Premiers jeux de la série principale pensés pour une console de salon, Pokémon Épée et Bouclier avaient beaucoup à prouver à leur sortie, le 15 novembre 2019. Ils arrivaient après la polémique du « Dexit » et devaient montrer que Pokémon pouvait passer de la console portable au téléviseur sans perdre son âme. Le résultat est un épisode attachant et généreux en idées, mais inégal, que ses deux extensions ont nettement enrichi.
Galar, une région pleine de caractère
Galar est l’une des régions les plus réussies de la série sur le plan de l’ambiance. Inspirée du Royaume-Uni retourné tête-bêche, elle aligne des villes au caractère marqué : Motorby et ses roues mécaniques, Greenbury et son géoglyphe, Skifford la portuaire, Ludester la thermale, Smashings la punk et Winscor, version Pokémon de Londres. La direction artistique s’amuse de références britanniques, des pubs aux hooligans incarnés par la Team Yell.
Le Défi des Arènes devient un spectacle sportif : les combats contre les Champions se déroulent dans d’immenses stades, devant des tribunes pleines, avec des Pokémon qui grandissent jusqu’à dépasser les gradins grâce au Dynamax. C’est l’idée maîtresse du jeu, et elle fonctionne : ces combats ont une ampleur que la série n’avait jamais eue.
Toute la soluce en PDF, à garder près de la console Avec PF Premium, téléchargez les soluces complètes de 10 jeux en PDF à imprimer, lisez les dossiers experts en entier et profitez du site sans publicité. Voir les soluces PDF →Les Terres Sauvages, un premier pas vers le monde ouvert
La grande nouveauté se trouve entre les villes. Les Terres Sauvages sont une vaste zone où la caméra devient libre, où les Pokémon se promènent sous vos yeux et où la météo change chaque jour, modifiant les espèces présentes. On y croise d’autres joueurs connectés, on y lance des raids Dynamax à quatre et l’on y passe des heures à chercher le Pokémon parfait. Techniquement, la zone accuse ses limites : les éléments apparaissent tard à l’écran et les décors manquent de détails. Mais l’idée a ouvert la voie au monde ouvert de Légendes Pokémon : Arceus puis d’Écarlate et Violet.
Une aventure trop dirigée
Hors des Terres Sauvages, l’aventure est très linéaire. Les routes sont courtes, souvent de simples couloirs, et les donjons classiques ont presque disparu : la Mine de Galar et la Forêt de Lumirinth font figure d’exceptions. Les missions d’arène, de la course de Moumouton à l’audition de Sally, sont variées mais brèves. L’histoire elle-même, centrée sur le président Shehroz et la Nuit Noire, reste longtemps en retrait, avant de s’emballer sur la fin. Nabil, rival bienveillant, Travis, rival arrogant, et Rosemary, rivale soutenue par la Team Yell, sont attachants, mais l’intrigue manque de tension.
La difficulté est faible : le Multi Exp. est toujours actif et les Pokémon progressent vite. Quelques Champions, Kabu en tête, et le Match Ultime contre Tarak relèvent le niveau.
Le Dynamax, une mécanique spectaculaire
Le Dynamax remplace les Méga-Évolutions et les capacités Z des générations précédentes. Une fois par combat, dans un stade ou un antre, un Pokémon grandit pendant trois tours : ses PV augmentent fortement et ses attaques deviennent des capacités Dynamax, qui modifient la météo, le terrain ou les statistiques. Certains Pokémon peuvent Gigamaxer : ils changent d’apparence et disposent d’une capacité exclusive, comme le Dracaufeu de Tarak ou le Salarsen dessiné sur le géoglyphe de Greenbury.
La mécanique est spectaculaire et accessible, mais elle tend à uniformiser les combats : on garde son Dynamax pour le dernier Pokémon adverse, et le reste suit. En compétition, elle a en revanche profondément changé la façon de construire une équipe. Les raids Dynamax, où quatre joueurs affrontent un Pokémon géant, sont l’une des meilleures idées du jeu : simples à rejoindre, ils donnent une vraie raison de jouer ensemble.
Présentation et musique
Visuellement, Épée et Bouclier font un net bond par rapport aux épisodes 3DS : les villes sont colorées et détaillées, les Pokémon expressifs, et les stades impressionnants. La bande-son est l’une des plus marquantes de la série, avec des thèmes de combat contre les Champions qui intègrent les chants du public, et des musiques de villes très typées. En revanche, les Terres Sauvages et certaines routes montrent des textures pauvres et des éléments qui apparaissent tard à l’écran.
Le « Dexit » et le Pokédex
Pour la première fois, tous les Pokémon existants ne sont pas présents : le Pokédex de Galar compte 400 espèces à la sortie. La décision a beaucoup fâché. Elle a toutefois un avantage : chaque Pokémon présent bénéficie d’animations et de modèles soignés, et le Pokédex de Galar est très varié, avec de nouvelles espèces réussies comme Corvaillus, Lougaroc et les formes de Galar de Ponyta ou Miaouss. Les extensions ont ensuite porté le nombre de Pokémon compatibles à 664.
Les extensions changent la donne
Le Pass d’extension est la meilleure réponse aux reproches faits au jeu de base. Isolarmure propose une île ouverte et dense, un dojo attachant et le légendaire Wushours, que l’on fait évoluer selon sa voie. Couronneige va plus loin encore : une région ouverte, des expéditions qui mènent à de nombreux légendaires et surtout les expéditions Dynamax, un mode coopératif réussi qui permet de capturer la plupart des légendaires des générations précédentes. Avec ces ajouts, Épée et Bouclier deviennent un jeu bien plus complet et durable.
Le confort moderne
Épée et Bouclier simplifient beaucoup de choses : plus de CS, des capacités oubliées réapprises gratuitement dans les Centres Pokémon, la Boîte Pokémon accessible depuis n’importe où, le Poké Camping pour cuisiner des currys et jouer avec ses Pokémon, le Poké Service pour envoyer les Pokémon en mission. L’après-jeu propose la Tour de Combat, des combats quotidiens et des tournois. La compétition en ligne, via le Stade de Combat, a fait d’Épée et Bouclier le jeu officiel des championnats pendant plusieurs saisons.
Y jouer aujourd’hui
Épée et Bouclier sont disponibles sur Nintendo Switch et jouables sur Nintendo Switch 2. Le Pass d’extension est toujours en vente sur le Nintendo eShop. Les jeux sont compatibles avec Pokémon HOME, ce qui permet de faire voyager vos Pokémon vers les jeux plus récents. Pour découvrir Galar aujourd’hui, prenez le jeu avec son Pass d’extension : c’est la version complète de l’expérience.
Notre verdict
Un épisode charmant et ambitieux par endroits, qui modernise la série mais manque de profondeur dans son aventure principale. Avec son Pass d’extension, il devient un très bon jeu Pokémon.
On aime
- Galar, une région au caractère affirmé
- Les combats d’arène dans des stades, avec le Dynamax
- Les Terres Sauvages et les raids à quatre
- Des extensions riches, notamment Couronneige et les expéditions Dynamax
On aime moins
- Une aventure très linéaire et peu de donjons
- Une difficulté faible
- Un Pokédex limité au lancement (le « Dexit »)
- Des Terres Sauvages techniquement datées


