Il y a des suites qui se contentent d’ajouter. Pokémon Or et Argent, eux, ont tout repensé, sans rien casser. Cent nouveaux Pokémon, une horloge réelle, la reproduction, deux types inédits… et, au moment où l’on croit le voyage terminé, une seconde région entière à parcourir. Vingt-cinq ans plus tard, notre verdict n’a pas changé.
Une suite qui ose tout
Le principe ne change pas : un jeune dresseur part de son village, capture des Pokémon et affronte huit Champions avant la Ligue. Mais tout autour, le monde s’est enrichi. L’horloge rythme les journées : certains Pokémon ne sortent que la nuit, une dresseuse n’apparaît que le vendredi, un concours a lieu trois fois par semaine. Le Pokématos sonne pour une revanche. Les Pokémon portent des objets, ont un sexe, pondent des Œufs. Rien de tout cela n’était dans Rouge et Bleu.

La reproduction
La Pension fait naître des Œufs, des bébés inédits et des attaques héritées. Une profondeur qui a nourri vingt ans de stratégie.

Deux nouveaux types
Ténèbres et Acier rééquilibrent enfin un jeu où le Psy dominait sans partage.

Les chromatiques
Un Pokémon sur 8 192 a des couleurs différentes. Le Léviator rouge du Lac Colère a fait découvrir le concept à des millions de joueurs.
Deux régions pour le prix d’une
La plus belle surprise reste pour la fin. Après la Ligue, le Professeur Orme vous offre un billet pour Kanto : la région de Rouge et Bleu, trois ans plus tard, avec huit nouveaux badges à gagner, des Champions qui ont changé de vie et, au sommet du Mont Argenté, le combat contre Red. Pour réussir ce tour de force, les développeurs ont dû compresser le jeu au maximum, une prouesse technique saluée depuis.
Ce qui a vieilli
- Une difficulté inégale : les Pokémon sauvages de la seconde moitié de Johto sont peu entraînés, et les niveaux des Champions de Kanto obligent à beaucoup s’entraîner.
- Kanto un peu vide : moins de dresseurs et d’objets que dans Johto, et quelques lieux supprimés.
- Les limites de la Game Boy Color : peu de Pokémon sauvages différents par route, des CS nombreuses à apprendre.
Et Cristal ?
Un an plus tard, Cristal ajoute une héroïne jouable, des Pokémon animés en combat, une intrigue autour de Suicune et de l’énigmatique Eusine, la Tour de Combat et de nombreux ajustements. C’est la version la plus complète, celle que nous recommandons pour une première découverte.
Notre verdict
Or, Argent et Cristal sont la définition même de la suite réussie : plus riches, plus vivants, plus généreux que leurs prédécesseurs, sans jamais perdre la simplicité qui a fait leur succès. Leur monde qui vit au rythme de l’horloge, leur seconde région et leur final au sommet du Mont Argenté restent inégalés. Si vous ne deviez jouer qu’à un seul Pokémon de l’ère Game Boy, ce serait celui-ci.
En 2001, déjà…
Le premier test de Pokémon France, publié à la sortie française, présentait déjà Or et Argent comme deux jeux « absolument incontournables ». Il s’émerveillait de la barre d’expérience enfin visible, du symbole du sexe des Pokémon et d’un monde « deux fois plus » grand. Un quart de siècle plus tard, difficile de lui donner tort.


