En avril 2000, Pokémon Stadium promettait ce dont rêvaient tous les joueurs de Pokémon Rouge et Bleu : voir leurs Pokémon combattre en 3D, sur la télévision. Vingt-six ans plus tard, avec sa réédition sur Nintendo Switch Online, que reste-t-il de ce jeu à part dans la série ? Notre test, écrit avec le recul, complète notre test d’époque, que nous vous invitons aussi à relire.
Un jeu de combat, et rien d’autre
Pokémon Stadium n’est pas une aventure. Pas de carte à explorer, pas de Pokémon à capturer, pas d’histoire : uniquement des combats, organisés en tournois. Le Colisée aligne quatre coupes aux règles différentes, la Citadelle des Champions d’Arène reprend les huit Arènes de Kanto et le Conseil des 4, et Mewtwo attend au bout du chemin. Le système de combat est celui des jeux Game Boy, corrigé de ses pires bugs et enrichi d’un aperçu des équipes adverses qui oblige à choisir trois Pokémon sur six avant chaque match.
Pour qui découvrait les combats Pokémon sur Game Boy, la profondeur est réelle : 80 matchs par round au Colisée, 37 à la Citadelle (huit Arènes de quatre dresseurs, le Conseil des 4 et le Rival), puis un Round 2 plus exigeant. Les adversaires ont des équipes construites, avec leurs pièges (Explosion, attaques KO en un coup, sommeil), et la Coupe Élite en Master Ball reste un défi sérieux.
Toute la soluce en PDF, à garder près de la console Avec PF Premium, téléchargez les soluces complètes de 10 jeux en PDF à imprimer, lisez les dossiers experts en entier et profitez du site sans publicité. Voir les soluces PDF →Le Transfer Pak, la vraie bonne idée
Ce qui faisait la force de Pokémon Stadium tient dans un petit accessoire gris, livré dans la boîte : le Transfer Pak. Branché à l’arrière de la manette, il lit les cartouches Game Boy. Vos Pokémon de Rouge, Bleu ou Jaune, avec leurs surnoms et leurs attaques, combattent en 3D. Le laboratoire sert de PC et de machine d’échange, la Tour GB transforme la Nintendo 64 en Game Boy géante, accélérée jusqu’à trois fois. Et le jeu récompense vos victoires par des Pokémon à envoyer sur votre cartouche, du Pokémon de départ manquant au fameux Pikachu surfeur.
Pour un joueur de 2000, c’était le prolongement idéal de ses parties. C’est aussi la limite du jeu : sans cartouche, il perd une grande partie de son sens.
La location, un pis-aller
Faute de cartouche, il faut se contenter des Pokémon de location. Leurs attaques sont imposées et souvent mal assorties, leurs statistiques plus faibles que celles de Pokémon bien entraînés. Gagner les petites coupes reste agréable ; la Coupe Élite au Round 2, avec des Pokémon prêtés, devient une affaire de patience et de chance. Plusieurs critiques de l’époque l’avaient noté : sans ses propres Pokémon, les combats manquent d’enjeu. Le constat est encore plus vrai aujourd’hui, puisque la version Nintendo Switch Online ne gère pas le Transfer Pak.
Une réalisation qui a marqué
Voir pour la première fois Dracaufeu cracher ses flammes ou Ronflex se lever pour un Plaquage, avec des cris plus réalistes qu’en 8 bits, a été un choc pour toute une génération. Les 151 modèles sont fidèles et respectent les différences de taille entre les espèces. Les animations, en revanche, ont vieilli : les Pokémon ne se touchent jamais, et beaucoup d’attaques se résument à une pose et à un effet lumineux lancé dans le vide. Les décors des arènes sont simples. Le commentateur, doublé en français par Jean-Claude Donda, a ses fans et ses détracteurs : il répète vite les mêmes phrases, mais il donne aux matchs une ambiance de retransmission sportive.
La musique reprend les thèmes des jeux Game Boy, réorchestrés pour la Nintendo 64, avec un vrai plaisir de redécouverte pour les joueurs de l’époque.
Un Club Junior sympathique, sans plus
Les neuf mini-jeux du Club Junior sont simples : Saut de Magicarpe, Mélofée a dit, Bouffe et bouffe encore et les autres se comprennent en dix secondes et se jouent à quatre. Ils font leur effet entre amis, mais on en fait vite le tour, d’autant qu’ils ne débloquent rien. Pokémon Stadium 2 fera mieux, avec douze mini-jeux plus variés.
Et aujourd’hui ?
Sur Nintendo 64, avec ses cartouches Game Boy et un Transfer Pak, Pokémon Stadium reste une expérience unique, que la série n’a jamais vraiment reproduite. Sur Nintendo Switch Online, il se résume à ses tournois avec des Pokémon de location et à ses mini-jeux : agréable pour la nostalgie et pour jouer en ligne, mais loin de ce qui faisait son intérêt. Les amateurs de stratégie de première génération y trouveront en revanche un format intéressant, avec ses règles corrigées (voir les règles de combat).
Notre verdict
Un jeu fondateur, porté par une idée brillante : relier la Nintendo 64 aux jeux Game Boy. Avec ses propres Pokémon, il reste un excellent terrain de combat ; sans eux, il paraît vite répétitif.
On aime
- Les 151 Pokémon en 3D, une première en 2000
- Le Transfer Pak : vos propres Pokémon sur la télévision
- La Tour GB, jusqu'à trois fois plus rapide
- Beaucoup de contenu : coupes, Citadelle, Mewtwo, Round 2
- Des règles de combat corrigées et un aperçu des équipes
On aime moins
- Sans cartouche Game Boy, beaucoup moins d'intérêt
- Des Pokémon de location aux attaques souvent faibles
- Des animations figées et des décors pauvres
- Des mini-jeux vite épuisés
- La version Switch prive le jeu de ses meilleures fonctions
Pour aller plus loin
- La fiche technique, pour les dates, l’équipe et les rééditions.
- Débuter dans Pokémon Stadium, pour bien commencer.
- L’histoire du jeu, du premier Stadium japonais au succès de 2000.


