Quand Légendes Pokémon : Arceus est annoncé en février 2021, la rédaction se demande si le jeu tiendra ses promesses : un Pokémon « en monde ouvert », sans arènes, sans routes et avec des Pokémon visibles partout. Plusieurs années après sa sortie, la réponse est nuancée mais favorable : c’est un jeu inégal sur la forme, mais d’une ambition rare dans la série, et le plus original depuis très longtemps. Voici notre test, tel qu’on le rédigerait aujourd’hui, avec le recul des mises à jour et des suites.

16/20

Notre verdict

Un Pokémon qui ose enfin changer de rythme. La boucle explorer, observer, capturer, étudier est excellente et le Pokédex est un vrai moteur de jeu. Les graphismes et la répétition des requêtes freinent l’enthousiasme, mais l’ensemble reste l’un des épisodes les plus marquants de la série.

On aime

  • Capture en temps réel qui change tout
  • Pokédex à remplir, sans cesse motivant
  • Hisui, une ambiance cohérente et inédite
  • Combats lisibles grâce à l'ordre d'action
  • Énorme après-générique grâce à la mise à jour 1.1.0

On aime moins

  • Réalisation technique en retrait
  • Requêtes souvent répétitives
  • Peu de Dresseurs à affronter
  • Pokédex limité à 242 Pokémon
  • Récit principal simple, sans vrais temps forts de scénario

Un voyage dans le passé de Sinnoh

Le jeu vous projette à l’époque où Sinnoh s’appelle encore Hisui, bien avant les événements de Diamant et Perle. Vous y arrivez après être tombé d’une faille dans le ciel et vous rejoignez le Groupe Galaxie, une expédition qui fonde le village de Rusti-Cité et qui a pour mission de réaliser le tout premier Pokédex. Les humains y vivent à l’écart des Pokémon sauvages, souvent craints, ce qui donne au récit une tonalité plus rude que d’habitude. les personnages de Hisui détaille les clans, les gardiens et la mythologie du Grand Sinnoh.

L’histoire principale tient en 27 missions et s’articule autour de cinq Pokémon monarques, de trois lacs et d’un affrontement avec les deux divinités du temps et de l’espace. Elle sert surtout de fil conducteur : l’essentiel de l’intérêt vient de la découverte de la région. Nos chapitres de solution la suivent pas à pas.

La carte de Hisui : cinq grandes zones ouvertes, un village au centre et le Mont Couronné dominant la région.

Une capture qui se joue en temps réel

C’est la grande nouveauté. Les Pokémon sauvages se promènent à l’écran, on peut les approcher en s’accroupissant, se cacher dans les hautes herbes, lancer une Poké Ball sans passer par un combat ou déclencher un duel en envoyant son propre Pokémon. Certaines espèces fuient, d’autres vous ignorent, d’autres encore vous chargent. Si vous encaissez trop d’attaques, vous êtes secouru et vous perdez une partie des objets de la sacoche. Il en résulte une tension rare : on apprend à lire le comportement de chaque espèce, à viser dans le dos pour surprendre, à choisir sa Ball, et on ressent presque physiquement la différence entre une capture réussie et une chasse qui tourne mal.

La confection complète cette boucle : on ramasse des matériaux, on les assemble à l’établi et on se fabrique ses Poké Balls, potions et appâts. Notre page sur la confection et les recettes détaille les recettes. L’ensemble est cohérent et donne envie de s’attarder en pleine nature. Les Pokémon Barons, ces spécimens géants aux yeux rouges, ajoutent des pics de difficulté bienvenus.

Des combats plus tactiques qu’il n’y paraît

Les combats restent au tour par tour, mais l’ordre d’action remplace l’ancien enchaînement : la vitesse, les styles et les capacités décident qui joue ensuite, et une file de six tours à venir est affichée en permanence. Chaque capacité maîtrisée peut être utilisée en Style Puissant, plus forte mais plus lente, ou en Style Rapide, moins forte mais qui donne la main plus tôt. Les talents, les objets tenus, les œufs et l’élevage ont disparu : on se concentre sur les capacités, les types et les niveaux d’effort. Le gel et le sommeil sont remplacés par les statuts de gelure et de somnolence. Le système est clair, vif, et surprend d’abord les habitués avant de les convaincre.

