.
L’accueil
La presse a bien accueilli la version DX : 79 sur 100 de moyenne sur Metacritic, contre 76 pour la version Wii U. Au Japon, il a démarré en tête des ventes de sa semaine de sortie, avec un peu plus de 53 000 exemplaires selon Media Create.
Pour qui ?
Pokkén Tournament DX s’adresse d’abord à ceux qui veulent jouer à deux : entre amis sur une même console, en famille avec des combattants que les plus jeunes connaissent bien, ou en ligne contre des adversaires de son niveau grâce aux matchs de groupe. Les amateurs de jeux de combat y trouveront un système original et un vrai potentiel compétitif. Ceux qui attendent une aventure solo riche, en revanche, seront déçus : la Ligue Ferrum n’est qu’une longue préparation aux combats contre d’autres joueurs.
Y jouer aujourd’hui
Pokkén Tournament DX se joue sur Nintendo Switch et sur Nintendo Switch 2. C’est la version à privilégier : elle contient tout le contenu de la version Wii U et l’enrichit.
Notre verdict
Pokkén Tournament DX est un excellent jeu de combat, à la fois accessible aux fans de Pokémon et sérieux pour les amateurs du genre. Son solo ne retient pas longtemps, mais à deux, sur une console ou en ligne, c’est l’un des jeux Pokémon les plus intenses de la Switch.
On aime
- Un vrai jeu de combat, accessible et profond
- Le système de phases, original et bien pensé
- Des combattants au style très marqué
- Le combat en équipe et les fonctions en ligne de la version DX
- Tous les combattants disponibles dès le début
On aime moins
- Un mode solo répétitif et une histoire mince
- Un casting qui manque de variété dans les origines
- Nia, vite envahissante
- Deux combattants réservés au Pass de combat payant


