En 2004, nous écrivions que Pokémon Colosseum marquait « un tournant dans l’univers des monstres de poche ». Plus de vingt ans après, alors qu’une réédition sur Switch 2 a été annoncée, que vaut ce premier jeu de rôle Pokémon en 3D ? Ce test, écrit avec le recul, complète notre test d’époque.
Un Pokémon à part
Pas de professeur, pas de Pokémon sauvages, pas de badges : Colosseum prend le contre-pied des jeux Game Boy. Michael est un ancien voleur, Rhode une région désertique peuplée de voyous, et le Groupe Ombre transforme les Pokémon en armes. Pour la première fois, la série raconte une histoire sérieuse, avec des méchants qui font vraiment peur et des enjeux qui dépassent la collection.
Le Snatch, une idée brillante
Capturer les Pokémon des Dresseurs ennemis au lieu de les chercher dans les herbes change tout. Chaque combat contre un Dresseur du Groupe Ombre devient une occasion à ne pas manquer, et la purification donne un lien concret avec ses Pokémon : il faut combattre avec eux, les calmer, les accompagner jusqu’à Samaragd. Le revers, c’est la taille du casting : 48 Pokémon Obscurs seulement, presque tous de la deuxième génération, et aucun moyen d’en trouver d’autres dans l’aventure.
Les Combats Duo, une vraie profondeur
Presque tous les combats se jouent à deux contre deux. Ce choix, audacieux à l’époque, donne au jeu une vraie richesse stratégique : attaques de zone, soutien entre partenaires, choix des cibles. Les admins du Groupe Ombre et les tournois du Mode Combat offrent des affrontements nettement plus relevés que ceux des jeux Game Boy.
Une réalisation qui a vieilli inégalement
Les villes de Rhode ont une vraie personnalité, de l’oasis de Phénacit à la ville souterraine de Suerebe, et la musique de Tsukasa Tawada accompagne bien l’ambiance. Les Pokémon reprennent pour beaucoup les modèles de Pokémon Stadium, et leurs animations, figées, trahissent l’âge du jeu. L’absence de vraies zones à explorer, remplacées par une carte où l’on choisit sa destination, rend le monde plus étroit qu’il n’y paraît.
Durée de vie et contenu
L’histoire principale est assez courte pour un jeu de rôle. Ensuite, il reste à capturer les Pokémon Obscurs manqués, à vaincre le Mont Bataille, à remporter les tournois du Mode Combat et à purifier les 48 Pokémon Obscurs pour obtenir Ho-Oh. Le lien avec Rubis, Saphir et les jeux suivants donnait à l’époque une vraie raison d’y jouer : récupérer des Pokémon de Johto introuvables à Hoenn.
Et aujourd’hui ?
Pokémon Colosseum reste un cas unique : un jeu de rôle Pokémon adulte, sombre et exigeant. Ses défauts (peu de Pokémon, un monde étroit, une réalisation datée) sont réels, mais son ambiance et ses Combats Duo n’ont pas d’équivalent dans la série. Sa réédition sur Switch 2, annoncée en 2025, devrait permettre à une nouvelle génération de le découvrir ; sa suite, Pokémon XD, y est déjà disponible.
Notre verdict
Un premier jeu de rôle Pokémon en 3D audacieux, dont l’ambiance et la profondeur des combats compensent un contenu limité. À découvrir pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la série.
On aime
- Une histoire sombre et adulte, inédite dans la série
- Le Snatch et la purification, une idée forte
- Des Combats Duo exigeants
- Des admins et un Mont Bataille relevés
- Le lien avec les jeux Game Boy Advance
On aime moins
- Seulement 48 Pokémon Obscurs à capturer
- Aucune zone à explorer librement
- Des animations figées, une réalisation datée
- Une aventure assez courte
Pour aller plus loin
- La fiche technique et l’histoire du jeu.
- Bien débuter et la solution.
- Notre test de 2004, écrit à la sortie du jeu.


