Au printemps 1999, la Pokémania bat son plein au Japon et s’apprête à déferler sur l’Occident. Nintendo multiplie les déclinaisons de la licence, et Pokémon Pinball est l’une des premières : un flipper de poche, sorti sur une Game Boy Color toute neuve, avec une cartouche à vibreur. Retour sur sa création, sa sortie et l’accueil qu’il a reçu.

Qui a fait Pokémon Pinball

Le jeu est développé par Jupiter, un studio japonais connu notamment pour ses jeux de Picross, avec le concours de HAL Laboratory, et édité par Nintendo. Jupiter signera aussi la suite sur Game Boy Advance quatre ans plus tard.

La jaquette européenne.
DéveloppementJupiter, avec HAL Laboratory
ÉditionNintendo
ProductionTsunekazu Ishihara, Takehiro Izushi
Production exécutiveHiroshi Yamauchi
ConceptionMasaru Kuribayashi, Hiroyuki Goto, Norichika Meguro
ProgrammationNoriaki Teramoto, Daisuke Miyao
GraphismesKen Sugimori
MusiqueGō Ichinose (direction sonore : Junichi Masuda)

On retrouve donc des figures centrales de Pokémon : Tsunekazu Ishihara, futur président de The Pokémon Company, à la production, et Ken Sugimori, le dessinateur des Pokémon de première génération, aux graphismes. La musique et les sons sont présentés dans musique et sons.

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Un flipper construit autour de la collection

L’idée de départ est simple : transposer la mécanique de collection de Pokémon Rouge et Bleu dans un genre d’arcade. La bille devient une Poké Ball, les bumpers et les cibles deviennent des Pokémon, et la capture se fait en touchant un Pokémon apparu sur la table. Les deux tables reprennent les couleurs des deux versions principales, et l’on y retrouve les lieux de Kanto, de Bourg Palette au Plateau Indigo, sous forme de « déplacements » sur une carte. Le Pokédex, conservé d’une partie à l’autre, donne au flipper la profondeur d’un jeu au long cours : c’est ce que décrit notre test.

La sortie, de Tokyo à Paris

RégionDate de sortie
Japon14 avril 1999
Amérique du Nord28 juin 1999
Australie13 juillet 1999
Europe (dont la France)6 octobre 2000
Lippoutou.

Le jeu est annoncé au Japon dans le numéro de mars 1999 du magazine The 64Dream, à peine un mois avant sa sortie. En Europe, il arrive plus d’un an après les États-Unis, à l’automne 2000, dans une version multilingue retouchée : menu de langue, Lippoutou recoloré en violet, réglage d’intensité du vibreur (voir les différences entre régions). Au Japon, l’éditeur Shogakukan publie dès le 20 mai 1999 un guide officiel, accompagné d’une planche d’autocollants.

Un succès commercial immédiat

Les chiffres disent l’ampleur du phénomène. Aux États-Unis, Pokémon Pinball s’écoule à 262 000 exemplaires en vingt jours, ce qui en fait alors le jeu Game Boy le plus rapidement vendu. Selon l’institut NPD, il est le quatrième jeu le plus vendu de l’année 1999 sur le marché américain, derrière les seuls Pokémon Bleu, Rouge et Jaune. Au Royaume-Uni, il reçoit le label « Gold » de l’association des éditeurs ELSPA, qui récompense au moins 200 000 exemplaires vendus.

L’accueil de la presse

La critique est globalement positive : la moyenne des notes recensées par le site GameRankings s’établit à 81,73 %. Le magazine japonais Famitsu lui attribue 9, 8, 8 et 7 sur 10, et GameSpot 8,7 sur 10. Les points forts relevés sont constants : une présentation soignée qui tire parti de l’écran de la Game Boy Color, une idée de collection qui renouvelle le flipper, un vibreur qui surprend.

Pikachu.

Les reproches portent sur la physique de la bille, jugée imparfaite par GameSpot comme par CNET, et sur le peu d’éléments de flipper traditionnels. CNET, qui le compte parmi les meilleurs flippers de la console, s’amuse aussi des « apparitions gratuites de Pikachu ». Côté vibreur, les avis divergent : GameSpot y voit un gadget sympathique mais coûteux en piles, le San Jose Mercury News dit avoir été conquis, et le New York Times prédit que d’autres éditeurs suivront.

Des restes dans la cartouche

Les fichiers internes du jeu contiennent une table de flipper inutilisée et deux logos du jeu à peine différents de la version finale : des traces de choix abandonnés pendant la conception. On ignore à quoi devait servir cette table supplémentaire. D’autres détails de ce genre sont réunis dans curiosités et erreurs.

L’héritage

Le succès appelle une suite : Pokémon Pinball : Rubis et Saphir sort en 2003 sur Game Boy Advance, toujours développé par Jupiter. Elle reprend le principe des deux tables et de la collection, cette fois avec les Pokémon de Hoenn. Le parcours de la série et ses rééditions sont présentés dans suites et rééditions.