Les monarques proposent des combats de boss dans lesquels on esquive en temps réel avant de lancer son Pokémon : c’est la partie la plus spectaculaire du jeu. En revanche, les affrontements de Dresseurs sont rares, ce qui pèse sur ceux qui attendaient des duels réguliers.

Le Pokédex, moteur du jeu

Pour compléter une page, il ne suffit plus d’attraper l’espèce. Il faut accomplir des tâches : l’avoir vue utiliser une capacité, l’avoir attrapée la nuit, l’avoir fait évoluer. Chaque tâche rapporte des points qui font monter votre rang et ouvrent les zones suivantes. Ce système, qui remplace les badges, est le cœur du jeu. Il pousse à regarder, à tester, à revenir, et il garde un côté addictif : on veut toujours « un dernier Pokémon » avant de rentrer. La page le Pokédex et les tâches de recherche le détaille.

Le Pokédex de Hisui compte 242 Pokémon (238 requis pour le compléter), dont sept inédits (Hachécateur, Cerbyllin, Ursaking, Paragruel, Farfurex, Qwilpik et Amovénus) et seize formes de Hisui, détaillés dans les formes de Hisui. Les conditions d’évolution, parfois nouvelles, sont décrites dans les évolutions de Hisui.

Une réalisation à deux visages

Hisui possède une vraie identité visuelle : des paysages japonisants, une lumière chaude et une bande originale de 110 morceaux supervisée par Go Ichinose. Le jeu est pourtant en retrait sur le plan technique : textures peu fines, apparition tardive du décor, animations parfois raides et des zones qui paraissent vides au regard d’autres mondes ouverts. La presse a été partagée : Famitsu a attribué 38/40, Nintendo Life 9/10 et jeuxvideo.com 16/20, tandis qu’IGN a mis 7/10 en reprochant précisément un monde qu’il juge vide, laid et parfois fastidieux. Le jeu affiche 83 % sur Metacritic. Vous trouverez la revue de presse que nous avions publiée à la sortie.

Notre ressenti est entre les deux. Le style fonctionne, la variété des biomes aussi, mais le jeu ne peut pas rivaliser avec les mondes ouverts des consoles de salon, et l’on s’en rend compte quand on passe de Hisui à d’autres jeux. La Nintendo Switch fait ce qu’elle peut.

Les points faibles

  • Des requêtes inégales : sur 122 requêtes, beaucoup se limitent à ramener un objet ou montrer un Pokémon. Les plus intéressantes sont décrites dans les requêtes annexes.
  • Des rangs et des tâches qui s’étirent : compléter le Pokédex à 100 % exige beaucoup de répétition.
  • Un scénario qui s’efface : l’histoire se laisse suivre, mais elle ne marque pas autant que sa mythologie.
  • Moins de Pokémon : avec 242 espèces, le Pokédex est le plus petit de la huitième génération, et il ne contient aucune espèce introduite après Soleil et Lune, hormis les sept Pokémon inédits du jeu.

Comment y jouer aujourd’hui

Le jeu tourne sur toutes les Nintendo Switch et sur Switch 2 (comportement identique, voir la fiche technique et les mises à jour). Il est compatible avec Pokémon HOME depuis la version 2.0.0, ce qui permet d’y faire entrer les Pokémon du Pokédex de Hisui. La mise à jour 1.1.0 ajoute des dizaines de requêtes, le Défi Onirique et la Voie Solitaire : lancez-la avant de commencer, car elle prolonge fortement la durée de vie.

Si vous découvrez le jeu aujourd’hui, commencez par notre page bien débuter puis suivez la solution. Si vous l’avez terminé, jetez un œil aux défis après le générique.

Verdict

Légendes Pokémon : Arceus n’est pas un jeu parfait, mais c’est le plus rafraîchissant de la série depuis des années. La capture en temps réel, la confection, l’ordre d’action et un Pokédex enfin riche en choses à faire en font un épisode à part. Malgré ses limites graphiques et son rythme parfois répétitif, il mérite un 16/20.